jeudi 27 septembre 2007

Mamaaan…c’est finiiiii!

Dimanche matin, la température s’est mise au diapason des sentiments du groupe : il pleut! ;) Pas de « p’tite dernière » donc. Après avoir déjeuner, on démonte le camp et on distribue les sacs dans les deux voitures. Un arrêt au Stanley park, nous permet d’aller voir sculpture, totems et gros arbres, et d’avoir une vue sur le centre ville de Vancouver. On cueille les dernières mûres du voyage, on dîne une dernière fois au White Spot, et après avoir chiâlé contre le fait que ça circule mal à Vancouver, on se retrouve à l’aéroport. Au revoir Jasmin, profite bien de ton stage et de tes vacances…

À bientôt Squamish, on se reverra certainement!

Notre camp, pour les semaines passées à Squamish. Avec les deux tentes, la toile pour l'espace repas, deux réchauds et le stationnement pour la voiture, nous étions bien installé!


Représentation amérindienne d'un orque, située devant l'aquarium de Vancouver



Plusieurs totems sont exposés dans un secteur du Stanley park...on s'est bien amusé à tenter de reconnaître les animaux sculptés. Et vous, seriez vous capable?




Fred devant l'un des gros arbre du parc. Le manque de temps nous aura empêcher d'aller voir les plus gros, ceux au travers desquels on peut passer.


Vancouver


Des mûriers..il y en avait partout et on a rarement raté une occasion de cueillir leurs fruits..le hic...dur dur de dire avant de leur avoir goûté s'ils sont bons ou non

Le temps des devoirs

Dernière journée complète d’escalade à Squamish…Déjà!! Ça passe trop vite! Jasmin, Annie et son copain Geoff nous ont rejoint au camping. Après de longues discussions, les cordées se forment. Yves, Fred, Jasmin et Geoff iront d’abord à Exasperator…Certains pour la faire une première fois, et, dans le cas de Yves, attaqué le deuxième pitch. Seasoned of the sun est également dans la mire de Jasmin.

Marc et moi retournerons à Klahanie. Annie, qui m’avait donné comme devoir de la faire en tête, viendra s’assurer que je fais bien les choses ;) . En prévision de ce lead, je récupère le cam .75 et le cam #1 de Jasmin, ainsi que les Friends de grosseurs correspondantes à Yves. Avec ça, je devrais être correcte.

Après la marche d’approche, on se retrouve à nouveau devant la fissure. Annie, qui la voit pour la première fois, regrette d’avoir encore mal au dos. Ça sera pour une prochaine fois! Je rack mes cams pis j’y vais. Tout va bien au début. J’essaie de garder les mains dans la fissure et les pieds sur la dalle. Mais je me rends compte rapidement que plus je suis haut par rapport à ma protection, plus j’ai une irrésistible tendance à aller me mettre les pieds dans la fissure : une fissure, ça fait mal, mais ça tient! Je suis contente d’avoir plusieurs coinceurs. La fissure étant pas mal uniforme, j’ai même pas besoin d’évaluer la grosseur. Je prend, au hasard, soit un .75, soit un #1, et je sais que je vais pouvoir le poser. Mettre des protections va vite et c’est une bonne chose, car le pied coincé dans la fissure et sur lequel je m’appuie le temps de poser la pro fait mal…À un moment donné, ça fera tellement mal que ma jambe commencera à « shaker ». Chaque fois, dès la pro installée, je me dépêche de sortir les pieds de la fissure…Aaaaah! Quel soulagement.

Je relaxe un peu et repars…les pieds d’abord sur la dalle…puis un dans la fissure…et deux…ouch! Tout va bien, mais je stresse un peu pareil…je fini par arriver au bout de mes cams #.75 et #1…je me rabats sur le .5, mais il est temps que j’arrive! Merde, j’ai dont ben protéger! J’arrive au relais, me clip et je relaxe…J’ai les pieds et les mollets qui font affreusement mal…Marc me redescend, je l’assurerai d’en bas. En descendant, je jette un coup d’œil à mes protections. Wow, elles sont pas mal espacées…8 pros en 30 m, ça fait presque 1 aux 4m, c’est bon…Finalement je n’ai pas surprotégé!!!

La voie nettoyée par Marc, vient alors son tour de faire ses devoirs…Annie lui rappelle qu’il devait nous amener au Cheakamus Canyon pour faire Star Chek. Le site se situe à un peu moins de 30 km au Nord de Squamish. Il est encore tôt, donc on a le temps.

Le crux de la voie constitue de trouver le sentier menant à son sommet…Mais une fois ceci fait, on se retrouve devant un magnifique canyon au fond duquel coule une superbe rivière turquoise, avec des remous plus blancs que neige! Wow! On descend en deux rappels, les trois longueurs, puis Marc part en tête.

Marc en rappel dans Star Chek


Cheakamus canyon



La première longueur est courte et se fait très bien. La grimpe se rapproche plus du « face » que l’on est habitué de voir au Qc, avec de bonnes réglettes pour les pieds et pour les mains. Le topo indique 5.8., mais ça semble beaucoup plus facile. Le deuxième pitch, en 5.7. est pour moi. Après 20m de grimpe sur une très belle arête, j’arrive à un relais intermédiaire que je laisserai derrière moi…C’est trop beau alors je m’offre les 40m de lead au complet! Malgré tout, certains passages demandent réflexion, d’autant plus qu’il n’y a qu’une plaquette tous les 5m!

Arrivée de Marc sur la vire du 2e relais



Marc terminera la voie en tête. Il prend à gauche du relais, sur une dalle…Ouf, délicat fini-t-il par dire. À le voir se mouvoir avec précautions, je commence à trouver que ça l’air raid pour du 5.9., surtout quand tu le compares avec les deux longueurs précédentes. Un regard à droite me permet de constater la présence de plaquettes sur une autre arête qui ressemble davantage au reste de la voie…Marc aurait-il encore pris la mauvaise voie? À la voir, dans le toit, plus haut, la question se pose. Je pars à mon tour dans cette dernière longueur…ouf, pas facile. La roche est lisse et glissante. Et le toit…hiiiii pas beaucoup de prises…Je finis par le passer après avoir pris 1 « à sec » pour me reposer les bras et trouver ma séquence! Je communique alors à Marc mes soupçons sur la voie…Il doute mais il ouvrira quand même le topo… « Ouin ben Édith, je crois que tu as raison, regardes ». Et je regarde pour constater que l’on a fait la variante de la fin, Check this out, variante en…5.10c! Ben, c’était quand même beau non? me demande Marc!

On pack nos affaires et lorsqu’on s’apprête à partir, j’entends au loin le bruit d’un train…Ça fait deux semaines que j’essai de prendre un train en photo pour mon papa…Ici, ce serait le cadre idéal, avec le canyon et le pont…Je cherche…et je le vois, au loin… Le train! Le train! La chance est avec moi, il arrive du bon côté pour que je puisse me préparer pour la photo. Je me dépêche à sortir mon appareil et à chercher un angle intéressant.



En route vers Squamish, on communique avec Jasmin. Geoff et lui ont fait The Zip et ils sont en route pour Crag X, le devoir de Yves! De notre côté, on passe au Dairy Queen se commander des milkshakes gros format. On a hâte de voir la face des gars quand ils vont nous voir arriver avec ça au pied des parois. Nouvel appel de Jasmin, il ne trouve pas les gars. Geoff et lui s’en vont donc à Penny Lane où on les rejoints. Yves et Fred se pointent finalement. Ils étaient à Split Beaver…devoir de Fred. Désolé Annie, dit-il, je ne l’ai pas tout fait en tête…mais je l’ai sorti en moulinette. « C’est pas grave réplique celle-ci, c’est l’attitude qui compte. Je te donne A+ ».

Un arrêt à Crag X sur le chemin du retour, permet à Yves d’obtenir aussi son A..Puis direction resto…question de célébrer les deux belles semaines qui viennent de passer et tous les projets réalisés et de souligner les amitiés qui viennent de naître.

mercredi 26 septembre 2007

Calculus crack

Question de pouvoir la faire avant l’arrivée de la fin de semaine et possiblement de plusieurs cordées, Yves et Fred se réenligne sur leur projet de la journée précédente : Exasperator! Ze fissure! Marc dont le lead de la première longueur était l’un de ses projets pour ce voyage est également partant. La marche d’approche, au travers des blocs, nous mène au pied de cette fissure reconnaissable parmi tant d’autres.

Ze fissure ;)



Comme il ne veut faire que le premier pitch, Marc part en premier, ce qui permettra de laisser le champ libre à Fred et Yves pour la suite. C’est sans problème apparent qu’il se rend au relais. Yves discute avec Fred de la suite des événements. Mais ce dernier n’est pas trop motivé. Les six semaines de road trip semble lui rentrer dans le corps. Yves part donc en premier. Tout va bien jusqu’à quelques mètres du relais…le pied glisse…mais pas de chute. Puis il vérifie avec Fred : t’es sûr que tu veux pas la leader…en fait, il ne veut même pas la grimper…Ben si tu veux faire le deuxième pitch, je peux aller te rejoindre. Après avoir observé la deuxième longueur, Yves décide de redescendre.



On laisse les gars, toujours indécis, sur ce qu’ils veulent faire. Marc et moi retournons sur The Apron pour la dernière fois. La voie : Calculus crack. Forte des derniers jours, je me sens maintenant à l’aise d’entreprendre ces six longueurs de fissures.

Retour à la case départ, donc, devant cette première longueur un peu particulière. Elle est parsemée d’arbre, au point où l’on peut se demander si c’est la marche d’approche ou réellement la première longueur. Je pars en second, pour une deuxième fois, dans cette longueur. Lorsqu’au deuxième ressaut, je me retrouve à nouveau devant la fissure verticale, je décide de ne pas m’évertuer à passer à côté : j’affronte la difficulté. Et finalement, c’était pas mal moins compliqué ainsi..2-3 coincements permettent de passer le crux.

La deuxième longueur est tout aussi bizarre. Heureusement on arrive rapidement au deuxième relais, d’où la vraie voie commence. Devant nous, une grosse fissure s’étend à perte de vue…enfin..pas tout à fait, mais sur une bonne longueur au complet ;). La pente est faiblement inclinée. Bref, le tout se fait bien, au point où je me surprends à chantonner des chansons de Brassens… « Il avait nom corne d'Aurochs, au gué, au gué Tout l'mond' peut pas s'app'ler Durand, au gué, au gué… »


Au troisième relais, on se retrouve devant un ressaut un peu plus vertical et une fissure à doigt que le guide décrit comme étant « tricky ». Marc demande de le suivre…Tout passe bien et il est rapidement au relais suivant. À mon tour! Je pars, les pieds sur la dalle. La fissure à doigts se fait bien, même si les pieds sont délicats. Mais encore là, tout va bien.

Troisième longueur, en 5.6.


Pour la quatrième longueur, une fissure dans le fond d’un dièdre/groove assez refermé, Marc me donne le conseil suivant : là, il faut que tu gardes les pieds le plus écartés possible. Si tu entres dans le fond, c’est là que les problèmes commencent. Tu vas avoir l’impression que c’est beaucoup plus vertical que ce ne l’est ». Je le suis…En arrivant à la difficulté, je me concentre sur ce que Marc a dit…mais rien à faire : le fond du dièdre est trop attirant et je me retrouve pratiquement coincée dans le fond! Quelques efforts et me revoilà ressorti, un pied sur l’arête et l’autre dans le fond du dièdre…un compromis! Sur les airs de Marinette…à tenter de me souvenir à cause de quoi le gars de la chanson a l’air d’un idiot, je rejoins Marc.

Le groove, au fond duquel il ne faut pas aller...


La dernière longueur est devant nous. Et c’est moi qui va la leader! Je prends quelques cams (un .5, un .75 et un 1), 4-5 dégaines et je pars. Passage sur la dalle, debout, question d’imiter Marc! puis un ressaut que je protège…S’ensuit une longue dalle, avec une fissure large à suivre, que je n’utiliserai pratiquement pas…et que je ne protégerai pas! Au sommet, un arbre sanglé puis go, vers le relais…Relais vaché! Marc arrive bientôt en courant…faut dire que le pitch est en 5.0 ;) Puis je lui demande : comment as-tu trouvé mon imitation de toi : marcher debout sur la dalle, protéger peu, sangler un arbre, utilisation de la corde et du cabestan pour ma longe…? ;)

C’est finalement bien contente que je me retrouve pour une autre fois en haut du Apron. Reporter l’ascension de cette voie a sans doute été la meilleure décision que j’ai prise du voyage. L‘expérience accumulée dans les fissures, avant de retourner dans Calculus crack m’a permis de prendre ça relax et d’apprécier la voie…Au point que j’aurai chanté du Brassens tout le long! C’est la seule fois du voyage où c’est arrivé! En fait, j'étais tellement contente que le gully qui menait au Broadway ledge m'apparut ridiculement facile!

Au fait, de quoi il a honte le gars?
Quand j'ai couru tout chose au rendez-vous de Marinette La bell' disait: "J't'adore" à un sal' typ' qui l'embrassait Avec mon bouquet d'fleurs, j'avais l'air d'un con, ma mère Avec mon bouquet d'fleurs, j'avais l'air d'un con

High Mountain Woody –prise 2

Pendant que Fred et Yves s’enlignent sur un projet dans le bas du grand wall, Marc et moi tentons à nouveau notre chance dans High Mountain Woody, à Upper Malamute! Avec tout le soleil qu’on a eu, ça ne sera certainement plus mouillé ;)

On descend la première partie du sentier avec d’effectuer un 20m de rappel. Arrivés en bas, on constate que cette fois nous n’aurons pas besoin de remonter sur corde ;)

Marc se lance dans la voie et constate rapidement que le crux est exactement là où c’était mouillé la dernière fois. Les 10 premiers mètres sont délicats, en équilibre, avec des mains pas très franches. Rapidement cependant, une fissure de plus en plus large s’installe permettant de progresser de plus en plus facilement. Le haut de la voie se fait donc très bien.

Retour rapide au camping, donc, pour Marc et moi. La voiture que les gars devaient laisser après leur douche n’est pas là. Marc leur envoie un message pour savoir où ils sont avant de retourner se coucher. De mon côté, je m’installe avec de la lecture. À 12h30, toujours pas de nouvelles. Marc et moi partons pour le village en espérant se faire ramasser par une voiture. On a passé le stationnement du Apron quand Yves nous klaxonne. Les gars revenaient de Squamish avec des pizzas de chez Little Caesar, après avoir fait the Zip, aux Smoke bluff.

Après avoir diner et fait un tour au Hotspot, on laisse Marc à son internet et on file dans le champ de blocs. Cheese Grater sera le premier bloc tenté. Malgré le crashpad, je me sens insécure. Le bloc est haut et les prises délicates. Je laisserai faire finalement. Yves à force d’essais fini par le sortir.

On s’arrête ensuite au bloc Double decker où Fred a des comptes à rendre avec le problème du même nom. La sortie constitue le crux : un beau « mantel » sur une vire étroite. Après plusieurs essais, il fini par passer. Yves aura moins de succès et après une chute qui lui aura fait un peu peur, il remet le tout à une prochaine visite ;)

Destination Easy Chair où l’on s’essaie sur Largonian bulge. À voir Fred, je comprends le V1/V2 de la cote…V1 c’est pour ceux qui ont de grands bras et qui n’ont pas besoin de faire un dyno…V2, c’est pour moi. Dans mon cas, je fini par pouvoir tenter la connection entre le début et le dyno, ce que je n’arrivai pas à faire. La fois précédente, quand je partais le problème au départ, les pieds ne tenaient pas au moment de faire le dyno…Quand j’essayais de ne faire que le dyno, ils tenaient! Cette fois, les pieds tiennent, mais la tête veut pas et à peine lancé dans mon dynamique, je freine!

Après avoir sorti Backtrack (mon premier V2 de Squamish) et fait quelques essais sur un V3, on va voir Easy in a easy chair. Fred tâtera les prises, perplexe. Pour ma part, je me suis contenté de Easy traverse, un V1 sur le même bloc.

Puis vient le tour de Any Rock’ll Do. Finalement après avoir cherché longtemps, on trouve finalement « Up from the depths » un très beau problème en V2! Pas étonnant qu’il soit côté 4 étoiles. Fred l’enchaîne du premier coup et Yves après quelques essais. De mon côté, la rampe du départ, me donne du fil à retordre. Je dois faire plusieurs mouvements de mains supplémentaires sur la rampe avant de pouvoir tenter le dyno permettant l’accès à une meilleure prise. Et les pieds sont inexistants. La rampe est tellement lisse que les crochets de talons tiennent pas trop. Bref, je me brûle dans cette partie, à un mouvement d’avoir de bonnes prises de pieds. Mais il se fait tard…Marc nous attends au camping… Alors aussi bien se garder de la peau sur les doigts pour les quelques jours qui nous reste!

Yves dans Any Rock'll do

Dalle et fissure au menu…encore ;)

En ce mercredi, Fred et Yves ont décidé d’aller faire une très longue voie sur le Grand Wall, soit Ultimate Everything. Marc et moi aurons des projets de moindre envergure, mais certainement tout aussi beau : Over the Rainbow (5.9.)!

On se retrouve tous les quatre au stationnement du Apron pour une xième fois! Mais c’est là tout le chemin que l’on fera ensemble. Plusieurs grimpeurs sont présents dans le stationnement. Question de « réserver » notre voie, Marc se dépêche à prendre son sac et file sur le sentier. Je le rejoindrai à mon rythme. À la base des voies, il y a foule. Comme il était possible de s’en douter, plusieurs cordées s’enlignent sur Dièdre. Certaines se lancent dans Banana peel, et traversent vers la droite négligeant de passer sous la corde des autres. C’est ainsi que je devrai passer sous la corde d’une autre cordée, en voulant rejoindre Marc au relais. « C’est pas correct ça, me fait remarquer Marc, la politesse demande que ce soit la cordée qui croise une corde qui se donne le trouble de passer sous la corde de l’autre. »

L’ensemble de la voie se fait sans heurt! Les longueurs en 5.9. s’enchaînent rapidement. On arrive en haut sans s’être « perdu » , en un temps estimé entre 1h30 et 1h45...bonne moyenne. Il est donc 10h45 lorsqu’on arrive au sommet. Le temps de laisser un message aux gars pour leur dire « qu’on a fini », et on redescend le broadway ledge.

Deuxième destination de la journée : Shannon Falls. Pourquoi? Ben pour y faire une classique: Klahanie Crack (5.7.). La marche d’approche nous mène au cœur d’une forêt « tropicale ». On longe une large coulée au fond de laquelle des fougères profitent de la faible lumière qui passe le feuillage. Des gros arbres morts, couverts de mousses, passent la coulée de bord en bord. Au fil des ponts sur les arbres et des escaliers taillés dans ceux-ci, on se retrouve au pied de la paroi. Par très loin, on entends la chute, qu’on ne verra malheureusement pas. Et devant nous, déchirant la paroi, une fissure…une belle fissure.

Presque la perfection...;)

Marc partira en lead. Je le suis en moulinette. Les mains dans la fissure et les deux pieds sur la dalle, j’avance rapidement. Tac, tac, tac…les coincements de mains s’enchaînent. Trop cool. La voie est un pur délice! Eh oui, vous avez bien lu…un pur délice! Génial. Il faut que je la lead…mais pour l’instant, une cordée est déjà en ligne et puis..je préfèrerais avoir un rack doublé mettons!

On fera ensuite Cardhu crack (5.8), une fissure un peu plus sale et un peu plus technique. Puis Marc jettera un coup d’œil à la première longueur de Local boys do good (5.10c). La dalle ne semble pas si pire. Toutes les prises de pieds et de mains sont identifiées par l’usure de la roche. « Si tu te rends au relais, je te suis », dis-je à Marc. Malgré quelques passages délicats, et une petite tricherie (se tenir sur la dégaine nouvellement clippé dans la plaquette), Marc se rend au relais. Je me lance donc dans ce 5.10c, qui s’avère rapidement pas aussi facile qu’il en a l’air. S’il y avait des cristaux là où la roche est usée, ceux-ci ont disparu! Les pieds glissent sur la paroi m’obligeant à faire des mouvements rapides pour avancer avant que les pieds lâchent. Quelques fois, une bonne prise permet un repos. Heureusement, une intrusion au centre de la voie permet de couper la difficulté en deux. Au prix de grands efforts et surtout de jeux d'équilibre, et de deux passages en « french free »…comprendre, se tenir sur une dégaine, je rejoins Marc au relais! Heille! J’viens tu de sortir une 5.10c en dalle moi?!?

On retourne au village. Toujours pas de nouvelles des gars…Passage au Dairy Queen, au Hotspot…toujours rien…Finalement, un message texte entre : ils sont de retour…Il est passé 18h. Ils n’ont pas fait Ultimate Everything finalement n’ayant pas pris le bon gully. Départ à 13h, sur Squamish Butress. Inutile de dire qu’à cette heure là, on laisse tomber le souper au camping: direction White Spot pour un gros hamburger! Mmmmiam!

The Bulletheads

Cette section du Chief est certainement la plus près du camping. Cependant, il aura fallu plus d’une semaine avant d’aller la visiter. Fred ayant décidé de prendre une journée de repos, nous formerons une cordée de trois. La principale voie ciblée est A Cream of White Mice. Une voie de 4 longueurs en 5.9.

Tant qu’à utiliser le sentier d’approche, qui comporte un passage sur cordes fixes, nous décidons de faire Fungus the Bogeyman (5.8.). Yves lead la première longueur, que je trouve particulièrement inconfortable. La voie suit un « groove » dans lequel on a parfois les pieds dessus (mains sur la dalle) et parfois, les mains sur le groove, et les pieds sur la dalle. Les transitions entre les différentes positions ne me plaisent pas particulièrement. La deuxième longueur sera plus intéressante, le groove s’ouvrant et devenant une dalle.

On se retrouve finalement devant Cream of White Mice. Marc part en lead. Sur les instructions d’Yves, il suit le fond de la coulée. Rien d’intéressant. Marc finira par remarquer que l’arête est équipée et nous invitera à suivre un trajet plus agréable. En relisant le guide, on remarquera que celui-ci nous enjoint à « éviter le départ original dans la coulée pour grimper l’arête ». Lol!

La deuxième longueur débute par une fissure pour se terminer dans une intrusion en 5.4. Il n’en faut pas plus pour que je décide de faire ma part. Je m’offre donc cette longueur me permettant, au suprême plaisir, de placer deux tricams roses! Plus tard, Marc me fera remarquer que mon système d’escalade en réversible ressemble étrangement à celui de Dan.

Marc leadera ensuite les deux derniers pitchs. Le troisième pitch débute dans la continuation de l’intrusion avant de traverser sur une dalle, question d’atteindre le dièdre de la 4e longueur.

Marc dans la troisième longueur


La quatrième longueur permet à Marc de faire la rencontre de deux lézards…Plaisir que Yves et moi n’aurons pas. Sniff sniff! Prix de consolation : la connaissance avec un longicorne local!

La longueur se termine avec un surplomb. Yves a bien tenté de faire passer Marc à gauche, mais en bon vieux routier, celui-ci aura vite compris qu'il était plus facile de passer à droite! ;)



Yves arrive au dernier relais et pourra ainsi profiter lui aussi du beau paysage! Dans la forêt en bas se trouve le camping!



un ami...


La descente commence et le premier obstacle se dresse bientôt devant nous : une longue descente (presque qu’une corde complète), abrupte, sur une corde fixe. Question de me sécuriser, je clip ma longe dans les boucles formées dans la corde. Il aurait finalement été plus simple de descendre en rappel!

Chemin faisant, on passe devant une fissure double! Marc lève la tête : wow! Yves précise qu’il s’agit de Slot Machine (5.8.). Il y a une cordée au pied de la voie, mais elle nous laisse la place. En fait, ils sont incapables de faire le début de la voie et ils abandonnent. Il n’en faut pas plus pour que Marc décide de se lancer dans la voie (enfin, la beauté de la ligne à elle seule suffisait): on leur installera une moulinette. Le départ de la voie est effectivement bizarre, et c’est seulement à force de recherches et surtout parce qu’Yves m’a pointé la prise de pied qu’il manquait que je réussis à le faire. Le soleil plombe et la chaleur est accablante. Le tout s’ajoutant à la fatigue de la journée, j’ai l’impression de mal grimper, toute écartillée que je suis, un pied et une main dans chacune des fissures. Pas trop élégant, mais Marc me rassurera : c’est comme ça qu’il fallait passer, en ajoutant : « c’était beau hein! ».

Marc m’offre la deuxième longueur, en 5.6. Mais je suis brûlée alors je lui laisse. Heureusement, car finalement, cette longueur en était une de trop…Il est temps de rentrer au camping! On redescend le sentier jusqu’à atteindre une autre section de cordes fixes : trois petites cette fois. Ça passe beaucoup mieux. Au camping, on file vers les sources d’eau. À défaut d’une piscine ou d’une douche, c’est mieux que rien pour se laver et éliminer toute la sueur de la journée. On a pas souvent eu chaud ici, dû surtout au fait que l’on grimpait à l’ombre…mais aujourd’hui c’aura été crevant!

Relais de la deuxième longueur de Slot Machine

Journée 5 étoiles!

Que faire aujourd’hui? Là est la question. En fait, il s’agit de notre plus grande préoccupation, surtout considérant qu’il ne pleut jamais! De mon côté, il y a encore plein de voies, très recommandées par le guide, à faire dans les Smoke Bluffs. C’est que des classiques, dans ce coin, il y en a pas mal. On se décide donc pour une journée aux Bluffs à courir les classiques, côtées 5 étoiles dans le guide.

La journée commence par Laughing Crack, une belle fissure, en 5.7. que l’on cochera rapidement. Après un coup d’œil sur The Zombi roof, on se retrouve devant le massif de Mosquito. Là, Marc part dans Mosquito (5.8.), suivi de Fred. Yves lead notre cordée, et suit Fred de près. Je me lance à mon tour dans cette belle fissure. Après quelques passages délicats et tout pleins de coincements de mains (je commence à être bonne dans ce type de coincements ;) ), j’arrive au relais. De là, Yves repars en tête faire Phlegmish Dance (5.8.). Le haut de cette fissure me donnera un peu plus de fil à retordre que la première voie. C’est qu’elle se termine avec une combinaison coincement et opposition…Moi qui adore faire des oppositions ;)…

Marc en tête dans Mosquito.


De là, je me fais redescendre. Les gars veulent faire la Smoke bluff connection, ce qui implique de faire Jabberwocky, une fissure en 5.10b…Je passe mon tour sur celle là. En bas, je remballe la corde et mes affaires, et je pars d’un pas décidé vers le secteur de Pixie Corner, le point d’arrivé de Jabberwocky. J’espère arriver avant les gars afn de prendre quelques photos, ce que je réussirai!

La preuve que je suis arrivée avant eux! ;)



Ka-ching, kaching! Les gars ont maintenant encaissé 20 étoiles aujourd’hui! Et c’est pas fini. Ils sont déjà dans Wonderland (5.9.) à la conquête de 5 autres étoiles!

La connection entre Jabberwocky et Wonderland...tout simplement aérien et très beau



Je prends une bouchée en attendant qu’ils reviennent. Pixie Corner (5.8.) est la prochaine voie sur la liste. La voie consiste en deux belles fissures à doigts parallèles. Le coin est peu adhérent et l’on est obligé de mettre les orteils en appui dans la fissure…douloureux à la longue! Le crux de la voie est constitué d’un surplomb. J’hésite, un peu..beaucoup…et fini par me faire prendre à sec. Marc, qui m’assure, me lance le bêta. « Ouin, mais la prise dont tu parles, Marc, elle est haute! » « Monte tes pieds »! « Monte tes pieds…j’veux ben, mais il n’y a rien… ». Les doigts coincés dans la fissure, je monte tranquillement les pieds sur la dalle : je finirai par avoir la longueur suffisante pour aller chercher une bonne prise de main plus haut et passer la difficulté!

Petit écart à la règle : Fred se lance dans Joe’s Crack (5.9.), qui n’a que 3 étoiles. On l’entendra forcer et critiquer la voie tout le long. En second, Marc passe sans difficultés, tout comme Yves, en tête. Marc leadera également The Locker (5.7.), aussi 3 étoiles seulement ;). Je le seconderai dans ce beau dièdre

Joe's Crack. Marc survole le passage que Fred avait trouvé "déplaisant"


On remballe le tout et cap sur le secteur voisin : Penny Lane. Deux objectifs : Quarryman et Penny Lane. Marc se lance d’abord dans Quarryman puis me demande si je veux la faire en tête. Hum…pas certaine…Je me souviens de la première tentative. Je finis par y aller…en moulinette. Après avoir mis une dizaine de minutes à enlever une mauvaise pro bien coincée (que Marc avait tenté de déloger en vain), je me retrouve là où j’avais « chocké » la première voie. Je passe le feuillet sans problème et je traverse vers la fissure diagonale…Hiii! Elle est pas mal plus verticale qu’elle en a l’air d’en bas! Impossible de la faire, les mains dans la fissure et les pieds sur la dalle, comme je pensais le faire! Il faut la faire en fissure, avec des coincements de mains et de pieds. Heureusement, j’ai eu la bonne idée de me taper les mains, précaution importante pour le mental! Je la passerai en me disant que j’avais bien fait de ne pas la faire en lead, et en réalisant que la première fois, en tête, j’avais arrêté à la bonne place!

Fred dans Quarryman


Puis les gars s’enlignent dans Penny Lane…Quelle belle classique…Pour ma part, je laisse tomber. Il fait chaud et je suis fatiguée de ma journée même si je n’ai fait que 6 voies. Ajoutons à cela qu’une fissure à doigts, pas mal verticale, constitue possiblement ma limite dans ce style…je sais que je ne me ferai pas de fun! Penny Lane, tu es très belle, mais ça sera pour une prochaine fois!

Marc? T'as pas oublié de quoi?


La journée fut bien remplie…Marc a fait un total de 11 voies, pour 51 étoiles…Yves et Fred , 10 voies…Avec tout ça, on mérite bien une Gélato…Aller! Venez Fred et Yves, on a un endroit à vous faire découvrir!

Journée de repos…

Le dimanche, Marc et moi décidons de prendre une journée de repos. Après une douche au centre sportif, on file au Hotspot, un centre « communautaire » offrant l’accès à internet pour 1$ la demie-heure. Ceci nous permettra de faire un backup de nos photos (les cartes commencent à être pleines), d’en downloader quelques unes sur notre compte Flickr et de mettre à jour (ou du moins, écrire quelques messages) notre blog. Déception! C’est jour de rénovation au Hotspot et donc fermé! Après une heure à la biblio (ce qui constitue le max de temps d’accès internet, par jour, que la bibli offre), un diner au resto, on rentre au camping. Marc fera une sieste.

Pour ma part, je récupère le crashpad, le livre-guide des blocs et je file dans le champs de bloc à a recherche de problème avec un landing intéressant. Le premier problème en vue est North Face directissima. Mais je ne le trouve pas. Je fini donc par me diriger vers le secteur de Easy Chair que je connais bien, avec l’intention de sortir Any Rock’ll do. Au moins, lui je sais où il est et de quoi il a l’air! Quelqu’un est déjà là, mais on décide de se partager le problème. Je mets mon crashpad à côté du sien ce qui permet de bien protéger cette traverse. Le problème ressemble à un V2 de ValDavid, mais avec un départ beaucoup moins « tricky » et une sortie facile grâce à la présence d’un bon pied. Je réussirai du premier essai!

Je remballe mes affaires, et après quelques minutes, je trouve un autre problème identifié dans le guide par un sourire (i.e. se fait bien seul avec un crashpad). Le problème ne m’apparaît pas intéressant et il est évident que je devrais le sortir rapidement…bref, je ne vois aucun intérêt à déplier le crashpad. Je pars donc à la recherche de Cheese Grater. Mais ce que je ne vois pas, c’est que deux problèmes portent ce nom dans le livre guide. Du coup, je cherche le mauvais, dans le mauvais secteur…Après sans doute un bon 15-20 minutes d’exploration, je laisse tomber. Je retourne vers le secteur de Black Dyke que je connais. Là, j’identifie un bloc, et question de ne pas me perdre à nouveaux dans la multitude de bloc, je suis le guide, bloc par bloc. Je trouve quelques problèmes à faire…mais avec un spotteur…Finalement…hein! Cheese Grater?!? Mais…c’était pas supposé être ailleurs ça? Je jette un coup d’œil au problème…issh…une dalle. Pis le landing? Pas super. Ça sera pour une autre fois, ça aussi!

Je reprends la route vers le camping, en faisant attention cette fois, question de trouver North Face directissima. Après tout, le problème se fait apparemment même si on est seul et il est côté 4*. Aussi bien mettre un peu d’effort pour le trouver. Ce qui se fera sans difficulté finalement! Je sors mes chaussons et enchaîne ce problème, du premier coup, mais avec un petit stress venant de l’absence de spotteur additionné à une certaine hauteur et surtout au fait qu’un de mes pieds a glissé!

Finalement, le bilan de cet après-midi est simple…Trouver un problème dans le champ de blocs est plus difficile que de sortir, à vue, un V1! ;)

Fissure 101

En ce samedi, Annie vient nous rejoindre, avec son ami Drew. Jasmin est également présent. La destination choisie est Octopus Garden, dans les Smoke bluffs. Le secteur est loin (20 min de marche d’approche c’est long ;) ) alors on espère qu’il y aura moins de monde.

Mais lorsqu’on arrive, deux cordées sont déjà présentes. Heureusement, elles ont pas mal tout fait ce qu’elle voulait faire et les voies seront bientôt libérées. Il y aura toutefois d’autres personnes qui arriveront tout au long de la journée, se qui aura obligé de faire la ligne dans certaines voies facile dont la classique : Octopus’ garden in the shade.

La paroi d’Octopus Garden n’est qu’une série de fissures, enlignées l’une à côté del’autre. Le moment où jamais d’apprendre la technique. Marc et Drew grimperont ensemble et sans arrêt. Jasmin a décidé de pousser ses limites avec Fred. Yves et moi, constituons la troisième cordée. Quant à Annie, une blessure au dos l’empêche de grimper : elle sera celle qui prend les photos et remonte le moral.

La première voie de la journée sera Edible panties. Le plus drôle dans cette voie, c’est que le guide lui attribue la cotation de 5.7., tout en précisant dans la description que le départ consiste en un mouvement « tricky », style bloc, en 5.9.! Yves lead la voie sans problème…C’est maintenant à mon tour! Bon…inutile de m’inquiéter, tout va bien aller…D’autant plus que, question d’avoir l’air d’une vraie grimpeuse de fissure, je me suis « tapée » les mains! La voie, dans un petit dièdre, se fait bien. Les coincements de mains sont nécessaires, mais pas sur toute la longueur, ce qui me permet de me rendre sans problème au sommet. Et de une! ;)

Des fissures, en voulez-vous? en voilà! Fred, en tête dans Root Canal. À droite, Pipe dream (5.8) et à gauche, Unearthly delight.


Yves s’envoie ensuite dans Root Canal, un 5.8. Sur ce coup, je passerai mon tour : la fissure est pas mal large..et les coincements de poings…ben j’suis pas encore certaine. J’irai donc mettre notre corde « en ligne » pour Octopus’ Garden in the shade (5.8). Cette ligne constitue le premier test de « vraie fissure ». Commençant sur un gros feuillet, la voie devient rapidement une fissure à main bien droite. Impossible de la travailler en dulfer. J’avancerai donc grâce à des coincements de mains. Ça tient, mais disons que l’insécurité face à cette technique demeure présente. Mais bon, la technique entre…et il n’y aura qu’à un moment où j’aurai demandé à Yves de me tenir serré…Vient finalement le dernier droit, plus vertical que le reste. Coincements de pieds obligés…Ouch! La fissure s’élargit sur le haut, ce qui rend plus difficile les coincements de mains, mais un bon équilibre permet finalement de grimper en ne se fiant que sur ses pieds. Quand j’arrive en haut, je pousse un cri de joie! Yes! Ma première vraie fissure grimper uniquement (ou presque avec des coincements de mains). Avant mon arrivée à Squamish, je n’avais jamais enligné plus de deux coincements dans une séquence! Je reste inconfortable avec des coincements, mais bon, je viens d’apprendre à faire des coincements de mains et à leur faire relativement confiance…un pas minime pour l’humanité, mais un grand pas pour moi! Ça mérite certainement une récompense!

Jasmin dans Octopus' Garden in the Shade...c'est-ti pas beau?



Tiens, d’ailleurs, Marc et Drew qui ont enchaîné voie par dessus voie parlent de crème glacée! Je laisse Fred, Yves et Jasmin aller se pomper entre mec et je me joins à Marc, Drew et sa copine. Cap sur la boutique de Gelato. Quelle bonne idée. C’est endroit est le paradis de la crème glacée, avec tellement de saveurs que l’on ne sera pas capable de toutes les goûter avant notre départ. Ah zut! Pourquoi a-t-il fallu qu’on ne découvre cette place qu’après une semaine! ;)

mardi 25 septembre 2007

Encore sur The Apron

Avant que la fin de semaine (et une foule de monde) arrive, on décide de faire une nouvelle journée dans une longue voie populaire, question de ne pas être obliger de faire la file. La destination : Calculus Crack, 5.8.. La voie constitue une grosse fissure s’étalant sur plusieurs longueurs. Je suis loin d’être certaine que j’ai le goût, mais les gars sont tellement motivés, que je me dis que ça devrait aller. Mais la tête n’est pas là. J’ai pas encore eu l’occasion de faire de fissure et je trouve un peu brutal d’aller faire mon expérience dans un multi-pitch. Ça me donne l’impression que c’est comme apprendre à nager dans le 12 pieds, au lieu du 3 pieds...pas trop tentant. Après une longueur au cours de laquelle j’ai tout fait pour éviter la fissure, je suis convaincue que je n’aurai aucun plaisir à faire cette voie. Marc et moi changeons les plans et filons vers Sparrow. Yves et Fred aussi changent leur plan, mais pour une autre voie en fissure : St-Vitus Dance.

Quand on arrive au bas de Sparrow, l’endroit est désert. Un coup d’oeil sur Dièdre permet de constater qu’il y a encore du monde dans cette voie! En fait, ça n’arrête pas...les cordées se succèdent avec constance dans cette belle ligne. Finalement, on a été chanceux de n’avoir qu’une cordée devant nous quand on l’a fait!

Eh oui, on va faire de la dalle ;)


Sparrow est une succession de dalles, la plupart en 5.9. Marc est dans son élément et grimpe rapidement. Derrière, j’apprends à lire la roche locale, à faire confiance à mes pieds et j’avance bien. La voie est belle, avec quelques pas délicats ici et là. Les premiers pitchs se passent bien et je me retrouve rapidement dans la 5e longueur. Ouf..pas facile. Dans le bas, la roche semble avoir été coupée au couteau et elle est très lisse. Marc, lors de se passage, m’avait averti de bien le surveiller, et je comprends finalement pourquoi! Je finirai par m’offrir une petite tricherie en mettant le pied sur une plaquette! Lorsque j’arrive au relais, Marc me demande le topo, question de voir où l’on s’en va pour le reste de la voie. Se faisant, on constatera que l’on s’est trompé de longueur et qu’on vient de faire la troisième de « One scoop with delicious Dimples ». Ça pouvait ben être très très délicat : on était dans une 5.10b!

Le reste se passe sans encombres, puis, à peine 2h30 après notre départ, on se retrouve sur le Broadway ledge. Ce qui nous donne une moyenne de près de 20 minutes par longueur! Wow on a fait vite! On mérite notre milkshake au Dairy Queen!

Marc dans la 6e longueur


Oui, t'es aussi bien de regarder où l'on va, question de rester dans la voie ;)


Cette voie marque un passage : je viens de réaliser que la roche à Squamish, elle est très adhérente finalement! :)

Snake (5.9.), The Apron

Pour une deuxième journée d’affilée, nous prenons la direction de The Apron. Nous ne sommes que trois, Yves ayant décidé de prendre une journée de repos. La voie visée est Snake. Le dièdre du premier pitch nous mène à une intrusion que l’on doit suivre pour passer un ressaut et atteindre le premier relais. De là, Marc effectue la deuxième longueur : une longue traverse délicate, en 5.9. et, comme plusieurs voies à Squamish, peu protégée. Incertaine, je finirai par passer sans problème la difficulté. La 3e longueur passe dans un dièdre et offre de la belle grimpe. Un petit ressaut, à quelques mètres du 3e relais, constitue la difficulté de la longueur.

Encore un dièdre dans la 4e longueur. Il faudra cependant sortir du confort qu’il offre pour effectuer une autre traverse. Mais pour l’atteindre, il faudra grimper avec précision : de l’eau ruisselle mouillant la partie de la voie menant à une fissure en diagonale. La prise de main est bonne, mais je dois faire attention où mettre les pieds pour ne pas mouillé la semelle de mes chaussons...c’est que ce qui suit est en dalle et je vais avoir besoin d’un maximum d’adhérence, d’autant plus que l’autre prise de main est pas mal loin. En cherchant ma séquence, je cris à Fred « tire pas trop », question qu’il ne me fasse pas décrocher de la paroi. Il fini par répondre : « ça va être plus facile si tu mets les pieds dans la fissure! » Marc et moi trouverons l’idée pas bête du tout..Je monte deux pas de plus dans le dièdre, et les pieds dans la fissure, je commence la traverse. Après deux mètres, on doit cependant se descendre question de remettre les mains dans la fissure, devenue tablette, et d’installer nos pieds sur la dalle. Si la première prise de main est bonne, la suivante l’est moins, et rien n’indique que l’autre prise de main est meilleure. Je dois donc compter sur mes pieds. Au prix de quelques « gémissements » d’incertitude qui feront dire à Marc « Hey! Tes souliers couinent », je réussis à traverser et à attraper une bonne prise. Deux trois pas, et je suis au relais.

La dernière longueur se fait sans problème et l’on se retrouve tous au sommet. De là, on doit prendre une dalle vers la gauche, atteindre un gully qui nous fera rejoindre la Broadway ledge qui nous permet de récupérer la trail de descente (la même que pour Dièdre). Chemin faisant, on voit une belle dalle complètement boltée. Wow, ça l’air bien! On consulte le guide : il s’agit de Form, un 5.10d. 5.10d...ah ouin? Ça l’air plus facile que ça. Même moi j’ai l’impression que je vais pouvoir la sortir. Fred se lance en tête...et finalement la voie révèle sa cote...Après avoir vu Fred tombé deux fois sur la première pro, je me dis que finalement, je vais passer par le gully. Je prends l’appareil photo de Marc (ayant oublié le mien dans l’auto :( ) et je pars rapidement, espérant arriver suffisamment tôt pour prendre quelques clichés de leur arrivée.

Le gully se trouve rapidement devant moi...Je commence à le grimper l’arrête menant à celui-ci...ouin, pas trop dure, mais quand même stressant considérant le vide qu’il y a sous nos pieds. L’arrête se transforme ensuite en gully, comprenant des ressauts un peu «offwidth ». Fred aimerait certainement, mais moi, pas trop. J’ai peur que mon sac à dos que j’ai accroché à mon harnais question de porter celui de Marc se coince. Et puis, j’suis toujours pogné, coincé dans la fissure à ne pas être capable de faire un move, ce qui m’oblige à redescendre un pas et reprendre la séquence différemment. Et mosus qu’il est long! Je finis par arriver sur le ledge. Pas de traces de Fred, ni de Marc. Pas un mot qui me permettrait de les localiser. Je finis par trouver, à l’aide du guide ce qui semble l’arrivée de la voie. Mais est-ce bien ça? Je ne vois personne.

Je me longue sur une plaquette et j’attends. Je finis par voir un casque blanc..mais!?! ce n’est pas celui de Fred. La tête complète de Marc fini par apparaître : ça sent le changement de leader. Après un mouvement en « artif », Marc passe ce qui était apparemment le crux pis arrive au relais. Fred suivra, passant le crux dans le style « batman ». Finalement, c’était vraiment une 5.10d!

Mises à jour!

De retour à la maison, j'ai pris le temps de revoir les messages écrit dans l'Ouest.

Les accents sont réapparus! J'ai également ajouté des détails à certains messages (destination Squamish, les blocs de Squamish et la pluie) et préciser le nom de problèmes ou des voies dans la plupart.

Et SURTOUT j'ai ajouté des photos. Notez que sur mon compte flickr il est possible d'avoir accès au format réel de toutes ses photos, et d'en visionner plusieurs qui ne se retrouve pas sur le blog.

Premier rendez-vous avec The Apron

5 septembre. Cette journée marque un tournant majeure dans le voyage...à partir de ce jour, le soleil sera toujours présent! Ce qui constitue un fait exceptionnel, mais, évidemment, très accueilli avec joie! Après quelques jours de « cragging », le temps est venu d’aller faire un multipitch. Il est temps pour nous d’aller fouler The Apron. Cette paroi offre une multitude d’itinéraires dont certains constituent des classiques. On ne discute pas très longtemps pour s’entendre sur la voie à faire : dièdre est une classique invitante avec son long dièdre s’étendant sur plusieurs longueurs et sa cotation (5.8.) plus qu’accessible.

Nous arrivons tôt, et pourtant, une cordée est déjà en place, malgré que l’on soit une journée de semaine. Mais on a tout de même sauvé les meubles. Peu de temps après nous se présentent deux autres cordées, pour cette même voie. Pour cette voie, Yves fera équipe avec Marc. Ils partiront les premiers. Fred et moi les suivront. Je me lance en tête dans la première longueur. Au début, tout va bien, mais bientôt la dalle se redresse et je suis, du coup, pas mal moins sûre de moi. Je ne me suis pas encore adaptée à la roche et j’ai l’impression que rien ne tiendra. Après avoir envisagé quelques options de ligne, je me rends à l’évidence que le mieux est de faire un relais intermédiaire. Fred fera le reste.

La deuxième longueur est une courte traverse en 5.6. Sa particularité : la longueur ne se protège pas! Je ne peux apercevoir le dessus de la vire où Yves traverse, mais à le voir aller, il semble y avoir de bons pieds. Je décide donc de refaire une tentative de lead. Après un long run out ;), j’atteins facilement le 2e relais.

Marc et Yves, au 2e relais


Nous y voilà enfin! Devant nous se dresse LE dièdre. Qu’il est beau! Marc a la chance d’être le premier à s’y lancer...après avoir fait quelques mètres, il se retourne vers nous et nous lance ce conseil : « et n’oubliez pas, un dièdre, c’est comme une dalle, mais en plus facile! » Compris Marc!



Yves dans la troisième longueur. Remarquez le dièdre qui s'étend toujours au loin...génial non?




Fred lead la 3e longueur pis finalement, j’attaque le dièdre. La ligne est belle et se fait bien. Si au moins j’avais confiance en mes pieds, ça serait encore plus facile...mais rien à faire. Marc a beau me dire que le granite est super adhérent, la roche polie par le passage des grimpeurs m’apparaît glissante. Fred m’offre le 4e pitch. Je décline cependant l’invitation : la dernière longueur s’est bien déroulée, mais en tête, c’est une autre histoire, et je préfère encore la sécurité et le confort du second. Bonne décision : le 4e pitch, bien qu’aussi beau que le troisième, est plus difficile...en fait, probablement plus soutenu. Je termine la longueur avec les bras commençant à pomper et les mollets qui chauffent.

Un regard à la 5e longueur me laisse croire qu’elle sera plus facile que les autres. Ce qui, selon le guide, est vrai...un 5.6. apparemment. Mais n’ayant pas pris le temps de lire le topo, je n’ai pu y lire le commentaire suivant : the angle in the corner kicks back, ce qui m’aurait peut-être envoyé comme signal de me tenir tranquille. Après deux pros, je me sens déjà inconfortable. Et je réalise que je devrai utiliser judicieusement mes cams : je n’ai qu’un rack simple. Quelques mètres plus loin, le fait de ne pas avoir des cams en double devient un stress de plus en plus difficile à gérer. La panique s’installe. Mais la possibilité de retraiter n’existe pas. J’essai de minimiser l’utilisation des petits cams alors quand j’en pose un, j’essai de voir s’il n’y a pas de coinceurs passifs qui feraient le travail. À un moment donné, les nerfs en boule, je finis par prendre mon tricam rose et je lui dis : là j’ai vraiment besoin de toi! Sauve moi! À moins de 15-20m du relais de départ, les nerfs finissent par flancher. Le nombre de coinceurs mécaniques est plus que faible et le relais n’est pas encore visible. En fait, il restait plus de la moitié de la longueur à faire. En pleurs, je continu cependant à avancer. Malgré tout, c’est encore la seule solution. Faire du surplace n’aiderait pas : je ne ferais qu’augmenter ma fatigue. Je commence à maudire Squamish et le trad, et je me dis qu’on ne m’y reprendrais plus : je retourne au sport et au bloc. Pis je prends la décision que dans d’aussi mauvaises conditions (comprendre avec un rack simple), je ne leaderai plus du voyage. Je fini par venir à bout de mes cams de petites dimensions. Devant moi, se dresse une dalle qui ne semble pas se protéger pendant un méchant bout. Il me faut donc protéger. Je finis par trouver un très mauvais endroit pour placer un coinceur. Le placement est mauvais. Mais je n’ai pas le choix...il n’y a rien d’autre. Après quelques mètres, le coinceur se défait de son placement et va rejoindre la protection précédente. Je suis maintenant dans un méchant run out...surtout que la dalle ne se protège toujours pas. Je dois donc atteindre le relais que je vois maintenant. Toujours en pleurs, je grimpe les derniers mètres. Je clip ma dégaine dans une plaquette et je tente de reprendre mon calme. Après 5 minutes, je finis par faire le relais pis assurer Fred.

Quand il arrive, il a presque tout le rack sur le dos...pas besoin de faire d’échange de matériel ;). Je ne fais que déplacer mon réverso sur mon harnais et le voilà qui file vers le sommet de la voie. Je rejoins bientôt tout le petit groupe...Encore trop sous le stress de mon lead, pour apprécier la voie que l’on vient de faire. Puis je regarde le paysage, la voie...Le calme finit par revenir en moi et me permet de voir les points positifs...Ouin, cette 5e longueur n’a pas été facile pour le moral...mais bon, malgré tout, je me suis rendue en haut. J’ai été suffisamment capable de contrôler mon stress pour réussir à grimper, placer les meilleures pro possibles et me rendre au relais. Bref, des longueurs comme ça, ça forge le caractère! Et, avec le recul, j’y trouve pas mal de positif...Et puis Dièdre? C’est une belle voie, une fichue belle voie que tous ceux qui passent par Squamish doivent aller faire!

Étions nous au bout de nos peines? Eh bien non! La descente, par la trail offre, ici et là, des difficultés que j’aurais fini par apprivoiser au fil de mes passages. Des passages délicats dans des petits gully ou « groove » comme certains disent. Et surtout un pierrier avec d’immenses blocs qui nous obligent à sauter de l’un à l’autre, se glisser sur les roches, ou carrément se jeter en bas...C’est là que tu regrettes de ne pas avoir amener ton crashpad

Marc, dans la première partie de la descente...il est possible de descendre par le space walk, une dalle peu inclinée et rejoindre le sentier plus bas (là où est Marc)...ou de garder la gauche...



Le sentier, dans sa partie centrale, nous fait passer au coeur de la forêt...C'est-ti pas beau ces gros arbres?

vendredi 14 septembre 2007

Murrin Park.


Fred, au sommet de Upper Malamute

Ce matin, la météo est encore incertaine mais optimiste: ça se dégage dans la journée. Parmi les endroits indiqués dans le guide, Murrin Park semble une bonne option après la pluie: les parois sont supposées sécher rapidement. Au stationnement du parc, on se retrouve devant un pépin. Malgré qu'il est indiqué que les barrières sont ouvertes de 7h a 21h, elles sont fermées. Il est pourtant près de 9h du matin. On attends quelques minutes et on discute du changement de plan. Pour le secteur de Upper Malamute, on aperçoit l'icône du séchoir dans le guide ce qui veut dire "sèche vite". Et on retrouve là une voie 5*, High Mountain Woody en 5.8+. Et voilà notre nouvelle destination.

Le chemin d'accès nous mène au sommet des parois. Yves, qui a déjà fait la voie, nous indique que la meilleure alternative est de mettre une corde fixe de descendre en rappel car même en utilisant le sentier, on doit faire un rappel de 20m. Fred descend, puis Marc, Yves et moi. Une fois tous rendu en bas le constat est rapide: le bas de la voie est encore mouillé, tout comme la voie que Yves et Marc voulaient faire. Fred tente de leader la voie, mais après quelques mètres, il se rend a l'évidence: c'est trop mouillé.

L'option? remonter sur corde jusqu’à la vire du 20m. Fred déjà engagé sera le premier à s'y rendre et installera la corde de 9,4mm sur la station de rappel: ça va moins étirer que la corde fixe de 8,5mm qu'on s'était installé. La tâche sera tout de même ardue! On fini par tous se retrouver au sommet de la voie: il est midi et on a toujours pas grimpé.

Les joies de la remontée sur corde!!! ;)


On remet donc le cap sur Murrin Park qui est maintenant ouvert (Marc avait d'ailleurs appelé le parc pour les informer que la barrière était fermée). Premier arrêt: Sugarloaf qui est complètement sec. On y retrouve, entre autres, deux 5.4. (Magnet et Little spark, deux voies 4*) que je leaderai question d'oublier les échecs de la veille. Défi du jour: essayer de ne protéger qu'avec des tricams et des coinceurs passifs! Marc et moi ferons également Stairway et Lieback crack, deux voies intéressantes, en 5.7. Après deux voies dans ce secteur, Fred et Yves partent pour celui de Brünser, question de faire World's toughest Milkman (en 5.9, 5*).

Marc, dans Magnet


Avant de les rejoindre et leur indiquer que notre journée est terminée, Marc se lance Orphan, une belle 5.8. qui ne semble pas donnée. Il fera d'ailleurs un petit pas en artif, se tirant sur l'une de ses pros. Et puis, plus tard, l'un de ses pieds glissera, ce qui est inhabituel chez Marc. Rien d'encourageant pour moi. Mais je le suis. Plusieurs fois, je me suis dit: je vais dire a Marc que je ne suis pas capable et de me redescendre. Et chaque fois, je me disais, ben essaie au moins. Puis ça passait...le surplomb, le rétablissement et la traverse délicate où le pied de Marc a glisse! J'arrive donc en haut bien heureuse!

Yves dans Orphan



On passe voir les gars, on les informe qu'on va faire un peu d'internet et l'épicerie: on les reprends plus tard!

Smoke bluffs

Le temps est incertain, le sol est mouillé...rien de mieux que de suivre les conseils d'Annie: l'endroit qui sèche le plus vite ce sont les Smoke bluffs alors on va là. Notre troupe s'y dirige donc en espérant que les voies vont finir par sécher! Les Smoke bluffs sont un ensemble de petites parois (>15) rapprochées. C’est comme à Val-David, mais en pas mal plus gros! Nous visiterons plusieurs de ces parois au cours de notre voyage...

Premier arrêt: Burger and Fries...La paroi, quoiqu'un tout petit peu humide semble se grimper. Il n'en faut pas plus pour que les sacs à dos s'ouvrent, laissant le matériel s'échapper. Les gars y feront quelques voies dont Wisecrack, Catch me et catch me quick. Dans mon cas, je partirai en lead dans Dusty Eyes (5.4).

Deuxième arrêt: Penny Lane. Ouin, la fissure est belle, mais c'est pas pour moi! du moins, aujourd'hui. Je repars avec Marc, pour Neat en cool, question de faire une belle classique: Cat crack (5.7.). Je l'essaie en tête pour me rendre compte que rien de marche. Au rythme où je mets les pros (soit une au m): je n'en aurai pas assez pour compléter la voie. Je me fait redescendre et Marc part en tête. Je seconderai cette voie, tout comme l'une de ses voisines: Sally Five Fingers (5.8.). Puis on retourne rejoindre les gars dans le secteur de Penny Lane.

Là, Fred est pogné dans une voie: surprenant! Il finira par prendre la dégaine comme prise de main!



Je jette un coup d'oeil à l'une des classiques: Quarryman (5.8) qui est près de se libérer. La voie se fait très bien dans la première partie puis après un passage en dülfer sur un flake, elle se termine dans une fissure en diagonale. D'en bas, la fissure semble se prendre bien...les mains dans la fissure et les pieds sur la dalle, ça devrait bien passer! Je me lance donc en tête. Tout va bien jusqu'au flake. Là, je deviens inconfortable à nouveau. Après avoir niaiser là 5 minutes, je me fais prendre a sec et redescendre...Il y a des jours comme ça où rien ne va!

Au loin, sur le lac, on aperçoit de gros nuages: il pleut. Fred se décide pour une dernière ligne. La pluie arrivera peu après qu'il soit redescendu, mais bon, il est deja 16h. Finalement, malgré la météo incertaine, on aura pu grimper!



Yes! maintenant au souper, question de faire les plans pour le lendemain!

Encore de la pluie

2 septembre: la pluie est au rendez-vous! Il semble que Fred et Marc nous aient amené le mauvais temps! En ce dimanche, nous recherchons deux choses: un accès internet et une douche. Dans les deux cas: la tache est ardue. Pour la douche, on arrive trop tôt au centre aquatique. L'autre option: le camping de R.V. à 5$ la douche. Mais comme ça fait tous quelques jours qu'on a pas pris une douche, ça ne fera pas de tort pour Yves et moi! On laisse Marc à la buanderie avec le linge sale de tout le monde et on file vers le camping.

Pour internet, un arrêt au "adventure center" nous indique que la bibliothèque municipale offre une heure gratuite par jour. Et miracle, contrairement à tous les commerces du coin, c'est ouvert! Le groupe s'y rend illico presto, question de reprendre contact avec leur monde et surtout jeter un coup d'oeil sur la météo à venir!

Après avoir espérer l'apparition du soleil, on se rend finalement a l'évidence: on ne grimpera pas aujourd'hui. Ce sera d'ailleurs la seule journée du voyage ou il nous aura pas été possible de grimper...on ne se plaindra donc pas.

Un arrêt assez long au Save on foods, du a leur allée complète de vrac...c'est fou comme ils ont du stock...un choix de noix a pu finir, des tonnes de bonbons pis a pratiquement tous les produits courant!

Puis retour au camping...Selon la météo, ça ne devrait pas être si pire que ça demain: bien hâte de voir ça!

jeudi 13 septembre 2007

Direction le Grand Wall




Le samedi, notre trio prend la destination de Merci Me, une 5.8 cotée certes 5 étoiles, mais également accompagnée d'un fantôme dans la description : la voie est apparemment épeurante! La première fois que j'ai entendu parler de cette voie, c'est par Arian. C'est la première voie dans laquelle il a amené sa compagne Isabel, au tout début de leur relation. Isabel commençait à grimper et elle a eu une grande frousse dans cette voie dont le départ, nous avait-elle dit, est déjà pas mal haut sur la paroi.

Effectivement, la marche d'approche nous amène au sommet de deux voies...Après quelques passages délicats, dont une dalle que l'on doit passer en utilisant une longue chaîne, on se retrouve en file pour le départ de Merci Me. Rapidement, une autre cordée se retrouvera derrière nous. C'est que Merci Me est également un passage obligé pour d'autres voies sur le Grand Wall dont Split Pillar et The Grand Wall. C'est donc embouteillé.

Annie, dans la marche d'approche (Yves, en arrière plan). Comme on ne savait pas à quoi s'attendre, on s'était encordé pour plus de sécurité.


On a le temps de jeter un coup d'oeil sur la voie qui consiste en un long "dyke" (désolée je ne connais pas le terme français), pas très protégé : 3 plaquettes en 40m indique le topo, pour la première longueur. La deuxième est un peu mieux protégée: 5 plaquettes. Yves leadera tout avec délicatesse et élégance. Annie et moi suivrons. La première longueur se passe bien: même si les prises sont polies, il y a des appuis francs. On se retrouve rapidement au premier relais.

Annie dans la première longueur


La deuxième longueur est un peu plus délicate (5.8 au lieu de 5.7...). Annie et moi hésiterons dans deux passages, des traverses dans les deux cas. Les mains sont rares et les pieds pas trop francs et relativement éloignés, ce qui nous oblige à faire de très bons transferts de poids. On arrivera au relais un peu stressées mais bien heureuses!

Annie dans la deuxième longueur


La voie est super belle! Je la conseille à qui veut bien se taper de très longs run outs...ou en second pour tous les autres.

De retour au camping, j'ouvre mon cellulaire: on attends un appel de Marc qui ne tarde pas à venir. Lui et Fred arrivent dans 2h30. Ce qui nous laisse le temps de dîner (même s'il est passe 3h) et d'aller faire une autre belle voie! La voie sélectionnée est Easter Island, une belle 5.8 en fissure :S. Yves la lead, et je tente mon coup après. Ouin...Si le départ style bloc ne me cause pas de problèmes, c'est différent pour la suite...Je constate rapidement que je ne suis pas dans mon élément naturel et je deviens inconfortable. Après des multiples hésitations, je me lance dans la fissure en diagonale qui se fait un peu en dülfer. Un petit ressaut et finalement la fin..Enfin!

Une fois en bas, la montre indique 17h45...on a tout juste le temps d'aller acheter de la bière froide et de rejoindre Marc et Fred qui devraient se pointer bientôt!

mercredi 12 septembre 2007

La pluie :(

Quoi de plus normal sur la côte ouest que d'avoir un temps pluvieux. Mais disons que pendant mon séjour, je m'en serais passé!

En ce jour pluvieux, Yves se joint à nous, son partenaire avec qui il grimpait depuis quelques jours étant reparti à Vancouver. Sur les conseils d'Annie, nous partons pour les Smoke Bluffs. Il pleut depuis la matinée, mais tant qu'à ne rien faire, aussi bien visiter le secteur. Et puis Annie nous a dit que les parois séchaient vite dans ce secteur, lorsque la pluie cesse : on aura donc peut-être l’opportunité de faire quelques voies, qui sait? On fait donc la grande boucle..très grande boucle, pour réaliser qu'il y a du stock dans les bluffs!

Peu après le dîner, la pluie cesse...mais le temps reste couvert. On continuera de marcher jusqu'aux alentours de 3h. On décide alors d'aller voir à Burger and Fries si la paroi a séché! Et oui!!! Miracle! C'est vers 4h que l'on grimpera enfin, pour mes premières voies à Squamish. La pluie a rendu le secteur, pourtant généralement très achalandé, complètement désert. À nous la paroi! Yves commence dans Burger and Fries, une belle classique en 5.7. que je seconderai.

Annie dans Burger and Fries



Puis je ferai mon premier lead: Wisecrack (5.7): une superbe ligne avec un beau dülfer sur un flake.

Yves, dans Wisecrack


On termine la courte journée dans Catch me Quick…ou Catch me quicker, selon le livre-guide utilisé. Cette belle fissure commence avec une partie très délicateé À voir les pieds de Yves, généralement stables, glisser, je me demande comme je pourrai passer ce crux. Le tout se passera très bien, et je me retrouverai rapidement dans la seconde partie, plus facile et tout simplement très agréable à grimper.

Yves, dans Catch me Quick


Malgré le mauvais temps, on aura pu toucher la roche! C'est parti les amis!

dimanche 9 septembre 2007

Les blocs de Squamish


le Chief vu du champs de bloc.

En ce jeudi, la destination est à quelques pas du camping: les blocs situés à la base du Chief!

Deux amies d'Annie nous rejoignent...une autre Annie et Pam qui sera une très bonne guide. On commence par ce qui est probablement le V0 le plus classique de la place: Squamish Day. C'est incroyable comme les sends de ce problème s'enchainent..il y a toujours du monde en train de le faire...souvent comme réchaud...Suis ensuite la variante Squamish day traverse, supposément en V2, mais à mon avis, à peine plus difficile.

Annie dans Squamish day


L'autre secteur visité fut celui d'Easy Chair. Après avoir sendé Dyke surfer (V0), un beau problème, légèrement technique, je sors Malaria (V0+).

Pam dans Malaria


Pam, Annie et sa fille devant Dyke surfer


Je me suis trouve quelques projets dont un V1/V2 avec un dyno (Largonian Bulge) et un autre V2. (Backtrack).

A la fin de la journée, quand Pam et Annie (l'autre) repartent à la maison...Annie et moi, prendrons le temps de visiter le secteur. Les recherches sur le Cacodemon boulder, afin de trouver l'endroit où un gros flake a été arraché récemment, nous amènerons à découvrir un mur complètement chippé...avec une voie en beaux monodoigts réguliers et même des prises vissées!?! On tombera sur un beau problème, considéré comme une classique: Any Rock'll do, que j'espère avoir le temps d'essayer d'ici la fin du séjour. Puis, question de voir de quoi ça l'air un V11, on ira jeter un coup d'oeil au problème Sharma's Cave...hiiii ça pas l'air facile!

La journée tire à sa fin...il faut se garder des forces pour demain!

En route vers Squamish!

Le mercredi 29, mon père me dépose à l'aéroport à 7h45...Encore 1h15 avant le départ vers Vancouver, départ plus précipité que prévu! Effectivement, Dans ma tête, le 29, c'était le jeudi...Alors lundi en fin de journée, quand j'ai réalisé que je devais prendre l'avion une journée plus tôt que prévu...disons que les choses se sont bousculées ;)

J'arrive à Vancouver vers 12h20. Annie m'attend. On récupère les bagages et l’on file sur Vancouver...direction océan...Chemin faisant, je regarde tout autour de moi...il y a des montagnes partout!!! Le Pacifique sera bientôt devant moi...j'ai maintenant vu deux des océans bordant le Canada...à quand l'Arctique?!?

Après avoir dîné et récupéré son matériel, on prend la direction de Squamish...Wow... y'a des palmiers à Vancouver!

Après quelques arrêts, on se retrouve finalement au camping du Chief. Pas de traces d’Yves...on lui laisse un message, et après avoir installé nos tentes, on file vers le champ de blocs. Il est 19h30 : ça nous laisse donc 30 minutes de grimpe! On s'arrête dans le secteur le plus près, soit Titanic. Le premier bloc grimpé, un V0, n'a malheureusement pas de nom :(. Comme plusieurs problèmes, il s'agit de grimper une intrusion (dyke). Viens ensuite un problème intéressant, avec un départ debout délicat, Twister (V1) puis une dalle en V0- (Dumb slam). Les deux derniers problèmes, soit un V0+ et un V1, tous deux sans nom, sont situés sur un autre bloc, soit Made in the shade boulder. Après avoir onsighter tous ses problèmes, on retourne souper... Le séjour commence bien ;)