mercredi 30 janvier 2008

C'est fini! :)

Décembre 2007...

Le décompte est déjà entamé depuis un petit bout, mais avec l'arrivée de Noël, les heures, les jours et les semaines s'égrènent de plus en plus vite. Le deadline final est pour la fin janvier (25 janvier), mais dans ma tête à moi, il faut que tout soit terminé avant Noël, sinon, je ne pourrai profiter du congé avec mon copain, mes amis et ma famille. Dans le but de terminer dans les délais, je me mets à travailler les soirs et les fins de semaine, mettant ainsi de côté l'escalade et le copain. Le travail porte fruit et à l'aube des vacances de Noël, je peux envoyer à mon directeur ce qui, à quelques modifications prêts, sera ma thèse.

De retour en janvier, j'attends les derniers commentaires de mon directeur qui arrivent le 9-10 janvier. Quelques jours suffiront à porter les dernières modifications...et le 16 janvier j'ai le "ok" de mon directeur pour déposer. Le lendemain, c'est mon collaborateur au CFL de Sault-Ste-Marie qui m'appelle...il a peu de corrections. À 14h, je commence à imprimer un document de 179 pages...ce qui me prendra plus d'une heure considérant que je dois faire des tours de passe-passe pour que la pagination arrive à la bonne place sur les pages en format paysage...Maudit Word...pas capable de faire une mise en page correct! Un passage rapide chez Bureau en gros: j'ai besoin de 5 exemplaires!

Le lendemain, 18 janvier, je pars pour l'UQAM. D'abord, un passage rapide au pavillon de biologie pour récupérer un document que je dois joindre à ma thèse. Puis j'arrive au Pavillon Athanase-David où se trouve le bureau de l'enseignement et des programmes. Le pavillon, ancien, avec ses veilles boiseries est imposant. Par surprenant que les vices-doyens sont tous installés ici. Le stress commence à me submerger alors que je me dirige vers les ascenseurs. Je commence à imaginer le pire..et s'il me manquait un document, et si j'avais oublié une étape, et si...Finalement je me retrouve au 3e étage. Devant moi se dresse la porte du BEP...merde! il y a une feuille sur la porte...ah non! C'est toujours ben pas fermé! Ouf...la feuille c'est simplement pour indiquer l'heure du diner! J'entre, remets mes deux boites avec mes 5 copies de ma thèse...Et c'est fini! Juste ça!!!

De retour chez moi, je commence à réaliser ce qui arrive. Je chat avec mon amie Annie sur msn. C'est probalement la seule amie qui peut réellement comprendre ce que j'ai vécu aujourd'hui. Et elle me trouve drôle...parce qu'elle a passé par les mêmes émotions que moi le jour où elle a déposé (et les mois qui ont précédé). La tension finie par sortir et je me mets à pleurer...De joie parce que c'est enfin fini (ou presque) mais de tristesse également, parce qu'aujourd'hui, plus que n'importe quand au cours de la dernière année, je voudrais être à Chicoutimi. Je voudrais pouvoir courrir aux Serres et crier à Jacques: J'ai fini!!! Faire un tour au bureau d'Annie et se promettre toute une soirée et de bonnes bouteilles de vin...Aller au labo, rencontrer les gens qui m'ont soutenu pendant les 5 longues années de mon doctorat que j'ai passé à Chicoutimi.

Après quelques heures, je finis par constater que, pour la première fois en 6 ans, je n'ai rien à faire...nada! Pas de lectures, par d'écriture, pas de labo, rien! Je suis en vacances, des vraies! Mais après 2 semaines, je ne pense pas avoir encore réaliser vraiment que j'ai presque fini...peut-être qu'après la soutenance...!

Pont Rouge

Deux jours plus tard, me voilà à nouveau avec Jérôme, mais cette fois direction Pont-Rouge. Faut ben changer des fois ;). Éric, un ami d’un ami de François nous accompagne pour sa première sortie en glace, mais déjà bien équipé de crampons, bottes et d’une paire de Viper….ouin, il est mieux d’aimer ça!

On s’installe à droite de la section du « mur école ». Comme c’est le cas à chaque début de saison, les colonnettes sont minces et peu consolider avec la roche…Et quand elles sont un peu plus pleines, elles coulent! Mais bon, on aura de quoi grimper.

Éric, surprenant, s’en tire plus que bien. Jérôme aussi, mais s’il trouve que le vertical, c’est un peu plus pompant que ce que l’on a fait aux chutes. Déjà amoureux de la glace, cette fois, c’est des piolets d’Éric qu’il tombera amoureux : un achat en vue ;). Il nous fera bien rire, un peu à cause de moi…Alors qu’il grimpait dans ce que l’on peut apperlet un petit dièdre, et qu’il se dépompe un bras (pas pire les gars, ils profitent tous les deux de l’absence de dragonne pour faire circuler le sang), je lui crie : Hey! Essaie sans les mains. Jérôme s’essai sur le coup, mais…oups, le piolet qu’il a planté plus haut lui joue un tour, se décroche et lui tombe sur sa tête, et directement dans les bras. Lol! Bah, il se reprendra plus tard…

Bilan de la journée? Tranquille, un peu de vertical et même, pour Éric, un p’tit bout en dry-tooling!




Fatigué Jérôme

mardi 22 janvier 2008

Encore les chutes

Quelques party plus tard...

Retour au travail pour mon copain (pis de toute façon, il s'est blessé au doigt). De mon côté, je me suis trouvé deux partenaires et nous sommes en route pour les chutes Montmorency. Pour Christian, c'est une première grimpe depuis plusieurs années...Pour Jérôme, une deuxième rendez-vous avec les cascades de glace. Aux chutes, c'est bondé de monde! Il faut dire qu'en ce lendemain de jour de l'an, plusieurs sont en congé férié. Il nous reste une petite ligne, ironie du sort, la même que lors de mes deux visites précédentes. Je pars à nouveau en tête. Après la pente de neige, j'atteins la glace. Je pose une première vis pis entame la grimpe, pendant que Jérôme fait remarquer à Christian que j'avais sortie une hélix. Après deux pas, j'entends un son étrange venant de mon pied gauche: hum...le crampon sonne comme s'il était mal ajusté. Un autre coup de pied et le tout se confirme: la crampon lâche et seule la courroie l'empêche de glisser jusqu'en bas. La vis que j'avais mis pour éviter une longue glissade se révèle finalement utile. Je redescend tant bien que mal au niveau de la rampe de neige et je remets mon crampon. J'arrive finalement à la station de relais. Christian et Jérôme partent alors en flèche. Christian progresse bien, et Jérôme le suit. Les deux arrivent finalement au relais... Je lors envoie un "bienvenu au relais" un peu ironique. C'est que le relais est suspendu avec les conséquences habituelles: mal au dos et les jambes qui deviennent "engourdies" si on ne les bouge pas. Il fait chaud...très chaud avec le soleil qui plombe. Jérôme enlève sa cagoule, ce qui a pour effet de faire tomber son élastique..."heu...Édith, est-ce que tu aurais un élastique!" "heu...d'après toi?" ;)

Une fois tout le monde bien installé, je repars vers le sommet...Après quelques mètres, j'entends un "hey, c'est Édith"! Je retourne la tête, le temps d'apercevoir Simon Savard au relais avec scellements. Le deuxième pitch est pas mal moins bien formé que le premier. La couche de glace, cachée sous une quantité importante de neige, est mince, laminée et très cassante. Pas facile de faire de bons placements, particulièrement sur le dessus des ressauts. Heureusement, la voie doit faire dans le grade 2, et de bons placements de pieds permettent de bien avancer. Quand je trouve de la bonne glace, j'en profite pour placer une vis. Finalement, un dernier ressaut me permet d'atteindre un arbre pour installer le relais. Pendant que mes deux seconds progressent, j'en profite pour jaser avec le leader d'une autre cordée, installé sur le même arbre que moi. Son second arrive, monte jusqu'au mur de béton et me lance "hey, me reconnais-tu?" Je le regarde...ouin, ça me dit quelque chose...mais je ne sais plus où je l'ai vu. Il me replace: Éric, on s'est rencontré à Chicoutimi. Hey, c'est lui qui m'a remplacé quand j'ai démissionné du CMS!!! En bas, j'entends les gars se plaindre que la glace est laide! Mon grand de 6'4'' fini par arrivé, les cheveux attachés à l'aide d'une sangle de 60cm. Puis Christian arrive également au sommet. Cool les gars: votre premier multipitch en glace! Les deux sont bien contents!

On roule les cordes quand deux autres grimpeurs se pointent sur la trail qui longe le mur: hey! encore un ami!!! Jasmin, cette fois. On redescend et les gars sautent sur leur sandwich. De mon côté, je vais faire un tour à la base du pillier, question de saluer Jean-Guy que j'avais cru reconnaitre plus tôt dans la journée. Simon, sa copine Hélène, Jasmin et Jean-Guy repartent, pendant que moi je me lance sur mon lunch. Le soleil est très bas, on n'en refera pas d'autres. Pendant qu'on pacte nos sacs, Ben Dubois et Nadège passent devant nous! Décidément, les chutes étaient le spot en cette journée.

La carrière de Trois Pistoles...

Notre séjour à Rimouski ne nous permet pas de grimper trop trop. Les brunchs s'étirent et on ne peut passer les après-midi sur les falaises du coin, à faire du drytooling. François et moi profitons du retour pour faire un saut à la carrière de Trois Pistoles où son cousin est supposé nous rejoindre avec sa blonde. Malheureusement, mon ami Dan est déjà rendu à Causapscal.

Ce sera l'occasion d'essayer mes nouvelles vis hélix reçues en cadeau!!! :) En fait, c'est François qui les testera en leadant la première ligne de la journée. Une fois les deux passés, on tasse la corde pour installer une moulinette dans du 4. Le premier ressaut fait plusieurs mètres complètement vertical. Ouin, j'avais oublié combien c'était pompant la glace! À peine sortie du trouble, je me fais redescendre: je réessaierai plus tard.

Trois grimpes: une autre journée tranquille: mais bon, il faut entrer à la maison. Petit site intéressant, avec des cascades bien formées. Un bel endroit pour une demie journée de grimpe, par trop loin de Rivière du Loup, et sans marche d'approche.

Les chutes Montmorency.

Avec un chum à Qc, ce site est appelé à devenir, en un sens, mon « crag local » . Il est l’hôte de ma deuxième sortie en glace, avec Jasmin. Notre choix s’arrête sur la congelée. Je prends le lead de la première partie : wow..encore un lead ;). Malgré le fait que la glace est mince par endroit, il y a moyen de trouver un chemin agréable à grimper et protégeable…avec des vis de 19cm même!!! J’arrive au relais, les mollets en feu et nous concocte un relais sur vis! Jasmin vient me rejoindre et pars en tête dans le second pitch. Il trouvera un beau passage relativement verticale, de très belle glace. Un délice : la voie est pas trop incliné mais pas trop verticale non plus! La plus belle passe de la journée. Malheureusement, la suite est moins belle…des ressauts de neige et de croûte même à un dernier ressaut en glace. Le problème est qu’il n’y a pas de glace sur le dessus du ressaut, ce qui a obligé Jasmin à la contourner par la gauche. En second, j’en profite pour passer direct : mais c’est pas facile : faut faire confiance à ses pieds.

On redescend et on avale notre lunch : l’heure du diner est passé depuis longtemps. Jasmin va jeter un coup d’œil au pilier puis à l’entonnoir. Finalement on se décide pour l’entonnoir. Jasmin part en tête. Tout va bien jusqu’à la partie la plus étroite, menant à la première grosse vire. Après un premier essai en ligne droite, il dégrimpe : l’eau est vraiment, mais vraiment près. Après avoir regardé à droite, puis à gauche, et encore au centre…il se résigne. « Ouin, j’vais laisser faire. Est-ce que je te laisse les vis? » La réflexion est de courte durée : j’ai goûté à la glace mince où l’on voit l’eau à travers la semaine dernière : et je ne suis pas certaine de vouloir retenté l’expérience. Jasmin fini par redescendre, on remballe le tout. Petite journée, mais comme on s’est dit : toute grimpe à ce temps-ci de l’année est un bonus par rapport à l’an dernier.

Quelques jours plus tard, tout juste avant de partir pour Rimouski pour la fête de Noël, je me retrouve à nouveau aux Chutes. C'est la baptême de la glace pour Jérôme. La congelée est à nouveau la voie qui sera grimpée. Une équipe grimpe complètement à gauche; une autre prendra complètement à droite, où la glace semble trop mince à mon goût. Je prendrais donc au centre, en suivant un dièdre en dalle. Ça devrait bien aller pour Jérôme. Je pars en tête puis me retrouve au même endroit pour le relais que la fois précédente. Maintenant, il y a un relais en sangle, installé sur des lunules. Je vérifie les sangles et les lunules avant de m'en servir comme un des ancrages de mon relais, et j'installe deux autres vis. Jérôme peut enfin s'attaquer à la glace. A peine a-t-il fait quelques mètres que je l'entends se plaindre: un de ses crampons a débarqué! Ah les débutants!!! ;) Tranquillement, mais sûrement, il me rejoint au relais, le sourire fendu jusqu'aux oreilles. Wow, c'est trop cool! Je lui donne alors le choix: on fait le deuxième pitch (ce qui ne me tente pas plus qu'il faut) ou on installe une moulinette. La réponse de Jérôme: "est-ce que j'ai le droit d'être moumoune?" Je le redescend puis le suit en rappel, après avoir installé la moulinette.

La moulinette nous permet de s'attaquer à une partie un peu plus verticale. Jérôme part en premier, ce qui me permettra, à mon tour, d'enlever la moulinette. Il fini par se retrouver sur un ressaut, incapable de continuer...Monte plus tes pieds, que je lui crie. Il s'exécute et passe. Il revient au sol, encore emballé! Une grimpette rapide, un rappel sur lunule pis on ramasse le tout. Le soleil commence à descendre quand on est prêts à partir. On remet ça quand? se questionne Jérôme...ouin...accro déjà! ;)

Shawbridge

S'il y a un site très utilisé dans les environs de Montréal, c'est bien Shawbridge. À 45 minutes de Montréal, il est très accessible, ce qui fait en partie sa popularité. Et pourtant, je n'y ai jamais mis les pieds. Mieux vaut tard que jamais parait-il. Marc, Dan et moi profitons d'une journée de congé sur semaine pour y faire un tour.

Là bas, les cascades sont encore sur glace mince ou en mixte, mais plusieurs voies sont faisables. Comme aucun de nous ne désire faire du 4 en glace mince, on se rabat sur la paroi école. Marc part en lead et nous installe une corde, à un endroit où une voie, parfois étroite, nous permet d'atteindre le sommet. Puis Dan déplace la corde dans un autre coin: un beau dièdre, légèrement déversant et...sans glace. Et voilà, une voie en dry-tooling. Dan jubile, Marc est sceptique et moi, bien je me dis, ouin, aussi ben essayer! Marc sera le premier à s'essayer...il réussira presque à sortir la voie, après être mort 2 fois, selon Dan! À mon tour maintenant. J'approche le dièdre avec appréhension: je ne suis pas très à l'aise avec ça. J'ai pas du tout confiance dans un piolet seulement "accoté" sur la roche. Je commence à chercher un placement dans une fissure: le piolet fini par coincé. Je monte un pied...puis un autre...enfin presque...la gestuelle utilisée par Marc ne me convient pas: il me faudra trouver une autre façon de faire. Je cherche un endroit pour placer mon deuxième piolet. Un fois fait, j'hésite un peu, pis je me dis: advienne que pourra. Je ne fais pas confiance à mes deux piolets, pis je monte les pieds. Ça tient! Je monte encore un piolet, bouge encore un peu..et oups! le piolet de droite lâche! Ah non! Je me prépare à partir par en arrière, la voie étant déversante, mais non, le piolet de gauche tient, et je me retrouve suspendu sur celui-ci. Mais dans ma tête, ça sonne: ok, c'est assez! Je me fais redescendre, avec une confirmation que des piolets c'est fait pour planter dans la glace!

Dan, au prix de grands efforts et que quelques chutes, parvient à sortir de la voie. Un peu déçu car la dernière fois qu'il l'avait fait c'avait été mieux. Enfin, il l'a sorti au moins! ;)

Dan dans la ligne en glace, puis dans le dièdre en dry-tooling.


La glace!!!

L’an dernier il avait fallu attendre au 3 décembre pour pouvoir grimper en glace…Et après…un réchauffement et la pluie avaient repoussé la saison à la fin du mois de décembre. Cette année, tout s’annonce différent. Les températures froides auront permis aux glaciéristes les plus crinqués de s’attaquer aux cascades dès le 11 novembre, et pour la plupart des impatients le 17 novembre. Pour ma part, le coup d’envoi de ma 4e saison de glace a été donné la semaine suivante. Rien de très sensationnel, un petit tour dans la vallée du bras du nord pour un petit 3 – 3+. Nous ne sommes pas encore dans la vallée que les bras me démangent : j’ai hâte de grimper.

Rien de sensationnel, donc, sauf que…pour la première fois de ma vie, je débute la saison avec un lead. Voilà de quoi surprendre ceux qui me connaissent : j’ai plutôt l’habitude de laisser passer une coup’e de semaines avant de me lancer en tête, question de laisser la gestuelle et la forme revenir. Les premiers mètres se font en moulinette, question de me rendre jusqu’à la vire que mon partenaire avait atteint avant de redescendre, les mains gelées (et oui, l’hiver est revenu). Puis vient le moment de transition : j’hésite…Ce qu’il y a devant est facile…mais tellement mince! J’entends l’eau sous la glace. Enfin, je me lance, tranquillement, mais sûrement, essayant d’éviter les endroits les plus minces. Le problème avec les voies faciles, c’est que, à chaque fois que tu te retrouves sur une vire, tu te demandes si la glace ne va pas céder, ce qui aurait pour effet de nous conduire direct dans le ruisseau qui coule en dessous. Après plusieurs mètres, je réussis à m’éloigner du ruisseau…autre endroit, autres problèmes…La glace est tranquillement remplacée par des accumulations de neige, avec une « croute » qui permet de planter les piolets. Pas moyen de protéger, alors il faut espérer que la croute ne déchire pas sous les piolets ou sous nos pieds. En restant en périphérie de la glace, je réussis à progresser en protégeant en peu et avec des placements de piolets un peu plus fiables. Puis vient un moment où c’est carrément de la neige, très épaisse qui recouvre le rocher. Chaque pas est pensé. Le mur finira pas se redresser…la dernière vis est loin, et le rocher semble très lisse…pas moyen de protéger, et aucun endroit pour coincer un piolet ou accoter une pointe de crampon. Je dois retourner vers la gauche, la où la glace recouvre le ruisseau. Ce qui m’inquiète est décidément le dernier ressaut de la voie, là où je rejoindrai la source du ruisseau…est ce que la glace sera suffisamment épaisse pour soutenir mon poids? Apparemment oui! Je comble rapidement la distance qui me mène à un arbre pour le relais. Le soleil est bas, il ne reste plus grand temps pour François. Lorsqu’il arrive au relais, il a les mains gelées,ce qui lui donne envie de vomir, et il est déshydraté. Je le clip sur le relais et m’occupe d’installer le rappel. Il finira par me dire qu’en grimpant, il a constaté pourquoi ça m’avait pris tant de temps…et il avouera que lui n’aurait pas aimé ça être en tête…Ouin ben moi non plus j’ai pas aimé ça être en tête…mais bon, voyons ça du bon côté…première fois à vie que la saison débute avec une voie fait en tête et premier lead sur glace mince : la saison commence en lion ;)

dimanche 13 janvier 2008

Passage en Outaouais.

La dernière grande sortie de l’automne, et de l’année d’escalade-rocher, sera l’outaouais. François, Charles et moi prenons la direction de chez Cindy qui est bien contente de finalement nous acceuillir. Malheureusement, Sébastien, qu’elle a bien hâte de rencontrer, n’est pas du voyage, toujours blessé depuis Rumney.

La première journée nous mettons le cap sur Down Under : une paroi mythique de cette région reconnue pour ses sandbags. Arrivée sur place, Cindy constate qu’elle a oublié son sac chez elle : elle devra refaire l’aller-retour. Fred, Franc et moi (charles est parti faire une compet de bloc), se rendons à la paroi : on commencera sans elle. La paroi est très déversante et les voies ont l’air difficile. La plus facile, une 5.9. est bizarre. Je fais une tentative en moulinette mais laisse tomber quand je me retrouve face à un très laid pendule, en cas d’une chute qui est plus que probable.

La deuxième voie que Franc fera (et moi) est une classique : Sausage (5.10). J’suis à peine rendu à la première dégaine que je me fais prendre à sec. François veut me redescendre : « j’suis convaincu que tu peux l’enchaîner », je te redescends et tu la flash! ». Mais il n’en est pas question : je ne peux pas croire que je peux l’enchaîner et redescendre ne me ferait que me pomper encore plus. Je reprends ma route, et je passe mouvement après mouvement…pour me retrouver dans une drôle de position, à califourchon sur un gros flake. Je prends un très long repos avant de repartir : c’est pas tous les jours que l’on a un si bon repos dans une voie. Après avoir enlever la dégaine, je fais une erreur de lecture et je ne me retrouve pas pantoute à la bonne place : zut, il fallait continuer droite! Deuxième « à sec ». Après un 3e à sec, je sors la voie! Wou hou! Quelle belle voie! Tout à fait dans mon genre. N’ayant qu’une corde par cordée, on fait retomber la corde. Plus tard, je me dirai : « dommage, je l’aurais ben refait cette voie.»

François s’essai ensuite dans Anti-Gravity (5.12) : sans passer le crux de la voie : il lui reste encore un projet à cette place : il devra revenir! ;) Il laisse la moulinette en place pour moi. Ok, 5.12, c’est pas mal dur pour moi, mais bon, je me suis mise en tête de me rendre au moins à la deuxième dégaine : on a le droit de rêver! Alors je pars, décidée, tellement que j’atteins la deuxième dégaine du premier coup! Même que je la dépasse un peu…Wow! J’suis aux anges! J’suis en route vers un passage difficile quand je décide de prendre un « à sec ». Après quelques minutes, je me remets « en selle », destination 3e dégaine. Pour ce faire, il y a un bout en dulfer à faire…le début va bien, mais rapidement, mes bras me font mal! Malgré que je suis presque sortie (ben me semble), je laisse tomber. J’suis déjà plus loin que je voulais aller, et je me souviens avoir trouvé que la « sortie » de ce passage demandait une certaine technique. Je redescends tout sourire! J’adore cette ligne, j’adore cette paroi : faudra revenir!

François dans True Grit


Pendant ce temps, Fred termine Pietra di Roma. Lui et François laisse sous-entendre à Cin qu’elle devrait la faire en tête. Puis Fred ne lui laisse pas le choix : il fait tomber la corde! Avec raison, car elle réussira à passer et à faire son lead le plus difficile de la saison!

Cindy dans Pietro di roma


La pluie annoncée en fin d’après-midi commence à se pointer : qu’à cela ne tienne, il est déjà plus de 16h. Je jette un dernier regard à Sausage, avec un regret : j’aurais dont dû m’essayer en tête! La soirée se terminera avec Ari, Math et Manue, un BBQ et le spa!

Le lendemain, le groupe fait une tournée au Western CWN, où je ferai deux voies en tête, l’une en sport et l’autre en trad. Cin, Fred et Charles s’essaieront sans succès dans Security (5.10d) : elle en aura vu des chutes cette voie! Puis c’est le retour…la saison de roche s’achève ainsi…les journées d’automne s’installent pour de vrai…Ça sent la glace!

Cindy dans Security et Manue dans Al on the run (5.11c)


Charles dans Al on the run (5.11c)

Rumney

Pour l’action de grâce, dernière grande fin de semaine pour la roche, je prends la direction de Rumney, avec François, Sébastien et Charles. Plusieurs autres amis seront présents : Karine, Alain, Charley-boy, Nic, Valérie et Simon. Ces derniers ont fini par adhérer à notre destination, délaissant les gunks, que pour une raison que j’apprendrai peu de temps avant notre départ : il y a, à 1h de route de Rumney, un endroit qui nous permet de faire de la simulation de chute libre! François a convaincu Valérie et d’autres que d’aller y faire un tour serait intéressant….mais revenons à l’escalade.

Vendredi au soir, Charles passe nous prendre avec une minivan louée. Eh oui! Ça prend de la place 4 grimpeurs, avec tout leur stock d’escalade et de camping, ce qui inclut 3 crashpads (on a été obligé d’en laisser un derrière). Notre première destination est Stanstead, côté USA, où l’on couchera dans une roulotte sur le terrain des grands-parents de Chuck. Levé à 6h30, nous prenons rapidement la route. Et question de nous mettre dans l’ambiance, on se sert allégrement du lecteur DVD inclut dans la minivan pour se taper des films d’escalade.

En ce samedi, nous décidons de débuter la journée dans le secteur des Hinterlands où François et Chuck ont un compte à régler avec Giant Man (5.12b). La voie se terminant en devers, ils ne pourront y faire que quelques essais. François passera à un mouvement d’enchaîner la voie, mais pour lui, comme pour Chuck, se sera pour une autre fois!

François dans Giant Man (5.12b)


Pour ma part, après avoir leadé Cold Feet (5.7.), puis Hinterlands Highway (5.6.). C’est pas mal en bas de côte que j’espérais leader à Rumney et pourtant, j’ai pas trouvé ça si facile. En fait, dans la 5.6., je me suis même fâchée, comme à Squamish, contre le « lead». Encore une fois, ce constat que je déteste leader vient me frapper de plein fouet. Et encore une fois, je délaisse mes ambitions de « lead » pour la fds, pour me contenter de faire de la moulinette, dans le but de profiter de la fin de semaine. Après une discussion avec François où on met une chose au clair : il ne me mettra pas trop de pression pour leader, si je n’en ai pas le goût, on descend à Waimea rejoindre Chuck et Sébastien. « Tu vas voir ce qu’est vraiment Rumney, en voyant cette paroi », me dit François. Et effectivement, cette paroi, est impressionnante…un méga Orford. Et ça parle français en masse…tous les québécois semblent s’être retrouvé là! On arrive juste à temps pour profiter de son devers, car rapidement la pluie se met de la partie…Certains peuvent faire encore quelques essais, mais l’eau finit par couler le long de la paroi…c’est détrempé : la journée est finie!

Le dimanche, les parois sont sèches, malgré la pluie diluvienne qui s’était abattue sur nos têtes la veille. Tout notre petit groupe (nommé en haut) prends la direction de Darth Vader Upper. Plusieurs voies faciles sont équipées ce qui permettra à Valérie, Karine, Charley-Boy et moi de leader. Et oui, j’en ai refait une, frosted flakes, en 5.7. Une voie avec une coup’e de blocs loussent…pas toujours agréable! François et Sébastien (blessé au doigt) profiteront de l'arrêt pour faire une belle 5.11a, très en devers. C'est la plus grosse cote de Sébastien à vue, cool (bon, en moulinette...mais bon, pour un gars blessé, c'est pas pire!)

Karine dans Frosted flakes


Sébastien dans Three easy pieces (5.11a)


Après avoir essayé cette 5.11a, je prends la direction, avec le reste de la gang, du Jimmy’ Cliff, où l’on fera de belles, très belles voies, dont Junco (5.8.) et Lonesome Dove (5.10a). À 5h, on remballe le tout (du moins, 5 d’entre nous) et l’on prend la direction du stationnement : on a rendez-vous chez SkyVentura à Nashua.

Charley-boy dans Junco



SkyVenture est un centre où l’on peut faire de la simulation de chute libre. En gros, il s’agit d’un tunnel, où l’air est aspiré avec une puissance suffisante pour permettre aux gens de « voler ». Pour François, l’activité comporte deux buts : améliorer sa technique et me donner une idée de ce qu’est la chute libre, pour que je comprenne un peu mieux son autre passion, le parachutisme. Après quelques instructions, notre instructeur nous habille : combinaison, casque, lunettes ainsi que de protecteurs pour les genoux et les coudes…euh est-ce que cela devrait nous rassurer? Le résultat : on a tous l’air mal habillé, mais on « fit » dans le décor. Vient finalement le temps de se lancer…L’incertitude laisse place à la drôle de sensation de flotter dans un très fort courant de vent. Ce n’est pas du tout comme être plonger dans l’eau…dans l’air, il y a une pression qui nous entoure, on sent l’air qui nous fait « voler ». Nous ferons trois tours chacun dans le tunnel. Dans mon cas, le premier tour aura été une prise de contact avec cette nouvelle dimension, à essayer de reproduire au mot, la position demander par l’instructeur. Au deuxième tour, je suis plus relax..et j’essai de me laisser aller, mais les questions viennent rapidement à mon esprit : pourquoi je recule…hey, comme je fais pour redescendre…Et on commence à expérimenter…on déplie les jambes pour éviter de trop reculer…ou on rentre les hanches, pour redescendre…Des essai-erreurs qui ne fonctionnent pas toujours…Puis, au troisième tour, on se dit : faudrait ben que j’essai de tourner…encore là, sans trop de succès. Et la cerise sur le sundae : l’instructeur qui nous fait voler encore plus haut : il nous accroche solidement, demande au technicien d’augmenter la puissance du vent, et nous voilà partie pour 3-4 aller-retour où l’on monte vers le sommet du tunnel et l’on redescend : génial! On repart tous avec de bons souvenirs et en se disant : faut qu’on remette ça!

Lundi matin : il pleut encore…Après discussion, on replie tous bagages, même si initialement on devait rester jusqu’au mardi.