jeudi 14 juin 2007

Repos obligé



Le samedi, malgré la pluie annoncée, le soleil est bien là quand Yves vient « cogner » à la porte de ma tente. Une fois le déjeuner terminé, on prend la route de North Conway, pour aller consulter la météo. L’ordinateur est malheureusement « out of order ». Zut! Justement quand il faut pas. Les nuages, au loin, semblent menaçants. Yves, Dan et moi décidons toutefois de tenter notre chance. On prend donc la route de Cathedral, mais quelques km plus loin les premières gouttes de pluie vient s’écraser sur notre pare-brise. On fait donc demi-tour et on va rejoindre Marc, encore en ville. Après une visite du magasin général, on se retrouve au point d’information, question d’obtenir deux informations : où peut-on aller sur internet et où peut-on prendre un douche. On fini par arriver dans un café internet! Marc évaluera toutes les possibilités : North Conway, Rumney, Franconia, Val-David. Résultat : pluie de bord en bord pour la journée de samedi et environ 40% de pluie, un peu partout, le dimanche. ☹ Ouin, ça pas l’air parti pour qu’on grimpe aujourd’hui. Mais en regardant le sol, on se rend compte que le sol a séché. En route vers les voitures : on a peut-être encore une chance. Mais avant même d’atteindre les voitures, il se remet à pleuvoir de plus belle.

On fini donc par se retrouver devant notre « plan B » : la douche! Il serait possible d’en prendre une au Pinkham Notch, au pied du Mont Washington. Alors tant qu’à y être…pourquoi ne pas faire une randonnée : ça va nous faire une bonne raison pour prendre une douche après. On décide alors de prendre un sentier menant au Tuckerman Ravine. Apparemment il est encore possible d’y trouver de la neige!!! En montant vers le sommet, on croisera des skieurs qui nous assurerons que les conditions étaient très bonnes! Eh ben! Tout au long de l’ascension, une des préoccupation était : est-ce qu’on va la voir cette neige : le brouillard, par moment était effectivement un peu épais.

Mais ce n’était pas notre préoccupation principale, du moins, dans le cas de Dan. Le point central de nos discussion était… la bière! La problématique de la journée étant : est-il possible de faire de la bière déshydratée. Chemin faisant, Dan ne cessait de nous dire que la bière serait bonne en haut! Ben oui Dan! Les sceptiques furent confondus quand on arriva à un endroit pour pique-niquer, alors que Dan sorti de son sac une bouteille de bière. Merde! Il en a vraiment traîner une!

Au Tuckerman Ravine, le brouillard s’était dispersé, ce qui permettait d’apercevoir, au loin, des gens monter et descendre sur la neige. En les voyant passer un peu plus tard, on compris que ceux-ci avaient de petites luges portatives…tant qu’à ça, pourquoi ne pas monter un crazy carpet!

Après une descente toute en douceur et une bonne douche chaude et minutée (1$ pour 3min…45sec par 0,25$ de plus!) on rentra au village. Direction, encore une fois, le Moat Brewing Co. On s’assit au bar, où notre serveuse de la vieille nous demanda : avez-vous les cochons! Ah ben non! ;) Une bière et deux assiettes d’ailes de poulet plus tard, on rentra au camping, préparer le souper. On pu souper dans la tente condo de Dan et terminer la soirée avec une bouteille de vin et le jeu de cochons!

Question de se refroidir...Les deux pieds sur la langue de glace, il était possible de percevoir une différence de température marquée avec le reste du sentier.


Euh...sans commentaires ;)

lundi 11 juin 2007

À la découverte de Cathedral et de WhiteHorse.



Marc, éternel voyageur, et Dan, son fidèle compagnon, étaient encore dans le nord-est américain pour la fin de semaine. Ça ne pris pas grand chose pour que Yves et moi décidions de prendre notre vendredi et de passer trois jours avec eux.

Après une nuit de repos, nous nous retrouvons au pied de Cathedral Ledge, une paroi impressionnante, située tout près de North Conway. Dan et moi avions comme projet de faire Thin Air (5.6.) ensemble. Ce plan avait deux avantages. D’une part, ça permettait à Dan et moi de prendre de l’expérience et de l’assurance. En quelque sorte, ça nous obligeait à se débrouiller tout seul. D’autre part, ça permettait à Marc et Yves d’entreprendre une voie dans une cotation plus élevée. En l’occurrence, Recompense (5.9.) qu’Yves avait ciblé.

Dan entrepris de leadé les deux premières longueurs, ce qui impliquait de faire, en tête, une longue traverse en 5.6. Après avoir zigzagué un peu pour trouver la protection et les bonnes prises, il se retrouva sans problème au premier relais (qui constitue le 2e dans le topo).



C’était à mon tour! Premier obstacle, le crux (?) de la voie, soit un dièdre avec des passages un petit peu surplombant. Heureusement qu’il se protégeait bien! Une fois au-dessus du dièdre, je pus observer que Marc et Yves progressaient bien, malgré le fait qu’ils avaient dû retourner en ville pour louer un harnais…eh oui! Yves avait oublié son harnais en ville. Fallait accélérer si on voulait arriver en haut avant eux! Après avoir pris quelques photos, je fis quelques mètres avant de demander à Dan combien de mètres de corde il me restait. La réponse finie par arriver : 25m. J’étais donc correcte pour atteindre l’arbre plus haut. Le problème : il me restait deux dégaines…oups! Je fis donc un relais et monter Dan. Une fois le plein de dégaines et de protections refait, je me lance dans la 3e longueur (4e dans le topo). En théorie, je pouvais également faire le 5e. Après un passage un peu plus difficile sur un flake, je me retrouvais au pied d’une dalle verticale de 3-4m. Une mauvaise compréhension, entre Dan et moi en était la cause, car ce n’était pas la vraie sortie. Après 4 essais et 4 chutes sur la vire, je décidai de faire monter Dan…Apparemment il l’avait sorti en tête la veille, alors il serait certainement capable une fois de plus! Eh oui! C’est avec assurance qu’il nous amena au sommet de la voie! Hourra! Un beau multi-pitch, partager moitié moitié entre Dan et moi! YES Dan! Mission accomplie.

Au loin, on entendait le rire de Marc. Sa cordée avait également atteint le sommet de la paroi : la course à la voiture était engagée! On se retrouva tous à la voiture où l’on pris nos lunchs, question d’aller prendre une bouchée au sommet de Cathedral et de planifier le reste de la journée. La destination pour le reste de la journée : WhiteHorse Ledge, pour y grimper Sliding Board (5.7.), une longue dalle de 10 longueurs (selon le topo) que nous ferons en 8 longueurs. Question d’avoir le temps de finir avant la fin la tombée de la nuit, on change les cordées. Dan fera équipe avec Yves, alors que je serai jumelée à Marc. Whitehorse étant apparemment le paradis des run-outs, Dan et moi pourrons donc faire notre duel de run-outs. D’autant plus que le guide Chauvin dit sur cette voie: « Several sections are quite run out, even for Whitehorse. »

La paroi est encore plus impressionnante que Cathedral : c’est une immense dalle unie, d’un gris clair. Le premier pitch, jusqu’au launch pad sera fait…en solo! Question que j’apprivoise la paroi, Marc se propose de leader les deux pitchs suivants. Il me destinait la 4e longueur. D’apparence facile, cette longueur offrit quand même quelques difficultés. Après un petit dièdre, il fallait revenir sur la dalle : transition quelque peu difficile mentalement. Par ailleurs, la longueur se terminait par une traverse sur dalle impossible à protéger, alors que nous étions déjà 10m au-dessus de la dernière protection! Y’a de ces moments où on ne devrait pas regarder en bas pour voir où l’on est! J’arrivai bien contente au relais, et très soulagée. Merci à Yves qui m’a donné un bon coup de main, en clippant ma corde dans le relais pour protéger mes derniers pas. Après avoir leadé la 5e longueur, je laissai ma place à Marc pour la 6e longueur. Les deux cordées finirent par se retrouver au pied des deux dernières longueurs (ou 4 dans le topo). Cette fois, Dan et moi se proposons pour leadé : place au duel de runout…car ces deux derniers pitchs se protègent très peu. En fait, impossible de faire un relais entre les deux : Marc et Yves suivront en cordée volante. C’est une sensation bizarre de grimper ces deux longueurs, dont les 60 derniers mètres se font sans protections entre le premier et le second. Tout se fait calmement et lentement, comme une promenade. Je ne sais pas si c’est la faible difficulté des longueurs ou le fait qu’on accepte cette situation, mais, étrangement, ce run out est beaucoup moins stressant que celui de la 4e longueur.

La journée s’achève sur l’image de Marc, surgissant au loin, debout, le surplus de corde dans les mains…Trop fort! Bilan, deux parois, deux voies, 15 longueurs selon le guide Chauvin! Bref, une très très belle journée. On a bien mérité notre bière au Moat!