samedi 28 juillet 2007

Du bloc, du bloc et encore du bloc!

Basée à Québec pendant un peu plus de 2 semaines, je pensais avoir le temps de visiter de nouvelles parois (Champlain, Vieux Stoneham) ou d’aller revoir le lac long ou les grands jardins. Eh bien non! Mon séjour à Québec sera surtout synonyme de bloc.

D’abord une sortie au Vieux Stoneham avec Louis à la faveur d’un beau vendredi après-midi. Un beau petit site, avec des blocs pas mal abrasifs ;) J’aurai tenté quelques belles lignes en V0-V1. Ma surprise de la journée est lorsqu’en faisant le V1, mes deux pieds ont lâché, alors que j’étais sur des prises sur lesquelles je ne pensais pas réussir à tenir ainsi…le temps de replacer mes pieds et j’étais repartie vers la sortie! J’ai également essayé ce qui est un V3, une traverse avec des sloppers. J’aurai malgré tout été capable d’enchaîner quelques mouvements de la séquence! On aura terminé la journée à un V5, un projet de Louis.

Une autre journée avec Louis, à brosser cette fois! Une petite contribution personnelle au développement d’un site qui a un potentiel intéressant. Les quelques heures que nous aurons passé là nous auront permis de brosser 4-5 lignes. Étoile noire, un V1, est né!

Puis, tant qu’à être à Québec, pourquoi ne pas aller visiter le bloc « perdu » de Ste-Catherine de la Jacques-Cartier. Un immense bloc, que l’on finit par trouver en suivant les lignes électriques. La roche est intéressante, tout comme l’inclinaison. La sortie ressemble à Cracodile, arrondie et très haute. Les problèmes sont un peu au-dessus de ma limite, mais travailler avec des prises plus petites que ce que j’ai l’habitude de faire ne peut être que profitable. Pendant que Mike et moi avons travaillé les lignes complètement à gauche, ou complètement à droite, Bas, Frank et Chuck se sont attardés sur Épaulé-Jetté, un V9.

Pour une idée des directions pour se rendre au bloc de Ste-Catherine consulter le site de Stikkit.

Chuck, dans ce qui est possiblement un V3


Bas, à la sortie de ce même problème


Frank, dans Épaulé-Jetté

L'écologie...

Lorsque l’on rencontre de nouvelles personnes, la question de notre profession vient assurément sur le tapis. C’est l’une des nombreuses questions peu engagentes qui permettent de combler la conversation. Je ne sais pas pour les autres, mais dans mon cas, la question m’embête toujours un peu. Je suis écologiste de formation…mais j’hésite toujours à le dire ainsi parce que dans l’imaginaire populaire, écologiste = greenpeace, ou encore tout mouvement environnementaliste, plus ou moins extrême (mais souvent êxtrême), ou une personne très verte prête à décapiter quiconque s’attaquera à un animal ou une plante verte! Alors souvent, je vais tout simplement répondre que je suis biologiste. Pour la plupart des gens cela suffit. Ils n’ont pas d’image précise de ce qu’est un biologiste, mais ils peuvent imaginer que c’est en relation avec le monde du vivant! Mais dans le fond, ça veut rien dire. Parce que « biologie » est un terme qui englobe beaucoup trop..est biologiste l’écologiste, le mammalogiste, le zoologiste, le biologiste aquatique, forestier ou animal, l’entomologiste, le botaniste, le biologiste cellulaire ou moléculaire, le biologiste médicale, le toxicologiste ou écotoxicologiste, le biochimiste, l’anatomiste, le physiologiste (animal ou végétal), l’ornithologue, le taxonomiste, le généticien, le microbiologiste, le virologiste, l’immunologiste, le biologiste de l’évolution ou de la conservation, l’environnementaliste, le bioinformaticien…et j’en passe…Et entre l’écologiste qui travaille sur les écosystèmes et le biologiste cellulaire, qui travaille sur l’ADN, il y a un monde.

Cet hiver, un article écrit par deux chercheurs, dans le bulletin de l’association des biologistes du Québec m’a permis de constater que je n’étais pas la seule à trouver que le mot « écologie » était mal utilisé…Je vous en retranscris ici quelques passages.

« L’écologie est une science : ce n’est ni une philosophie, ni une façon d’être ou de penser et encore moins une panacée de ce qui est bien ou bon pour la planète. Ainsi, dire qu’une action est cologique n’a pas plus de sens que de dire qu’elle est mathématique, physique ou chimique!

[…]

Le terme écologie vient de deux mots grecs : oikos qui signifie « maison » et logos qui signifie « étude ». La science de l’écologie porte donc sur les interactions entre les êtres vivants et les environnement dans lesquels on les trouve.

[…]
En s’attardant aux relations entre les organismes et leurs environnements, l’écologie nous a permis de voir l’impact que l’humain peut avoir sur la Nature. Ellee nous a fait prendre conscience du fait que nous ne vivons pas en vase clos et qu’une action ponctuelle à nécessairement des répercussion à plusieurs échelles temporelles et spatiales.

[…]
L’écologie nous permet de comprendre que le fait de remplir un marais, de couper un bout de forêt plusieurs fois centenaire, d’introduire de nouvelles espèces […] sont autant de perturbations qui auront des répercussions. Il devient impossible d’évaluer l’impact d’un de ces projets en tenant compte uniquement de l’endroit où se situe le projet et en l’évaluant à court terme.

[…]
Ainsi, le fait de dire qu’ « il n’est pas écologique de faire de la coupe à blanc car cela détruit la forêt » et que « l’auto n’est pas écologique car elle détruit la planète » est complètement faux! Le discours écologiste serait plutôt que : « la coupe à blanc permet aux jeunes arbres de s’établir et de croître, libère les ressources eaux, nutriments et lumière et favorise certaines espèces végétales plutôt que d’autres » ou encore, que « l’utilisation de l’auto libère des gaz qui modifient le climat et donc, la distribution des organismes vivants sur la planète », En revanche, le véritable discours de environnementaliste serais plutôt que :la coupe à blanc détruit des vieilles forêts majestueuses, produits de jeunes forêts moins intéressantes et élimine des habitats pour des espèces que nous apprécions » ou encore « que l’auto pollue en libérant du CO2 qui contribuent aux changements climatiques, ce qui risque d’affecter nos habitudes de vie et d’éliminer des espèces que nous aimons observer ».

[…]
L’écologiste, en fournissant un cadre scientifique rigoureux et intégrateur, peut nous aider à expliquer les conséquences biologiques de nos décisions politiques ou économiques […]. Il faut cependant se garder d’en faire une référence morale car cela pourrait ouvrir la porte aux pires abus.


Extrait de : Messier, C. et Poulin, J. 2007. L’écologie, la science qui permet de décoder son environnement. In Vivo. 27(1) : 8-9

Note : malgré l’utilisation du terme par les auteurs, il ne se fait plus de coupe à blanc au Québec depuis 1987.

Chicoutimi jours 2 et 3

La météo n’aura pas été de notre bord, pour le restant de la fin de semaine. Si le soleil était présent le dimanche au matin, les nuages apparurent dès que nous décidâmes d’aller grimper. Le temps pour Bas et moi d’aller rencontrer Pierre et Nic à Cracodile, le soleil revient faisant renaître l’espoir d’une grimpe possible. On retourna chez Jasmin, aller chercher le reste de l’équipe…mais de retour à la paroi, la pluie reprend de plus belle…ça sera ainsi toute la journée.

On mit donc le cap sur l’épicerie et surtout la SAQ, question d’aller chercher des provisions pour passer la journée. Nous sommes retournés chez Jasmin avec plus de 4 bouteilles de vin, 1 de porto, 2kg de steak haché, de quoi faire des nachos, une salade, des bruchettas et surtout…30$ de jujubes! Le restant de la journée fut passé à se gaver de nachos et de jujubes, à boire et à jouer au Jenka! On n’a même pas touché au mur d’escalade intérieur de Jasmin!

À la faveur de quelques nuages, Édith et moi réussissons à faire lever les gars pour une autre tentative à Cracodile. La chance nous sourit le temps que les gars fassent quelques essaies. Après deux essais, Bas était presque qu’au sommet…mais la hauteur le figea un peu…c’est que la sortie est franchement haute et les prises pas mal « slopper ». Et comble de malheur, la pluie pointe à nouveau nez…Après quelques minutes passées à l’abri du bloc, on décide de partir. L’eau s’est infiltré : aucun essai ne sera possible à cours terme.

La journée s’achèvera comme elle a commencé avec de la bouffe (santé cette fois, Frank ayant préparé une bruschetta, et moi, une salade de poivrons), des jujubes, de la boisson et un jeu de jenga!

Le lendemain, après avoir nettoyer la maison, on met le cap, à nouveau sur le secteur du 24h. Édith et moi y grimperons. Étrangement, lors de son séjour précédent, Édith n’avait pas eu l’occasion de grimper. Nous y ferons Heure de point (5.6). en tête pour ensuite mettre la corde dans 17h pm. (5.8.), une ligne que même moi, au cours des 4 années passées à Chicoutimi, je n’avais pas essayé! Alors que j’allais à nouveau changer le relais de place, la pluie arriva. Je redescendis, et l’on décida d’aller rejoindre les gars. Même s’il cessait de mouiller un peu dans les prochaines minutes, il faudrait de toute façon attendre un peu le temps que ça sèche.

Les gars étaient à tenter une nouvelle ligne sur le bloc de Cracodile. Ils partaient dans la même fissure horizontale que pour cracodile, mais au lieu de la suivre vers la gauche, ils allaient directement vers le haut. D’un mouvement dynamique, ils stickaient, je ne sais pas quoi! Édith et moi eurent beau regarder, on n’a jamais compris sur quoi ils tenaient! Ils finirent par se rendre compte que leurs essais ne les menaient à rien et réessayèrent cracodile...Frank et Bas se rendirent à nouveaux à quelques pas de la sortie, mais rien à faire! Quand Édith et moi repartîmes pour Montréal, le problème n’avait pas encore vu de seconde ascension.

Après un arrêt au McDo (question de terminer la fin de semaine sur une note santé ;) ), on mis le cap vers le sud où Édith me laissa à l’ile d’Orléans, avant de poursuivre vers Montréal.

Finalement, nous aurons peu grimpé au cours de cette fin de semaine. Malgré tout, ni une ni l’autre ne regrettons notre voyage. Cette excursion à Chicoutimi nous aura permis de revoir Boris, Benoit, Pierre et Jasmin. Dommage que ce dernier eu une compétition de vélo à aller voir à St-Félicien, et surtout dommage que son auto eu brisée, l’empêchant de revenir nous rejoindre le lundi. Nous avons également fait plus ample connaissance avec trois nouveaux amis. Trois gars ben cool, tous plus différents les uns des autres, avec qui on aura passé une très belle journée à végéter et à manger des tonnes de cochonneries!

Note: Même si le secteur de blocs le plus connu de Chicoutimi est celui de "The beach". Plusieurs blocs ont été ouverts ailleurs, dont plusieurs dans le secteur Dubuc. Le bloc de Cracodile, d'une hauteur de 4m, est situé à moins de 5 minutes à l'ouest du 24h. Trois lignes y sont ouvertes, donc Cracodile (V7+) que seul son ouvreur, Benoit Chayer, a réussi. Le bloc est donc toujours, à l'heure actuelle, en attente d'une seconde ascension. Encore plus à l'Ouest, dautres blocs ont été ouverts par Nicolas Gaudreault, un grimpeur de la région. Ces blocs n'apparaissent toutefois pas dans le livre-guide de la région (ouvert trop tardivement dans le processus d'édition du guide).

jeudi 19 juillet 2007

Chicoutimi…jour 1

Après avoir flâner quelques temps chez Jasmin, la troupe finit par se mettre en branle. Destination, le forum où Jean-Daniel aimerait bien aller essayer Dichotomie (5.11b). C’est pas mon endroit préféré (le manque d’adhérence y ait pour quelque chose ;) ), mais l’endroit va plaire à tout le monde.

Tranquillement, les gens commencent à mettre leur harnais, préparer les cordes et dégaines…Pendant ce temps, Bas installe confortablement son crashpad : il va pas grimper beaucoup celui-là ;)

Question de se réchauffer, J-Daniel s’enligne sur Zamboni (5.10a). Il aura la même réaction que tout le monde « merde! Il a donc ben des plaquettes en bas! Vous auriez pu en mettre moins… ». Ouin, peut-être! Alors que je regardais ailleurs, j’entends le son d’un grimpeur qui tombe! Je me retourne! Hey…JDaniel était tombé au niveau de la 2e plaquette. Il venait de comprendre pourquoi on en avait mis tant ;). En arrière, Pierre s’écria : cette voie s’appelle aussi « bienvenue à Chicoutimi! ». J.Daniel repris sa grimpe et arriva à la troisième plaquette! Le move! Celui que chaque fois que Jasmin le fait, on l’entend chiâler : « sti de move lette! ». Va-t-on, pour la première fois, voir quelqu’un le passer avec élégance..mais non, ça sera pour une autre fois.

Et ce n’est pas moi qui allait réussir…C’est drôle comme dans la vie, les souvenirs que l’on a de certaines choses diffèrent de la réalité…ou dépendent du contexte du moment. La dernière fois que j’avais fait Zamboni, je l’avais enchaînée sans problème, au point où je m’étais dit que j’aurais dû la faire en tête. Dans mes souvenirs, une fois la 4 ou 5e plaquette atteinte, l’affaire était dans le sac. Et pourtant, à la refaire, tous les mouvements étaient délicats, tout était difficile…Ouin…j’en avais perdu de la forme, ou de la confiance depuis cette année là, où Édith et moi avions atteint un niveau plus qu’intéressant de grimpe! Mais bon, malgré tout, je réussis à sortir la voie..en prenant quoi? 3 ou max 4 « à sec ». J’étais donc contente. Cette 5.10 constituait ma première 5.10 depuis deux ans! Finalement, ce niveau n’était pas si innaccessible.

Après une voie, Frank, JDaniel et Bas décidèrent d’aller faire du bloc dans le secteur The Beach. Ils y avaient trouvé, la veille, un problème à travailler.

Quand Chuck eut fini toutes les voies du Forum, puis la Joti (sur les Marshmallow), on se dirigea vers la Croix pour y faire l’enchainement déchainant. Les deux bloqueux (JDaniel étant parti plus tôt) nous y retrouvèrent. Pendant qu’Édith réalisait à son tour, en grimpant l’enchainement déchainant qu’elle n’avait pas la même forme qu’il y a deux ans, je m’essayai sur un V1 (eh oui, il y a un bloc caché dans le bois derrière la Croix). En vain!

On finit par partir…Il était trop tard pour la SAQ ☹! Toute la gang, ou presque, pris le chemin de chez Jasmin, après un arrêt à l’épicerie. Burger et bière seront au rendez-vous. JDaniel vint nous rejoindre après son souper de famille…On sera donc 6 à veiller tard avec Jasmin, et à squatter son sous-sol. La météo annonce de la pluie pour le lendemain, espérons qu’elle aura tort.

Nota : Le 24 juin dernier, notre ami Jasmin a passé le cap du 30 ans. On s’était donc mis quelques uns ensemble pour lui acheter un cadeau. Ça ne pris pas grand temps à Jasmin, une fois qu’il eu déballer le cadeau, pour aller installer ce qui est certainement l’une des plus belles prises de DélireHolds, l’un de ses masques : le nez! Pour ceux que ça intéresse, cette petite entreprise, mise sur pied par Jeff Beaulieu et Lisa Lajoie, offre une belle variété de prises, mais également des cours d’escalade. À découvrir : http://www.delireholds.com

La sortie de piscine de Zamboni en fait sacrer plus d'un ;)



Boris, à gauche, s'enligne dans Attaque à cinq (5.10a) pendant que Ben part en tête dans Dichotomie


Charles, dans la Joti...

Fin de semaine à Chicoutimi...1

La fête du Canada avec son congé de trois jours nous offrait, à Édith et moi, l’occasion de monter à Chicoutimi. C’est la première fois qu’on y retournait ensemble afin d’y grimper en roche, depuis l’été 2005.

Après une nuit sur l’île d’Orléans, on prend la direction de Chicoutimi. On essaie de rejoindre Pierre ou Jasmin, pour les avertir de notre arrivée, mais rien à faire…ça ne répond pas. Pierre fini par nous rappeler alors que nous approchons de Laterrière: ouf! Il attends lui aussi des nouvelles de Jasmin… « mais qu’est-ce qu’il fait? Penses-tu qu’ils sont déjà partis grimper, sans m’avertir » me demande Pierre? Mais voyons…voir si Jasmin aurait fait ça! Pierre me donne alors le numéro de Jas à la maison, et m’informe que Sebastien, Frank et Chuck sont arrivés la veille!

Du coup, en appelant chez Jasmin, je réveille toute la gang! Lol! Il est donc évident que le point de rendez-vous sera chez Jasmin. À peine le téléphone raccrocher qu’il resonne. Jean-Daniel affiche mon afficheur! Ah ouin?!? Celui-ci se trouve à Chicoutimi. Il est bien content que quelqu’un lui réponde enfin. On se donne rendez-vous dans le stationnement de Chlorophylle d’où il me suivra jusqu’à chez Jas. Rapidement, on fut sept chez Jasmin, à se demander ce que l'on ferait de notre journée.

Avec Boris, qui se joignait également à nous pour la journée (et Ben, que Frank et Jean-Daniel avait trouvé au Atmosphère), la journée s’annonçait belle! Et ce, malgré le froid qui nous avait frappé de plein fouet à notre arrivée à Chicoutimi et qui nous avait obligé à troquer nos camisoles pour des chadails à manches longues...et à emprunter des vêtements chauds!

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Quelques informations...

Chicoutimi est certainement le plus belle place d'escalade urbaine au Québec. À dix minutes du centre ville, se trouve au moins une dizaine de parois. Les secteurs visités au cours de la fin de semaine ont été ceux du Forum/Marshmallow, la Croix de Ste-Anne, le 24h.

Le forum/marshmallow est une belle paroi rose et très très glissante...le marshmallow plus que le forum. Secteur d'escalade sportive (surtout), il regroupe des voies de niveaux 5.10 en montant (à l'exception d'une 5.7 et d'une 5.8). Le peu d'adhérence de la voie oblige à grimper avec technique et surprend les grimeurs de l'extérieur. Mais les parois sont de toutes beauté.

La croix est le secteur pour l'initiation...Celui le plus achalandé. Le trad se mêle avec le sport. Plusieurs voies très accessibles s'y trouve. Pour les grimpeurs de bon niveau, la classique est un 5.11: l'enchaînement déchainant.

Finalement, le 24h c'est le spot pour grimper de soir en début et en fin de saison puisqu'on peut y grimper même si le soleil se couche tôt due à la présence de lampadaire.

mercredi 18 juillet 2007

Tradeux...le temps d'une journée.



Lorsque ce printemps, Ironcindy traita les 'bloqueux" d'hérétique, parce qu'il planifiait d'aller aux Gunks pour faire...du bloc, Baschaos lui avait répondu " Jamais personne m'as inviter à aller faire de multi-pitch donc j'ai jamais expérimenter ça (si tu veux m'inviter j'en serais ravi)". Et il renchérit en écrivant: Mais j'aimerais bien que qqn qui s'y connait m'invite un moment donné pour faire un multi-pitch (a part un harnais, des varappes, un sac à poff et quelques dégaine j'ai rien par exemple.). Je lui avais alors promis de l’amener aux Grands-Jardins. Eh bien chose promis, chose due! C’est le lundi 25 juin que l’on prend la direction du dôme pour le baptême des hauteurs de Sébastien. Chuck et Frank, des amis de Sébas étaient également de la partie.

Le plan de match était simple : je leadais…il suivait! Seule restriction imposée : les relais devaient être sur protections fixes. Mon choix s’était donc porté sur deux voies, largement sous le niveau de Sébas. Ça lui permettrait de n’avoir qu’à gérer « sa peur de hauteur », sans avoir à se préoccuper trop trop de chercher les séquences. D’abord la voie d’évitement : une longue fissure de trois longueurs, en diagonale. Le choix de cette voie s’était fait naturellement. C’est dans cette ligne que j’avais fait mon premier multi-pitch. À l’époque, j’avais encore très peur en escalade et pourtant, je me souviens n’avoir jamais ressenti la hauteur lorsque je l’avais grimpée pour la première fois. Je m’étais dit qu’il en serait certainement de même.

Le deuxième choix était un incontournable : la granuleuse. Impossible de passer à côté de cette classique du Dôme. En plus, il était dans mes projets de la leader une première fois au courant de l’été.

La première voie qu’on voulait faire était justement la Granuleuse. Mais lorsqu’on arriva en bas de la paroi, déjà deux cordées étaient engagées dans la voie…et comme elles ne semblaient pas rapides, nous étions aussi bien d’aller ailleurs. La première voie de Sébas en multipitch sera donc « La voie d’évitement, 5.6., 120m».

Avant de partir, étape bien importante : transformer le bloquiste en ce qui peut ressembler à un grimpeur de trad…Pour ce faire, j’avais amené un second casque que je lui prêta. On ajouta à son harnais une longe, une cordelette à prussik et…bien important! un décoinceur…l’outil parfait du tradeux! Après quelques conseils d’usage et la vérification copain-copain, j’étais prête à partir (surtout que j’avais hâte de mettre de la distance entre moi et les moustiques!). Mais dernière vérification : pis Bas, prêts? Mais ai-je besoin de m’inquiéter? D’autant plus que Sébas avait l’air pas mal serein…on sera certainement en haut en 2 temps, 3 mouvements et sans problème.!

J’arrivai rapidement et sans problème au premier relais. J’installai mon toucan en mode autobloquant et préparai mon appareil photo. C’était maintenant au tour de Sébas de s’engager dans la voie. Il ne me restait plus qu’à espérer que le vertige ne le poursuivrait pas et qu’il aimerait l’expérience. À la 2e ou 3e pros, un gros cam no 3, il eu un peu de difficulté. En le voyant « gosser » après la cam, je n’ai pu m’empêcher d’avoir un sourire en coin…C’est toujours drôle de voir nos seconds s’acharner sur nos pros…. Mais, malheureusement ( ;-) ) ce fut là mal seule occasion de « rire » puisqu’il réussit sans problème à enlever toutes les autres pros. Même celles que j’avais passé par des chemins étroits et précis ne lui avait pas résistées. Je n’ai donc pu satisfaire à la demande spéciale de Frank, de lui jammer solide un tricam…

Bas, tout près du premier relais...et pas du tout traumatisé. Cool!


Il arriva au premier relais sans problème et sans remarquer la hauteur. La glace était cassée. Les deux autres longueurs s’enchaînèrent rapidement. Le temps, au 2e relais, de lui faire constater qu’il n’avait jamais été aussi haut, d’admirer le paysage et nous étions au sommet de la voie, prêts pour le rappel!

Au sommet de la voie d'évitement...Remarquez le look tradeux...Quand même pas pire non? ;)



De retour au pied de la paroi, on retrouve Frank, Chuck et les maringouins. La Granuleuse était libre. Yes! En route donc pour la dalle et les trous caractéristiques du Dôme! La voie risquant d’être plus, disons…délicate, Sebas a décidé de mettre ses chaussons…de vieux chaussons, percés au niveau du gros orteil! Il avait pris très au mot le message de Cindy qui lui avait dit de ne pas apporter ses « madrocks »! ;)

Après un peu de « routes finding », j’arrivai au premier, puis au deuxième relais. Contrairement à la première voie, cette fois-ci, les moustiques et les mouches nous suivaient. À chaque fois que l’on faisait une longueur, on espérait les semer, et chaque fois, on était déçu.

Sebastien dans la deuxième longueur de la Granuleuse...Hey Bas...as-tu vu comme tu es haut?


La troisième longueur était pour moi celle qui représentait le plus grand défi. J’avais encore en tête les impressions que j’avais eu, trois ans auparavant, quand je l’avais fait pour la première fois. La traverse de départ me faisait un peu peur…même, si en la regardant, elle m’apparaissait finalement très accessible. Et puis, je me suis quand même amélioré depuis trois ans! ;) Avant de partir, j’avertis Sebas : tu vas voir, juste à la fin de la voie, il y a une section verticale…pas très haute, c’est juste que ça fait bizarre du vertical, après 3 longueurs de dalle!

D’ailleurs, ce passage me stressa un peu. J’avais fait une gaffe quelques 3 pros plus bas, en oubliant d’allonger la dégaine. Celle-ci faisait du drag dans la corde qui fut difficile à clipper. J’avais peur que le drag me nuise dans le passage, qui me stressait quand même un ti-peu…juste assez pour faire trembler mes jambes…ok…c’est pas fort, je sais! ;) Bas, lui, le passa sans encombre…oubliant presque de déclipper la corde. Une dernière photo, celle du sommet, et on descendit attendre les autres, à l’INTÉRIEUR du chalet…question de se soustraire aux piqûres des insectes.



On attendit longtemps, très longtemps, les gars, qui avaient troqué la tache blanche pour la voie d’évitement! Quand on fini par lever les voiles, il était presque 8h! La journée avait été longue (presque 12 heures) mais très enrichissante et très belle.

mercredi 11 juillet 2007

La St-Jean à Québec.

Pour la longue fin de semaine de la fête nationale, mon amie Édith avait décidé de prendre également congé, le vendredi, avec la ferme intention d’aller grimper. La destination : Québec, pour lui faire découvrir la très belle paroi de Val Bélair. À 6h30 am, le téléphone sonne. Edith, encore endormie, s’inquiète de la température. À Montréal, le ciel est gris, mais je la rassure : à Québec, il fera beau! …du moins…je l’espère!

Lorsque l’on arrive à Québec, le ciel est couvert de gros nuages moutonneux, il vente fort, on gèle mais pas de pluie à l’horizon. Aujourd’hui, je vais donc pouvoir exploiter le site davantage que lors de ma dernière visite. Guide à la main, Édith et moi faisons le tour de la paroi. Les lignes sont belles et les choix sont nombreux. La journée étant consacrée à la moulinette, on pourra certainement faire plusieurs fois. Notre première voie sera Dièdre central, une belle 5.8. Elle permettra à Édith de constater que lorsqu’on grimpe pas souvent, on n’est pas en forme, et à moi, de réaliser que même si on grimpe souvent, si on ne fait que des voies de trad sous notre niveau et du bloc, ben on a pas trop d’endurance dans les bras.

Après le dièdre central, nous avons déplacé la corde dans ‘Le flake » une variante, en supposé 5.8. de l’Enragé. À ce jour, Édith et moi cherchons encore ce qu’il y a de 5.8. dans la variante. Mais bon, une fois le départ alternatif passé, nous avons goûté à un super beau « flake », qui se faisait tout en douceur…et à une sortie en dülfer, un peu plus raide.

Éléphandue nous a également plu, avec sa gestuelle bizarre et son gros bloc surplombant qui semble tenir sur rien…L’arête (en 5.9.) nous aura obligé à faire preuve d’un peu plus de délicatesse et d’équilibre que les fissures. La journée s’est terminée dans la grande fissure (une autre 5.8.).

En fait non! La journée s’est terminée avec une bonne bière, à l’Inox, question de bien entamer cette fin de semaine de festivités. Un intéressant prélude pour le party, sur les plaines, du lendemain soir, où Édith et moi nous sommes donné rendez-vous. Pour toutes les deux, se sera notre première St-Jean sur les plaines. Bonne fête Québec!

mardi 10 juillet 2007

Passage en Estrie

La semaine suivante, je me fis convaincre par Cindy de la passer en Estrie.

Une journée à Pinacle, avec Yves, Cindy et Jasmin, où Yves et moi grimpâmes Pixie et Dixie, dans l'ordre ou dans le désordre. Pinacle est toujours aussi beau et toujours aussi dalle! Quelle belle paroi, mais quel mauvais topo-guide! Des voies à faire, assurément.

La particularité de cette journée? C'était la première fois que je revoyais Cindy depuis que l'installation de son implant était terminé. C'était le début d'une ère nouvelle, celle où je pouvais parler à Cindy, et où elle pouvait m'entendre. Nos rencontres n'allaient plus jamais être pareilles! Les réflexes étaient encore là, parler lentement, avec de grands gestes...hihi...va falloir s'habituer. Mais c'est vraiment génial! Dorénavant, lors de nos sorties de gans, elle sera là, à part entière, et pouvant participer à nos conversations, quelles soient intelligentes ou complètement stupides! :)

Yves dans la première et très belle longueur de Dixie


On protège bien ce toit, pas évident du tout à passer, dans la 2e longueur de Dixie.


Le soir, je retrouve Cindy et Cliff, dans le stationnement de Orford. Yves repart pour la rive-sud, alors que j'embarque dans le gros char de Cindy, question de suivre Cliff jusqu'à chez lui, où il nous offre l'hospitalité. C'est ma deuxième rencontre avec Mike, un garçon aussi gentil qu'il peut être "chiant" sur DrTopo!

Après s'être coucher tard, on se lève à une heure tout à fait inhabituelle pour moi, mais normal pour Mike, 11h am. Mais bon, on a rien perdu de la journée puisqu'il pleuvait en matinée. Après un déjeuner (ou diner?), on file vers Orford, en espérant qu'il ne pleuvera pas! Mais alors que Cin et moi, on montait vers la paroi, il se remis à pleuvoir de plus belle. Je laissai mon crashpad sous un gros bloc déversant, et l'on continua vers la paroi, où l'on se mit à l'abri avec Mike et l'un de ses amis, J-Christophe. Mike proposa quelques lignes à Cindy qui, une fois la pluie terminée, se lança dans Cinq vibrateurs, une 510d, la plus grosse cote en lead de Cindy. Après avoir profiter d'un excellent bêta de "bêta Mike", elle sortie la voie sans problème. On regarda alors Mike travailler la suite de More Fire.

Bêta Mike à l'oeuvre


J-Christophe, dans le départ de la Vie.


Mike proposa ensuite une 5.11 à Cindy, Parasol. Elle releva encore le défi! Une fois en bas, Mike fini par lui demander: tu veux pas savoir la cote? Ce à quoi Cin répondit, ben tu me l'as dit 5.11...Oui...5.11, mais pas 5.11a...5.11c! Wow ma belle!


On fila ensuite dans le secteur des blocs où Mike nous montra plusieurs problèmes intéressants, dont un beau dynamique. J'ai quand même essayé, une fois, de trouver une façon statique de faire le problème, mais je compris que la seule alternative était un dyno. Après une tentative infructueuse, je rajusta le tir, et au deuxième essai, je réussis à 'sticker" la slope. Wow! génial. Après 4 problèmes, dont un, le piano, d'une élégance fort douteuse, la noirceur nous avait presque rejoint. La route était longue pour l'Outaouais: il était temps de partir.

Cathedral...jour 2

Après une journée de repos, c'est avec joie que nous constatons, qu'en ce dimanche, le soleil est présent. Après avoir décidé de laisser les tentes sur place, question qu'elles sèchent durant la journée, nous prenons la direction de Cathedral Ledge. Yves et moi grimperons ensemble, dans un enchaînement de voies diverses: départ dans FunHouse, transfert dans "The Pooh" pour la seconde longueur et finale dans Upper refuse (2 longueurs) pour atteindre le sommet.

Les deux premières longueurs furent leadées par Yves. Heureusement, car je ne serais certainement pas venu à bout du dièdre au départ de funhouse. Délicat et un brin pompant, résultat d'un très mauvais jeu de pied. La deuxième longueur sera plus facile, et très belle, malgré le fait qu'il s'agit d'une fissure! La passe, un peu tannante, de la longueur, était une courte dalle sur laquelle se promenait une colonie de fourmis rouge! Quelle joie! Mais j'étais mieux de ne pas me plaindre car Yves était dans une position beaucoup plus inconfortable, vu qu'il devait sagement m'assurer. Afin de passer le moins de temps possible à ce relais, il me proposa de ne pas m'y arrêter et de faire quelques mètres plus loin. J'avais alors deux options: passer par une courte fissure offwidth, pour atteindre une grosse vire, ou la contourner. Pensant que l'on devait ensuite continuer vers le haut, je me dis que le plus simple était malheureusement de grimper la fissure. Après une série de coincements de genoux, jambe et fesses, tous plus élégants les uns que les autres, je me retrouvai sur une immense vire...il s'agissait de la fin de la voie!!! Merde! J'aurais pu faire ma paresseuse, comme Yves l'a fait d'ailleurs, et contourner simplement, en marchant, le petit ressaut...Enfin, au moins, je réussis à me faire "créditer" cette "longueur" ;).

Yves dans the Pooh



Une fois les cordes roulées, on se dirigea vers Upper refuse. Marc et Dan se trouvaient dans la voie voisine, Black Lung. Après avoir considérés cette option, on décida de faire Upper refuse. Cela allait me permettre de leader au moins une longueur, et éviter Black Lung qui me semblait un peu trop difficile. La suite allait me confirmer que j'avais eu raison. Alors que je leadais, un peu peinarde, une ligne facile, j'entendais Dan qui souffrait à côté! Il aura réussi à passer, cool!

Les deux cordées se retrouvèrent dans la deuxième longueur de Upper Refuse, dans laquelle on se suivit!

Marc, question de faire de la place au relais, s'élance dans la 2e longueur de Upper refuse


Pendant ce temps, j'attends...et Yves aussi...Notez que je n'étais pas assurée au relais encore ;)


Arrivés en haut, on constata qu'il était déjà tard! Mais Dan insiste pour que Yves vienne jeté un coup d'oeil à Pine Tree eliminated, une belle fissure qu'il a en tête depuis le jour où il l'a vu. On va juste voir, mais amène ton rack, juste au cas! Ben sûr Dan, juste pour voir ;) . Après avoir vérifier si l'on pouvait se permettre une dernière longueur, Yves se lança avec grâce dans la fissure, qu'il réussi sans difficultés! Dan si lança à son tour.

Yves, en tête dans Pine Tree eliminated, Dan, en second.





Une fois tous en haut (Marc et moi avons pris le sentier!), on constata que le temps passait rapidement. Vite, à la voiture, direction Conway et surtout le Ben & Jerry's où Marc se bourra la fraise, dans deux, oui oui, deux milkshakes aux fraises, consternant Dan qui avait de la difficulté à terminer son premier milkshake au chocolat! Ah! Y'en a pour qui c'est la bière et d'autres, les milkshakes.

De retour au campement, Yves et moi, on plia les tentes et on souhaita une bonne fin de voyage à Dan et Marc. Cap sur Montréal, la tête à nouveau remplie de beaux souvenirs. J'ai encore en tête la paroi de Whitehorse et son gris pâle à perte de vue!

Nota: Marc, le grand voyageur, se trouve maintenant en France, pour un voyage de grimpe. Vous pouvez suivre son périple et vous emplir la tête d'images à faire rêver, en lisant son bloc, Rêves de Montagne (voir le lien dans ma section lien d'escalade).