mardi 22 janvier 2008

La glace!!!

L’an dernier il avait fallu attendre au 3 décembre pour pouvoir grimper en glace…Et après…un réchauffement et la pluie avaient repoussé la saison à la fin du mois de décembre. Cette année, tout s’annonce différent. Les températures froides auront permis aux glaciéristes les plus crinqués de s’attaquer aux cascades dès le 11 novembre, et pour la plupart des impatients le 17 novembre. Pour ma part, le coup d’envoi de ma 4e saison de glace a été donné la semaine suivante. Rien de très sensationnel, un petit tour dans la vallée du bras du nord pour un petit 3 – 3+. Nous ne sommes pas encore dans la vallée que les bras me démangent : j’ai hâte de grimper.

Rien de sensationnel, donc, sauf que…pour la première fois de ma vie, je débute la saison avec un lead. Voilà de quoi surprendre ceux qui me connaissent : j’ai plutôt l’habitude de laisser passer une coup’e de semaines avant de me lancer en tête, question de laisser la gestuelle et la forme revenir. Les premiers mètres se font en moulinette, question de me rendre jusqu’à la vire que mon partenaire avait atteint avant de redescendre, les mains gelées (et oui, l’hiver est revenu). Puis vient le moment de transition : j’hésite…Ce qu’il y a devant est facile…mais tellement mince! J’entends l’eau sous la glace. Enfin, je me lance, tranquillement, mais sûrement, essayant d’éviter les endroits les plus minces. Le problème avec les voies faciles, c’est que, à chaque fois que tu te retrouves sur une vire, tu te demandes si la glace ne va pas céder, ce qui aurait pour effet de nous conduire direct dans le ruisseau qui coule en dessous. Après plusieurs mètres, je réussis à m’éloigner du ruisseau…autre endroit, autres problèmes…La glace est tranquillement remplacée par des accumulations de neige, avec une « croute » qui permet de planter les piolets. Pas moyen de protéger, alors il faut espérer que la croute ne déchire pas sous les piolets ou sous nos pieds. En restant en périphérie de la glace, je réussis à progresser en protégeant en peu et avec des placements de piolets un peu plus fiables. Puis vient un moment où c’est carrément de la neige, très épaisse qui recouvre le rocher. Chaque pas est pensé. Le mur finira pas se redresser…la dernière vis est loin, et le rocher semble très lisse…pas moyen de protéger, et aucun endroit pour coincer un piolet ou accoter une pointe de crampon. Je dois retourner vers la gauche, la où la glace recouvre le ruisseau. Ce qui m’inquiète est décidément le dernier ressaut de la voie, là où je rejoindrai la source du ruisseau…est ce que la glace sera suffisamment épaisse pour soutenir mon poids? Apparemment oui! Je comble rapidement la distance qui me mène à un arbre pour le relais. Le soleil est bas, il ne reste plus grand temps pour François. Lorsqu’il arrive au relais, il a les mains gelées,ce qui lui donne envie de vomir, et il est déshydraté. Je le clip sur le relais et m’occupe d’installer le rappel. Il finira par me dire qu’en grimpant, il a constaté pourquoi ça m’avait pris tant de temps…et il avouera que lui n’aurait pas aimé ça être en tête…Ouin ben moi non plus j’ai pas aimé ça être en tête…mais bon, voyons ça du bon côté…première fois à vie que la saison débute avec une voie fait en tête et premier lead sur glace mince : la saison commence en lion ;)

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