mardi 29 mai 2007

Rumney, 27 mai 2007

Après avoir remballé les tentes, notre petit groupe prend la destination de Rumney. Pour la plupart de mes compagnons, la raison c’est pour les voies...Dans mon cas, j’espère avoir rapidement l’occasion de filer vers le secteur des blocs, car on ne peut pas dire que faire des voies en sport, ça m’intéresse. Depuis l’an dernier, je n’en fais pas et ça ne me manque pas.

Difficile de parler de ce site, car dans les faits, ça ne m’a pas impressionné. Il y avait un contraste évident entre mes amis, qui trippaient ben raide et moi, qui restait de glace devant une paroi pas mal moins impressionnante que ce que je pensais et avec une roche un peu bizarre. En fait, je pensais trouver quelque chose comme les Gunks, ou Kamou : des parois à perte de vue...Mais là, il n’y avait que des petites parois, pas ben ben plus longues ou plus hautes que ce qu’on a au Qc.

Dan a commencé la journée dans une ligne en sport assez difficile pour sa cote : une 5.7.! Le mystère fut résolue lorsque Marc ré-examina le topo...Cette 5.7. était en fait, une 5.9. Mais l’erreur avait permis à Dan de réaliser une voie au-dessus de ses limites, et ça l’encouragea à « poussé » plus le restant de la journée. Lui et Val se motivèrent l’un et l’autre toute la journée. Jasmin et Cindy faisaient de même! Mais pour des raisons différentes...Si le premier duo voulait juste tester leur limite, en ne se comparant qu’à eux même, entre Jasmin et Cindy, il y avait une saine compétition....L’orgueil y était pour pas mal plus! Mais ceci permit à tous les deux de s’attaquer à des 5.10c...Wow! Bravo à vous deux!

Marc, Fred et Nic grimpèrent également leur lot de voies. Merci à Marc d’ailleurs, de m’avoir installé des relais sur toutes les voies qu’il a fait, me permettant de grimper un peu. On fit quelques voies intéressantes, dont une belle 5.6. et une super belle 5.7 avec un toit!

Après le diner, on délaissa la paroi du « parking lot » pour le Meadow...de toute façon, on avait tout exploité la première paroi! J’y trouva enfin une belle ligne, le genre de ligne que tu n’as que le goût de faire...ironie du sort, cette ligne était.. en trad! Au même moment, Fred et Nic planifiaient d’aller faire du bloc... « Enfin, avais-je le goût de crier, il était temps! ». Mais j’hésitais à les suivre...la 5.5. en trad m’appelait! Je pris ma décision qu’une fois que Fred avait roulé sa corde : je vais leader la voie, et aller rejoindre les gars plus tard.

Cette décision marqua un tournant dans la journée...je retrouvais enfin mon sourire...Je n’aurai donc pas perdu toute ma journée...Je partis donc dans Beginners’ route 5.5.**, avec plus de confiance dans mes mouvements et dans mes moyens que j’en avais eu, en moulinette, tout au long de la matinée. La ligne était aussi belle à grimper qu’à regarder...J’en redescendis complètement transformée et pleine d’énergie. Wow! J’en aurai leadé au moins une à Rumney!

Après que Marc eu secondé la voie, on remballa le tout. La suite allait se dérouler au champs de blocs. YES!!!! Mais avant, on regarda Jasmin dans une 5.10c, et surtout, Cindy fait la leçon au jeunôt! Après avoir fait nos « au revoir » à ces deux compagnons, qui devaient repartir pour le Qc, on s’enligna sur « The Pounds ». Là-bas, je fus comme une enfant dans un magasin de jouet! Il y avait tellement de blocs...partout...dont de très gros!

Dan, ou Val, ou Nic, se présenta avec une caisse de bière...tiens, c’est ça le bloc à Rumney? Bloc et bière? Topo à la main, on chercha des V0 et des V1...Dan s’essaya dans un problème pour la première fois de sa vie...Val sorti quelques beaux problèmes avant de se blesser à la cheville...mais elle mis rapidement la douleur de côté pour s’essayer à nouveau! Pour ma part, après quelques problèmes, j’avais juste hâte d’essayer de quoi sur un petit bloc avec un éperon...J’en eus encore plus hâte quand je vis Fred se lancer dans le problème...ah que la gestuelle avait l’air belle! Et elle l’était...Après des efforts peu élégants, je finis par le sendé. Complètement heureuse : la gestuelle était vraiment belle...non, géniale! Du bloc, j’en aurai fait encore et encore...Finalement, la journée, qui avait mal commencée se terminait bien...cette escapade dans The pounds, l’avait sauvé! Malgré tout, il reste tant à découvrir et à faire...je dois devrai donc y retourner.

On termina la journée avec des traverses d’arbres, un problème que Dan, notre proposeur officiel de problèmes, nous avait suggéré! Assez bizarre de se promener sous un arbre, tel un paresseux dans sa forêt amazonienne....

Après un souper dans un petit restaurant, et après avoir résisté tant bien que mal aux propositions de « callé malade » de Marc et Dan, Val, Nic, Fred et moi repartîmes à contrecoeur vers le Qc. Pendant ce temps, deux chanceux se la coulaient douce en rêvant probablement aux grimpes de la journée et aux grimpes à venir!

Cindy, dans son plus beau lead à vie!


Val, on ne peut mieux entourée!


Moi-même, dans un beau problème qui aura fait ma journée!

lundi 28 mai 2007

Cannon cliff, NH. Withney-Gilman Ridge



Samedi 26 mai, 5h15 am. Dan « cogne » à la porte de notre tente! « Hey, les amis, il a plu cette nuit...et moi, j’ai pas dormi de la nuit, alors si vous voulez aller faire Moby Grape, ben, voici le topo, mais moi, je n’irai pas » Je me tourne vers Fred : « qu’est-ce qu’on fait ». Même son de cloche que pour Dan : mal dormi. Fred ne ressemblait pas au grimpeur « crinqué » qu’on est habitué de voir...Bref, il est clair que les plans vont changer et que Moby Grape, ben ça sera pour une autre fois!

On fini par se levé et déjeuner. Cindy et Jasmin, motivés, optent pour Vertigo. Fred, Marc, Dan et moi prenons le chemin vers le secteur de la Withney-Gilman Ridge (WGR). Dan et Marc nous racontent alors l’aventure qu’ils avaient eu quelques jours plus tôt en se rendant à cette voie : ils avaient malheureusement rencontrés une ourse avec deux juvéniles, qui mécontente de les voir, les avait chargé. Bref, c’est dans un climat de légère inquiétude que l’on cheminait sur le sentier. Mais tout se passa bien cette fois et l’on arriva au pierrier. [ton ironique] Quelle joie! [/ton ironique]. Tranquillement, on chemina vers l’arête qui se découpait devant nous : impressionnant! Fred et moi étions arrivés tard la vieille et on découvrait avec joie cette grande paroi. De loin, on apercevait des cordées dans la WGR, tout comme dans Moby Grape (voie pour laquelle nos amis Nic et Val faisaient « la ligne »).

On fini par arriver au pied de la voie. Fred opta pour une variante du départ, dans une belle fissure. Marc et Dan, dont le plan initial était d’aller fait Duet, décidèrent de faire également cette variante : ce fut leur seule longueur de la journée. Cette longueur, comme les autres étaient très belle, une belle fissure, suivi d’un beau dülfer dans le fond du dièdre. Ce dûlfer m’inquiéta un peu car la roche avait l’air très glissante, mais je fus en haut en deux temps, trois mouvements. La suite de la longueur fut moins aisée. Je me retrouva debout, sur le sommet d’une arête avec deux options : prendre la dalle, mais risquer un pendule si je tombais ou suivre la corde. J’opta pour la mauvaise option et je me retrouva certes, dans la ligne directe de la corde, mais dans un réel pétrin. Je vins rapidement au bout de mes forces. Après plusieurs essais infructueux, je décidai, pour la première fois de ma vie, de remonter sur corde, à l’aide de prussiks! [ton ironique] Quelle joie! [/ton ironique].

Lorsque j’arrivai au relais, Fred me demanda si je voulais continuer. J’ai pensé alors qu’il craignait que je ne sois pas capable de me rendre en haut et que je trouve la montée vraiment inintéressante...Mais je me disais que je serais capable et je lui répondu que je voulais continuer. J’appris plus tard, qu’à ce moment, Fred n’était toujours pas motivé à grimper et qu’au fond, il espérait que je demande à arrêter! Heureusement pour les deux, on décida de continuer, ce qui permis à Fred de retrouver sa motivation et à moi, d’engranger de l’expérience!

La deuxième longueur se fit très bien et on arriva au pied du pipe pitch. Cette longueur commençait avec deux fissures, dont une très large dans lequel Fred coinçait le genou...ce qui, dans le topo, n’est pas recommandé car, apparemment que des secourismes ont du aller déprendre quelqu’un qui s’était coincé le genou! La partie délicate de la longueur consistait dans le passage en surplomb où se trouve le « pipe »...Assurément le crux de la voie. Je mis pas mal de temps à essayer de passer et à chercher une solution pour cette section de voie. Le tout était en surplomb, les prises de mains rares et éloignées et les pieds...ben il y en avait pas tellement non plus! Je finis pas m’arrêter quelques secondes et je me dis : « si j’étais en bloc, comme je ferais? ». Du coup, je trouva une nouvelle façon d’effectuer « le départ »..Je poussai sur mon pied gauche, récupérai la prise plus haut et je pus finalement, pour la première fois depuis le début, monter mon pied droit! Le reste de la séquence se fit très bien. Wahouuuu! J’avais réussie! Haha...merci le bloc! Je rejoignis Fred, bien heureuse!

Le reste de la voie se fit sans anicroche...mais avec un super beau passage. On suivait, pour la 4e longueur, l’arête...Celle-ci était mince. C’était impressionnant...on était vraiment au bout! D’un côté, on était sur un versant de la paroi...et il suffisait de se tasser un peu pour être « de l’autre côté ». Derrière, se dessinait un trou profond, humide, là où se trouve, en hiver, la réputée Black Dike. Il était un peu plus de 3h quand on se retrouva tous les deux au sommet de la voie! Yes! On l’a eu! La vue était tellement belle qu’on s’installa pour manger un peu. On ramassa le matériel et l’on partit à la recherche du sentier qui permettait de redescendre, mais avant, Fred jetta un dernier coup d’oeil au gouffre de la Black Dike

Finalement, la partie la plus pénible était peut-être la descente qui était longue (voire interminable) et abrupte. Quelques minutes après notre arrivée au camping, Marc et Dan revinrent du village avec notre commande : des bières bien fraîches de Guiness! Cindy et Jasmin arrivèrent peu de temps après, les yeux pétillants. Cindy nous raconta en long et en large la chute de Jasmin dans un toit, et surtout de leur dernière longueur, la fissure Halfmoon, non protégeable, dans Vertigo, qu’elle n’avait pas sortie. Cette fissure la hanta toute la soirée et même toute la nuit...ce fut la première chose dont elle nous parla le lendemain ;). Après un bon souper et une soirée tranquille autour du feu (à entendre Cindy nous parler de sa fissure offwidth ;) ), on se coucha tôt. La destination du lendemain avait changé : on allait visiter un nouveau site : Rumney!

Les deux dernières longueurs:


Vue sur une partie de la paroi, dont le secteur de Moby Grape


Pour des photos supplémentaires sur Cannon cliff, voir les liens suivants:
Le site brun: www.lesitebrun.com"
Le site flickr de mon ami Marc
Et le site flickr de mon amie Cindy:
http://www.flickr.com/photos/53303462@N00/sets/72157600278443268/

Jour 3: les Grands Jardins


Pour la dernière journée de cette longue fin de semaine de la fête des Patriotes, nous avons décidé de s’offrir les Grands-Jardins. Pour la plupart d’entre nous, il s’agit d’une nouvelle visite, mais dans le cas de Michel, ce sera son premier séjour sur les grandes parois des Grands-Jardins, et sa deuxième expérience en multi-pitch trad. Sa seule condition pour nous suivre là-bas : les relais doivent se faire sur scellements.

Fred nous réveille à 5h15. Rapidement, nous sommes tous levés. Après un déjeuner rapide, on s’enligne sur la vaisselle, on plie bagage et on file vers Baie-St-Paul où nous attends Édith. Chemin faisant, on trouve de la neige, à la hauteur de St-Tite-des-Caps : ici, il n’a pas plus cette nuit, il a neigé! Au loin, les sommets des Grands-Jardins semblent tout blancs : les parois seront-elles mouillées? Mais le soleil se pointe le bout du nez et les nuages se dégagent. C’est sous un ciel bleu que l’on arrive au pied des parois du Dôme, la paroi sélectionnée pour cette journée. Les cordées seront impaires : Fred, Yves et Michel s’enlignent dans la granuleuse, pendant que Marc, Édith et moi optons pour l’Onglée! La journée est belle, je suis d’attaque...Alors quand Édith demande qui fait la première longueur, je n’hésite pas et je me propose! En deux temps, et trois mouvements, je suis sur la dalle, direction, un arbre, pour le premier relais! Marc prendra la relève pour la deuxième longueur...Quant à Édith, elle avait décidé que son rôle de photographe officielle lui convenait parfaitement!



Au deuxième relais, tout va toujours bien. Notre cordée progresse bien, tout comme celle de Yves, qui se pointent en direction des scellements installés dans la Granuleuse. Yves nous demande cependant où se trouve le relais, ce que nous lui indiquons avec joie! Nous jetons finalement un coup d’oeil au-dessus de nous : si les deux premières longueurs de l’onglée semblait évidente à trouver, nous étions incertains pour la troisième longueur. Le rocher avait l’air pas mal lisse. Il y aurait à coup sûr du « route finding » à faire! Je décide finalement d’un plan que je partage avec mes compagnons de cordée : Voilà ce que je vais faire! Je vais monter juste en haut ici, pis après, ben, je vais improviser! Le plan fait éclater de rire Marc. Par contre, il laisse perplexe Édith qui est plutôt habituée à me voir évoluer dans un cadre très structurer. C’était écrit sur son visage qu’elle se demandait si c’était bien moi qui avait dit ça!

Je mets finalement mon plan à exécution. Un fois au-dessus de Marc et Édith, j’analyse la situation : le plan le plus simple sera d’effectuée une traverse et de tendre vers la Granuleuse. Mais ce n’est pas donné : la traverse est délicate. Par contre, elle se protège bien ce qui permettra de rassurer Édith. Le tout se fait très bien, et malgré le fait qu’un de mes pieds ait glissé un moment donné, je me retrouve rapidement dans une dalle classique du Dôme : pleine de trous et d’appuis pour les pieds. J’enclenche en 5e vitesse...jusqu’au moment où j’entends...10mètres! Hein! Déjà! Ah zut! Je regarde autour de moi : pas grands options pour faire un relais sur pros...J’élimine rapidement une belle fissure ouverte, d’autant plus que j’ai pu un cam qui feraient dedans...Reste un flake et une petite fissure. J’installe mes pros...de petites pros. Une d’entre elles me laissent d’ailleurs perplexe...mais bon, j’en ai deux de bonnes. Je finis par m’asseoir dans mon harnais et indiquer à mes coéquipiers que je suis auto-assurée! Marc vient rapidement me rejoindre et vérifie les pros...quant à Édith, elle franchie très bien la traverse pour ensuite prendre le temps de discuter avec Fred, qui leadait la 3e longueur de la granuleuse...Ce qui fit dire à Marc : Édith, arrête de discuter avec les beaux gars! Sur le 2e relais, Michel s’émerveillait devant les barrages d’un castor...Ça devait être son côté ingénieur civil qui ressortait!



Finalement, on se retrouva les 6 grimpeurs dans le même coin, les cordes s’entrecroisaient...Marc doubla Fred, pour conclure rapidement cette voie. Mais avant, il s’arrêta jaser avec Fred...Hey Marc...arrête de parler avec les beaux gars et grimpe! ;) Entre-temps, Michel et Yves avaient rejoints fred. Bien installé sur sa vire, Michel regardait encore les castors. L’avantage d’être deux cordées, c’est que lorsqu’on passe à côté du relais de l’autre, on se fait offrir plein de chose...dans ce cas-ci, Michel nous proposait des abricots séchés. Sa gentillesse fut récompensée, car au dernier relais, Édith l’attendait avec un mini-brownies! Finalement, la troupe se retrouva tous à contempler la beauté du paysage, bien installée sur le haut du cran. On planifia les rappels pis on descendit tous à tour de rôle.

En bas, Marc et moi, on se questionna sur la suite, alors qu’Édith repartait, question de ne pas être trop tard à Montréal. On eu l’idée d’aller faire la voie d’évitement en running belay, question de bien terminer la journée...Mais on dû changer nos plans : effectivement, nous n’étions montés qu’avec une auto, et les trois autres comparses ne souhaitaient pas refaire une voie. C’est donc un projet en suspens!

Sur le chemin du retour, je me retrouvai au volant de la voiture de Marc, pendant que tous les autres dormaient! Quel support moral les mecs! Mais bon, j’en avais pas besoin...j’étais encore bien réveillée, heureuse de cette belle journée, où j’avais grimpé en confiance! Ravie, une fois de plus, par le Dôme!

Je vous invite à consulter mon compte Flickr ainsi que celui de mon ami Marc pour des photos supplémentaires.



mercredi 23 mai 2007

Pluie, fondue au fromage, soufflé au chocolat et jeu de cochons!

Le levé, dimanche, fut pénible…On ne saurait dire si la cause était le fait que les fillettes ont pleuré de 7 à 8h, ou la fatigue et les courbatures de la veille ou encore la température à l’extérieur. Bref, tout le monde était au ralenti. Les bonnes crêpes de Fred ne permirent à personne de se crinquer pour la journée. Après qu’Annabelle eu fini de nous raconter tous ses livres, Cindy remballe ses choses et c’est la séparation! Snif snif!

Au lieu de se préparer à grimper, on regarda, pessimiste, le ciel gris. Ah! On fait quoi? Certains parlaient d’aller au rock gym, pour une raison simple : prendre une douche. Périodiquement, comme pour justifier notre sédentarité, quelqu’un lançait : ah le vent se lève, la pluie s’en vient! Finalement, après trois quart d’heure, on se donna un coup de pied au cul et on décida d’aller à Val Bélair. Fallait ben faire de quoi de notre journée...aussi bien tenter notre chance. Au moins, on aura mis le nez dehors. Au moment où l’on sortait du chalet, une subaru arrivait, avec à son bord, un Marc complètement crinqué. "Pis, on va où!"nous lança-t-il!

Le groupe prend donc la direction de Val Bélair. Une très belle paroi que l’on découvrait. Fred nous fit le « tour du propriétaire » mais Marc et moi étions un peu hypnotisé par une belle fissure : les trois mousquetaires! On la fera une fois…pis une deuxième fois, tellement on la trouvait belle. De leur côté, Yves et Michel se lançaient dans "Elephandue", une autre 5.8. Quant à Fred...ben manque de motivation...il a préféré nous regarder aller...La pluie arriva pendant ma deuxième ascension de Trois Mousquetaires, nous obligeant à rentrer au chalet. Quel dommage! La paroi était si belle et il restait tant de voies à faire. Assurément, je dois y retourner! En attendant, la journée était terminée...aussi bien dire qu'il s'agissait d'une journée de repos et de préparation pour le lendemain.

De retour à l’auto LA question : on mange quoi. C’est sans hésiter que nous optons pour une fondue au fromage, une vraie, fait maison! Michel jubilait : « une vraie fondue au fromage! Hum, un rêve qui se réalise! » Je suggère à Marc de nous faire son soufflé au chocolat…ce qu’il accepte de faire, sous le regard gourmand de Fred. À cela, on rajouta une salade de fèves germées et de poivrons! Bref, si la journée avait été grise : on allait avoir une super bonne bouffe! On se régala tant et si bien, qu’à la fin du repas on était pas mal trop plein! Ouf…que de calories!

Dehors la pluie avait cessé. Bonne nouvelle. Restait juste à espérer que les parois des Grands-Jardins, destination qui avait fait l'unanimité, aient le temps de sécher.

Le souper terminer, Fred se leva de table pour aller s’installer dans le fauteuil le plus confortable du chalet. Ça ne pris que quelques minutes pour qu’il s’endorme. De mon côté, je décidai d’appeler Édith, pour planifier la journée de demain. Je dus laisser un message… « ouin, Édith, c’est Édith! » Michel partit à rire, ce qui me fit rire à mon tour, tellement que je fus incapable de laisser un message. Marc nous suggéra alors une partie de cochons! De quossé!? Un jeu de cochon? Bon, en gros, t’as deux cochons en plastique que tu lances comme des dés. Selon la position dans laquelle il tombe, ben tu marques plus ou moins de point. Le but étant, évidemment de ramassé le plus de point. Sauf qu'il y a un aspect "gambling" puisque selon les décisions que tu prends, tu peux aussi perdre une partie de tes points! Yves, fut pas mal chanceux, et il remporta la victoire haut la main.

La partie était presque terminée lorsqu’Édith rappela, convaincue, par mon message qu’on était saoul mort. Eh ben non! Juste fatigués! On lui donna rendez-vous à Baie-St-Paul le lendemain et on alla se coucher!

4 chicks au Mont Wright

Cette fin de semaine, Fred nous a tous invité à passer du bon temps au chalet ancestral des Simoneau, situé dans Ste-Brigitte de Laval. La météo est incertaine pour dimanche et lundi…mais, une invitation pour un combo « escalade-party au chalet », ça ne se refuse pas! Cindy passe donc me prendre, le vendredi soir, direction Québec. Elle a, avec elle, ses deux petites. Première rencontre avec Katia, qui m’a lancé un regard suspicieux. Je l’ai tellement traumatisé qu’elle n’a pas dormi du trajet, trop occupée à me surveiller! ;)

Arrivée tard à Qc…on se lève (enfin, je me lève) à 6h30…question de tenir compagnie à Annabelle qui cherchait des tatoos...ou encore de lui faire un dessin!. On finira par arriver au stationnement du Mont Wright vers les 9h30-10h. Premier crux de la journée : trouver une façon de monter tout le matériel en haut. Juste d'ouvrir la valise du camion était traumatisant. Impossible de penser "partir léger"! On a eu les yeux plus grand que la panse, je crois, à vouloir trainer le matériel pour se garder toutes les options ouvertes, ce qui incluait de monter, en plus du crashpad tout le nécessaire pour faire du trad. Il aurait mieux valu ne trainer que notre harnais et se dire: ben...on utilisera la corde et le rack de quelqu'un d'autre (ce que l'on fit d'ailleurs). On a fini par réussir à tout paqueter : dans le crashpad, on a mis le rack de trad, harnais, souliers, bouteilles d’eau etc…Je trainais, en avant un sac à dos puis mon sac à corde. Cindy, son lunch, couches et biberons, son équipement perso et surtout, Katia, sur son dos…On était chargée comme des mules.

On mis une éternité à atteindre les premiers blocs, où l’on s’arrêta pour prendre un break et changer le beat : Annabelle en avait assez de marcher! Quelle bonne décision! Peu de temps après, Nic, Val et Simon sont passés! Ils allaient faire de la voie, mais on accepter de prendre un peu de notre matériel. MERCI…on va vous rejoindre bientôt. Nous fûmes rapidement rejoins par d’autres amis…D’abord Pierre et Osso, puis Fred, Michel et Yves! Wow…gros party de blocs! Et qui a sendé le plus? Annabelle qui a pris tout le monde par surprise. Alors que les gars s’acharnait sur le V4, situé sur canine, on entendit une petite voix…Annabelle avait grimper le bloc, par la descente et elle se trouvait à 2-3m du sol! Aaaah!!! Panique à bord…Elle nous refit le coup 3-4 fois…Et chaque fois, l’un de nous allait la récupérer! Elle a vraiment un talent inné la petite!

On fini par amener les filles à la paroi, question d’augmenter le « pool » de babysitter potentiel! Malheureusement, on arriva trop tard pour voir Ari faire une chute volontaire de quelques mètres sur ces pros. Quel courage! Math aussi nous a fait une belle chute, qui nous a secoué un tantinet, car le choc a fait sauter un bloc de roche se qui causa une chute au sol pour Math. Heureusement, Val(ou quelqu’un d’autre) avait eu la brillante idée de placer un crashpad au pied de la voie.

Le trajet entre les blocs et la paroi avait endormi Katia, ce qui a permis à Cindy d’aller faire une belle 5.9. en trad et de passer un peu de temps avec Jasmin. Pour ma part, après une 5.5. sport en tête, je décidai de retourner faire du bloc…J’avais vraiment pas la tête à la voie. Cin et Jas se joignirent à moi…On alla essayer quelques problèmes sur « la terrasse » et le 6 faces.

La journée terminée, nous étions tous brûlés, à commencer par les deux fillettes. On remballa le tout et la troupe se mit en branle vers le stationnement. Cette fois, c’est Michel qui accepta de prendre ma corde. J Après un très long moment, nous arrivâmes au stationnement…Annabelle avait reçu un traitement spécial et bénéficié d’un porteur en la personne de Fred.

Après avoir passé à l’épicerie, question d’acheter de quoi faire du BBQ (et surtout, de la bière!), on arriva au chalet ancestral. Feu de camp, guimauve, bière et musique (de Fred) étaient au programme de la soirée…mais Cin, Yves et moi, avont rapidement pris la direction de nos lits.

J’étais brûlée de cette journée, à cause de l’escalade, mais surtout à cause du gardiennage, de toutes les questions d’Annabelle (elle jase pas mal la petite), la surveillance continue des deux petites qui touchent à tous et qui grimpent partout, les gros calins, les pleurs etc…ouf..Cindy, t’es une superhéroine!

lundi 14 mai 2007

Val David, en blocs et en voies

Vendredi 11 mai. Cette fois-ci c’est avec un autre bloqueux, Pierre, que je prends la route de Val David. Nous passerons la journée dans le secteur des Dames que Pierre découvre. Notre premier arrêt sera dans le coin de Élisabeth…Après s’être réchauffé sur le V0 à droite de Swamp dog et sur arrête-moi ça, on s’enligne sur le bloc Martine. Moi, pour essayer mini-fée (que je ne sortirai pas :( ) et Pierre, pour Félix le chat. Ça prendra deux essais à Pierre pour sortir le V0, ah ah! Et après il vient dire qu’il sortait du V6 à Squamish! ;)

Pendant que Pierre s’essai sur la traversée de l’Orque, je m’attaque à nouveau à Swamp Dog. Mettant en pratique la lolotte que Jean-Daniel m’avait suggéré de faire, je réussis pratiquement à tout coup à atteindre comme il faut la prise. Mais sans jamais stikker dessus. Un moment donné, Pierre me suggère de faire les autres moves, question d’essayer le reste de la séquence. « Ca ferait dur, me dit-il, si au moment où tu réussirais à stikker la prise, tu ne sois pas capable d’enchaîner le reste! » Au bout du compte, ni un ni l’autre ne réussira son problème. J’ai toutefois réalisé quelque chose…Lorsque je fais mon jeté, vers la prise, je la quitte des yeux. Difficile alors de bien saisir la prise…Voilà de quoi à travailler!

Le reste de la journée aura été difficile pour les deux, les sends ne venant pas. Je me suis quand même retrouvée coincé sur le sommet d’un bloc après avoir sorti la dalle à Monique, parce que je ne trouvais pas d’endroit sécuritaire pour redescendre. Pathétique! J’ai également réussi tous les mouvements de la « traverse de la guillotine (V1). Quant à Pierre, il a fini par trouvé l’énergie nécessaire pour sortir un V2 sur Monique.

Dure journée d’apprentissage…mais bon, c’est l’expérience qui entre. Ça aura permis à Pierre de découvrir un super beau spot pour le bloc. Il pourra y revenir quand il aura le temps…Son poignet sera peut-être alors suffisamment rétabli et son endurance revenue, pour lui permettre de se donner à fond! Une belle journée finalement qui m’aura permis de faire plus ample connaissance avec un nouvel ami Pierre (en fait deux, si on compte Osso). Merci Pierre, ça été super cool!

Le samedi…direction Dame de cœur. Je découvre, comme ce fut le cas pour Édith et Éric, une nouvelle paroi. Une belle paroi même, où les fissures côtoient les dalles et les flakes. Il y a de quoi s’amuser assurément. Premier objectif pour tout le monde : la fissure en 5.7. Enfin, tout le monde sauf moi…j’adore tellement ça les fissures. Pauv’e Dan…on t’a pas attendu! Je la ferai tout de même en second. Il faut bien que je commence à en faire, si je veux profiter de Squamish. L’expérience n’aura pas été élégante, mais bon, je me suis tout de même rendu en haut! Édith, elle, l’aura fait en tête! Cool! Elle se sera même payée une chute en tête, sa première sur pro naturelle! Wou ouh! On l’aura entendu crier de joie!


Éric, lui, s’est enligné sur un gros flake, Ogre, une 5.7. exposée et plein de lichens. « bah, c’est pas grave, dira-t-il à Marc, c’est du bon lichen ». Mais le « bon lichen » aura quand même été glissant et lui aura donné une première frousse alors que ses pieds se sont mis à patiner…Une fois le flake passé une autre difficulté l’attendait…une traverse, sous un toit, également dure à protéger. C’est pas trop fier de lui qu’il réussira à sortir la voie. Il aura été se réconforte dans Yatagan, un superbe flake, trois étoile, côté 5.9.


Pour ma part, j’aurais fait un mixte de deux voies : le départ de Deux de Pique, une traverse en 5.5., les deux mains dans une belle fissure en diagonale, et la fin, dans Anaconda, une dalle boltée en 5.7. La ligne était très belle, la grimpe agréable. Seule défaut : dans la fissure, des araignées avaient installées des toiles à tous les 30 cm. Pas très rassurant. J’ai croisé les doigts pour ne pas qu’il y en ait une qui décide de sortir de son trou. J’ai malgré tout bien géré ma grimpe et mes protections. Et j’en suis bien contente. Les toiles, même si je les ai eu à l’œil, ne m’ont pas empêché de faire la ligne, et j’ai grimpé dans le calme! La deuxième partie était tout aussi intéressante, mais stressante…La dalle, après les fissures, c’est ce que j’aime le moins! En plus, il fallait s’installer sur la dalle, ce qui représentait un moment un peu plus exposé. À un moment donné, une p’tite bête à 8 pattes se sera permis de me passer sur la main! Woo…pas de cris…Après un grand respire et une confrontation verbale avec l’araignée, je repartis vers le sommet! Wow..encore une épreuve de traversée!


Quant à Marc, il sera venu nous rejoindre en pm. Tellement en vacances, qu’il se pointe en jeans. Petite journée tranquille, question de reposer son doigt…

lundi 7 mai 2007

Farm Rock, Outaouais

Dernier arrêt de la fin de semaine…ouf ! Après un détour à cause du viaduc concorde (ou plutôt son absence), Marc se pointe chez moi à 7h45, accompagné de Cindy qui revenait de deux grosses journées à Qc…ah ce que l’amour peut faire faire ! On prends alors la direction de Hull. Aujourd’hui, on va découvrir Farm Rock, une paroi sous-utilisée dont la localisation doit rester secrète (ouin…me semble ;) ). Marc se réjouit à l'idée de grimper finalement avec Math et Ari.

Lorsqu’on arrive finalement à la paroi, ma première réaction fut : hiii ! ça ressemble à la roche de Chicoutimi…ça sent le manque d’adhérence ! Cette perspective ne me rassure pas. Heureusement, mes craintes se révèleront peu fondées: on n’est pas au Forum ! Sinon, la paroi est vraiment belle, avec une hauteur très intéressante: ça va faire de belles longueurs. Alors qu’on regarde le topo, les deux cordées se partagent la paroi. Math et Ari commenceront à gauche alors que Marc et moi irons à droite. Ari vient me voir et me dit : attention de ne pas commencer dans des voies trop difficiles…ici, même les 5.5. sont difficiles. Je regarde la ligne choisie (une 5.5. justement) et je me dis que je devrais y arriver. La partie difficile étant une traverse non protégeable ! Par contre, il semblait y avoir une bonne vire, assez large tout le long. Cindy, qui connaît les voies ne dit rien sur nos choix, convaincue que c’est Marc qui va leader. Oh surprise ! c’est moi qui y va…Arrivée à la hauteur de la vire, je constate que celle-ci n’est pas large tout le long. Je m’y engage tout de même…j’avais l’impression que je pouvais trouver de bons pieds... Effectivement…mais le problème était que je n’avais pas de bonnes mains. Après plusieurs hésitations je rebrousse chemin. Au sol, Cindy me dit : « même moi j’ai « peur » dans cette traverse. Je me doutais bien que tu n’aimerais pas ça, mais j’ai pas voulu t’inquiéter ! » Qu’à cela ne tienne. Marc parti en lead, secondé de Cindy et moi. Plus rapide, Cindy enleva plusieurs des protections de Marc, m’obligeant à passer par la ligne directe : une fissure en 5.6. un peu déversante ! Ouf ! pas facile…mais très beau.

Pour notre deuxième ligne de la journée, Marc, Cindy et moi avons décidé de faire la même ligne que Ari et Math. Cependant, Cindy souhaitait que l’on fasse une sortie alternative, qui passait par un petit toit. Comme nous n’étions pas certains que j’étais en mesure de le passer, Cindy me demanda de faire un relais sur pros, juste avant la « bifurcation ». De là, Marc partirait terminer la voie. Je partis donc en tête. La voie était belle et je me sentais en confiance. Après avoir cherché un peu, je trouvai où passer la traverse. Ça ne semblait pas trop problématique, mais pas donné non plus. Après quelques mouvements, je me rendis à un vieux piton un peu tordu : ce sera ma seule protection ! Je continuai ma route de belle façon, avec des croisés de jambe : mouvement assez surprenant de ma part, considérant que j’étais en tête dans une traversée ! Quand j’arrivai enfin de l’autre côté, je partis à crier de joie ! C’était trop cool ! Trop génial ! Je débordais de joie…

Une fois remise de mes émotions, je mis une pro et montai quelques mètres, question de voir où installer le relais. Je m’attendais à avoir plein de cracks puisque Cindy m’avait dit que j’en trouverais. Mais déception : faire un relais ne sera pas aussi simple que je le pensais ! J’étais pas vraiment contente…la seule fois où j’avais fait un relais sur pros, c’était sur le mont de l’Ours, bien installée sur une grosse vire et avec des fissures permettant de mettre une tonne de pro ! Là, j’étais face à un beau casse-tête…Je montai encore un peu, mais rien…Je devais dégrimper et essayer de faire de quoi avec ce que j’avais juste après la traverse. Je réussis à mettre trois pros…Leur emplacement m’obligeait à faire un relais suspendu. Ouach ! ça ne sera pas confortable. Les pros posées, je les regardai 1000 et une fois. J’avais beau trouver qu’elles étaient bien installées, j’étais nerveuse ! Ce relais devait permettre d’assurer deux grimpeurs venant du bas, et à Marc de continuer la voie ! Mon manque d’expérience se faisait cruellement sentir ! Je me longeai finalement sur le relais ! Question de ne pas prendre de chance, je mis deux pros supplémentaires, sur lesquelles je me longeai également à l’aide des cordes doubles et de cabestans. Que de confiance en mon relais ! hihi.

Je criai finalement à mes deux comparses qu’ils étaient assurés. Enfin ! devait se dire Cindy !
Quand Marc arriva au relais, il le vérifia : « bah, il est où le problème ? Il est béton ce relais ! » Ouf…y’a comme eu une tonne de pression qui disparue d’un coup ! L’expérience entre. A la dure, mais elle entre ! Le reste de la voie se fit sans problème…Finalement, le toit, j’aurais pu le passer…c’aurait été pas mal moins compliqué !

On rentra chez Cindy pour souper et surtout pour prendre une bière bien méritée ! Ari, Math et Dan vinrent nous rejoindre, pour goûter au très bon soufflé au chocolat de Marc, et surtout (dans le cas de Dan) pour le spa de Cindy. Quelle belle façon de terminer la journée, que dis-je, la fin de semaine, et de relaxer nos muscles. C’est également la meilleure façon d’achever le monde et de faire apparaître la fatigue accumulée…Allez…il est temps d’aller se coucher ! Demain c’est lundi, il faut se lever tôt et aller travailler ! de quoi pleurer ;)

Une autre journée sous le signe du sourire...


Pinacle

Mercredi dernier, je reçois un message inattendu…Très succinct et sans signature, il disait simplement : Grimper Samedi??? Je me cherche un partenaire! Ok…Jusque-là, rien de surprenant…ce genre de message, j’en reçois couramment! La surprise était au niveau de l’expéditeur : Jean-Claude Maurice ! Cool ! Il y a déjà un an de ça, on s’était promis de grimper ensemble : voilà que l’occasion se présentait ! On décida d’aller à Pinacle : aussi bien aller visiter ce site pendant qu’il est encore fédéré !

Edith et moi partîmes donc tôt le samedi matin, direction Sherbrooke où l’on devait rejoindre JC et son ami Stéphane, avant de prendre la direction du Parc Harold H. Baldwin. Arrivés au stationnement, le premier constat fut : ouf..il fait froid ! Je réalise alors que j’ai oublié mon polar dans la voiture d’Édith, à Sherbrooke…j’ai seulement un t-shirt et mon softshell ! Ish ! la journée va être longue : espérons que le soleil va nous réchauffer !

Après une longue marche d’approche, on aperçu finalement les parois : Wow ! Quel beau site ! Le plan de la journée était simple : tout le monde devait grimper avec tout le monde, tout le monde devait leader et tout le monde devait s’amuser ! Le plan fut accepté à l’unanimité. Après quelques discussions, deux premières cordées se formèrent. J’allais suivre Stéphane (dans une ligne dont j’ignore le nom), pendant que l’autre Édith allait suivre Jean-Claude. Cette première voie fut marquée par une chute de JC. Il s’engageait alors au-dessus de sa deuxième protection. La force du cam sous pression fit éclater la roche (roche qui passa au-dessus de la tête d’Édith). Les quatre fers en l’air, JC poursuivi sa chute jusqu’au moment où la corde, maintenant clippée dans la première dégaine, cessa de s’étirer : il avait alors les fesses qu’à quelques pouces du sol ! Heureusement qu’il n’est pas retombé sur ces pieds ! On a beau s’avoir que les cams décuplent la force de la chute lorsqu’ils sont sous tension, et que c’est pour cela qu’il faut bien vérifier où on les place, le constater reste impressionnant ! Ébranlé, Jean Claude opte pour une autre voie ! Nerveux, ça lui prendra plusieurs essais avant de passer la première séquence. Très compréhensible ! Édith et moi étions d’accord sur le fait que toutes les deux, on aurait probablement ranger notre rack après une telle chute ! Mais bon, les hommes étant ce qu’ils sont, Jean-Claude n’aurait jamais laissé Stéphane lui damé le pion ! « Stéphane n’a jamais passé quelque chose que je ne réussis pas » j’exclama d’ailleurs JC.

Au sommet, les cordées changent. Je pars avec JC, dans une voie qui lui tenait à cœur de nous faire découvrir. Enfin, on grimpe ensemble ! La voie en question est Dixie, une 5.6., 5.7. Un mélange de dalles, de surplombs et de fissures. Alors qu’il grimpe, JC s’exclame à plusieurs reprises : wow, c’est vraiment beau ! et la ligne était effectivement très belle. Les séquences dans les petits surplombs, avec les fissures, étaient tout simplement très esthétiques ! Ahah…Édith et Stéphane ont manqué une très belle ligne ! ;)

Après avoir apprécié le paysage du haut de la paroi et partagé nos impressions sur cette belle grimpe, on alla rejoindre les deux autres. Ceux-ci avaient pris le temps de dîner et Édith était à leader le premier pitch. Jean-Claude lui lança un « c’est beau hein ! » Mauvais timing ! Édith était dans la partie « run-out » de la voie. Comme c’était la première fois qu’elle était dans cette situation, elle était un peu stressée…Ce n’était donc pas le temps de lui parler ! Mais elle passa ce crux sans problème ! Mais est-ce surprenant ! Pendant qu’elle leadait, je me prépara, question de suivre de près, Stéphane. Après quelques hésitations au départ de la voie (ce qui semblait le crux), je pris mon rythme et l’ascension se fit rapidement. Je finis par entendre Édith me crier « merde, je ne comprends pas ! T’es en run out et t’as un gros sourire étampé dans le visage ! ». C’était en effet le monde à l’envers…car ceux qui nous connaissent savent que des deux, c’est Édith V qui a le meilleur mental ! C’est donc moi qui aurais dû être stressée dans ce passage. Mais la grimpe était belle et facile…Alors j’avais décidé de prendre la situation avec sagesse : on peut rien faire, alors grimpons ! Les 55 premiers mètres furent donc complétés rapidement. JC vint me rejoindre ! Avant de prendre le lead de la deuxième longueur, non sans avoir crier à Stéphane que c’est notre ligne était plus belle que celle qu’il avait choisi !

Alors qu’il progressait vers le sommet, JC fit un mouvement impardonnable…il utilisa son genou ! Sacrilège ! En d’autres temps, je n’aurais rien dit. Je suis la première à utiliser mon genou, si j’en reçois le besoin…Pire encore ! je me crinque parfois sur les pros ! Mais, avec les discussions qui avaient eu lieu sur DrTopo, je ne pus m’empêcher de m’exclamer « aaah ! le genou ! Pendant que je riais de la situation, JC me confirma, qu’au moment de poser le genou, il s’est dit « merde ! elle va le voir ! » Ben hey ! s’il avait fallu que je manque ça ! Voilà de quoi raconter sur DrTopo !

Édith et moi commencions à geler quand le moment fut venu de suivre les hommes. Pendant que j’entreprenais une petite traverse incertaine, j’entendais Édith : « ah ! là j’suis vraiment pas contente ! » Connaissant Édith, je savais, à son intonation, que ça allait mal et qu’elle était stressée. Alors que j’étais moi-même dans une situation peu agréable, je lui criai : ça va bien Édith, t’es capable…Comme si j’essayais de me rassurer moi-même ! Après la traverse, je passai le deuxième bout que JC avait ciblé comme un peu plus difficile. J’avais mal choisi mes souliers le matin et mes chaussons commençaient décidément à me faire mal. J’en étais rendue à appréhender toutes les fois où je mettais mon poids sur mon pied. Une fois arrivée en haut, bien installés sur une immense vire, les gars me racontèrent les péripéties d’Édith. Ils trouvaient ça drôle la façon dont elle avait exprimé son stress. Ils trouvaient que « j’suis vraiment pas contente », ça sonnait pas aussi fâché que « ah ! tabarnak ! » Et pourtant Édith était vraiment de mauvaise humeur, dans sa traverse !

Bien installés au sommet des parois, on rangea le matériel. La journée achevait. Une très belle journée d’ailleurs, malgré le vent et le froid. Le Pinacle est une très belle paroi ! Les lignes que l’on a faites étaient tout simplement géniales ! Et Stéphane et Jean-Claude, d’excellents guides ! Merci à vous deux.

En route vers Laval, Édith et moi, on se remémora les beaux moments de la journée. On s’est dit qu’il fallait absolument revenir à Pinacle et surtout revoir Stéphane et Jean-Claude avec qui l’on avait eu tellement de plaisir. Stéphane, se fut un plaisir de faire ta connaissance et de grimper avec toi ! Jean-Claude, je fus heureusement d’avoir eu finalement l’occasion de grimper avec toi ! C’est agréable de rencontrer des grimpeurs qui adorent l’escalade. On se revoit bientôt…tiens, pourquoi pas dans les montagnes blanches !

Wow! qui l'eut cru...Jean-Claude Maurice qui me seconde!


Un quatuor bien content! Au sommet de directissime

ValDavid

L’été s’annonce décidément à l’image de l’hiver…de la route, de la route et encore de la route…pour grimper! Yes! Le plan de la fin de semaine…Val David, Pinacle et Farm Rock.

Vendredi 4 mai. Je suis en route pour Val David, pour ma première sortie de bloc de l’année. Je m’étais promis d’en faire plus souvent …voilà donc un début. J’y rejoins Jean-Daniel, qui a accepté de m’avoir comme partenaire pour la journée, malgré la différence importante dans nos niveaux de grimpe respectif. En route vers Val Da, je ne peux m’empêcher de penser que j’ai peut-être oublié de quoi. Au lieu de sortir mon rack de trad, j’ai fouillé dans le fond de mon placard pour mettre la main sur mon crashpad, dans lequel j’ai foutu pêle-mêle chaussons, sac à pof et bouteilles d’eau. Ce changement de routine me déboussole un peu : j’amène tellement peu de chose (comparativement à d’habitude) qu’il me manque certainement de quoi!

La journée aura été plus que belle. En fait, c’est probablement le « clou » de ma fin de semaine…sans vouloir rien enlever aux deux autres magnifiques journées que j’ai eu. Après que J-Daniel se soit réchauffer sur un immense bloc, nous avons pris la direction du secteur des hommes. En arrivant dans le secteur d’Élizabeth, il m’assigne mon premier problème de la journée…Swamp Dog, un V1! Doh! Et moi qui pensais grimper toute peinarde dans des V0! Lol! Après m’avoir montrer la séquence, il me regarde : « hey! T’es supposé être venu pour grimper! Il serait temps que tu mettre tes chaussons! » Tiens…c’est drôle, ça sonne déjà entendu!

Je m’installe finalement pour tenter le problème…Le crux, je le sens déjà : ce ne sera pas le départ assis..dès mes premiers essais en bloc, j’avais « catcher » comment faire pour se relever. Non, le problème c’est que je dois aller « stikker » une prise un peu slop, ou du moins, pas franche du tout!…et Dieu sait comment j’aime les sloppers! Après une tonne de tentatives infructueuses, on sera passé à autre chose…J’suis un peu déçue, surtout qu’à un moment donné, j’avais finalement réussie à la stikker la prise! Mais bon, Jean-Daniel m’a trouvé une façon de faire qui me permettra certainement de réussir le problème lors d’une prochaine visite.

D’ailleurs, je dois mentionner ici que J-Daniel est un partenaire vraiment génial! D’une part, parce qu’il a de belles habitudes : se réchauffer et prendre des repos régulièrement…Et il incite les autres à faire de même! En plus, malgré la petite différence de grandeur qui existe entre nous, il a trouvé une façon que moi, je pourrais appliquer…Ça change de toutes les solutions de « grands » qui m’ont été proposées au fil des années! Et Finalement, il est toujours en arrière de toi, à te soutenir d’une façon positive et constructive! C’est vraiment encourageant! J’ai déjà dit que les personnes qui me motivaient le plus, qui m’incitaient à me dépasser, et avec qui j’aimais le plus grimper, étaient celles qui croient en moi et qui ne me font jamais sentir «pas bonne » si je ne réussis pas quelque chose (voie, problème)! J-Daniel entre certainement dans cette catégorie!

L’arrêt suivant fut le bloc Louise. J.-Daniel voulait sortir Louise Classique, un V6 qu’il travaille depuis 4 ans…Wow…ça c’est de la patience et de la persévérance! Après avoir tenter le départ : premier cri de joie! Il vient de trouver comment placer ses pieds! C’est les yeux pétillants qu’il s’accorde un repos! Après plusieurs tentatives et repos, J.-Daniel réussit à enchaîner un mouvement, puis un autre… Allez, la prochaine prise de main est bonne…Yes.! Et finalement, il réussit à sortir le problème…Wouaah! Trop cool! Je me sens privilégiée de le voir réussir. Le sourire fendu jusqu’aux oreilles, il a l’air léger! La joie transpire à travers tout son corps! Alors qu’il redescend du bloc, l’homme se transforme alors en gamin…Il est complètement pétillant, surexcité, lumineux…C’est beau à voir! Ça nous ramène tellement à l’essentiel de l’escalade…toutes ces victoires, petites et grandes, qui nous conduisent au 7e ciel et qui ne font qu’attiser la flamme que l’on a pour ce sport!

À mon tour maintenant! Nous prenons la route vers le secteur des blocs. Première étape, la fissure sur le bloc Bernard! Un problème pas trop difficile, mais avec une hauteur assez grande pour me faire un peu peur. Après un moment d’insécurité, à mi-parcours, je réussis à sortir le problème…C’est à mon tour de fredonner, de danser et d’être super contente. J’suis tellement fébrile, que j’ai le goût de dire à J.-Daniel qui jase avec deux gars, « aah arrête de parler…faut grimper là! » Mais ayant été verbo-moteur toute la journée, je me retiens!

Avant de repartir vers nos villes respectives, je sortis encore deux problèmes (dont un V2 wouhou!) alors que Jean-Daniel s’essayait sur Sibérie. Je repartis de Val-David avec plein de beaux souvenirs dans la tête, surtout des rires et des expressions de joie, mais surtout en ayant pris conscience d’une chose : j’aime le bloc…Non, en fait, j’adore ça! Et j’ai hâte en mosus d’en refaire!

MERCI Jean-Daniel pour ta patience, tes conseils et ta très grande bonne humeur. C’est très agréable de grimper avec toi. J’espère que l’on aura l’occasion de répéter l’expérience.

Découverte de la journée. Il y a deux ans, j’avais perçu le bloc comme une façon d’améliorer grandement ma technique. Mes tentatives sur Swamp Dog m’auront permis de prendre conscience d’une chose très simple, que l’on m’avait d’ailleurs déjà expliquée, mais que je n’avais jamais mise en application: quand on vient « verrouiller » son index avec son pouce, la notre prise de main devient plus solide! Wow…génial…je l’aurais refait dès le lendemain à Pinacle, en voie. C’est fou comment un geste si simple donne davantage de confiance dans notre prise de main!

Jean-Daniel dans Louise Classique


Au sommet! un moment magique!