Fred, Jasmin et moi, les rejoignirent en pas, pas tellement longtemps après.
Nos trois crinqués s’installèrent au pied de Gameboy et se questionnèrent. En tête ou pas. Comme tout le monde ne pouvait pas grimper en même temps, Luc et moi nous sommes installés direct sur le Cap et l’on se mit à grimper…S’ils voulaient jaser, c’était leur problème, nous, on voulait grimper et c’est ce qu’on fit !
Mon ami Jasmin arriva : je lui suggérai de mettre sa corde dans PlayStation et d’en vérifier l’état. D’en bas, on voyait une grosse fissure à son sommet, ce qui pouvait rendre la grimpe dangereuse si la voie menaçait de s’effondrer. Finalement, elle semblait avoir été consolidée par les ruissellements des derniers jours.
Bien installée dans le haut de la paroi, suspendue dans mon harnais, je prenais des photos de Fred, en tête, dans GameBoy. Quand une voix attira mon attention…Cette voix, je la reconnaîtrais entre des milions…et elle me fit sourire de bonheur ! C’était Jacques, mon partenaire de toujours ! Il arrivait avec son beau-frère, question de l’initier…et de trouver une excuse pour passer me voir! Il ne changera donc pas…et finalement, c’est tant mieux comme ça !

Une fois les photos terminés, je me tourna vers le bas pour dire à Luc qu’il pouvait me redescendre…Il était relax ! le café à la main ! Doh ! tout un assureur…mais bon, je l’avais vu bloquer son système d’assurage d’un nœud de mule !
Après avoir salué Jacques, je décide de tenter PlayStation pour une troisième fois de l’hiver, avec l’idée de la sortir finalement ! C’était ma dernière chance de l’année ! Après plusieurs mètres, j’arrivai là, où la dernière fois j’avais abandonner. Dessus moi, la voie commençait à être un peu en devers. C’était impressionnant ! J’étais déjà fatiguée. Après un repos, je m’engageai dans les 10 mètres. Après quelques à sec, j’avais toujours l’impression d’être loin…Jacques était là, à me regarder, à passer ses commentaires, à m’asticoter…et moi je lui répondais, je l’écoeurais, comme lui le faisait, comme on l’a toujours fait… « la routine habituelle, quoi ! » Hey Jacques…combien de fois tu m’as entendu crier : « j’pus capable », sur un air mi-découragé, mi-moqueur ? Combien de fois, je t’ai fais sourire, parce que tu savais que, malgré tout, je finirais par sortir la voie ! Encore une fois, j’étais brûlée. Et encore une fois, j’ai trouvé, en moi, l’énergie (et l’orgueil) pour sortir cette voie, malgré le fait que je piochais comme une malade ce qui avait pour effet de planter mes piolets jusqu’au manche ce qui rendait leur extraction difficile. Pendant que je criais, pour faire sortir l’énergie qui me restait, dans ma tête, je savais qu’une chose : que tu savais que je savais que je pouvais la sortir et que j’allais le faire. Et je l’ai fait ! Pis je suis certaine que Jasmin souriait lui aussi ! ;)

Jasmin a suivi les traces de Fred, à peine dérangé par mes cris de désespoir. Jacques par contre, l’a un peu dérangé. C’est que Jacques expliquait à son beau-frère les différences entre la moulinette et le lead. Il en vint à dire « tu vois, là il serait temps qu’il mette une vis parce qu’il est pas mal chute au sol ! » Doh ! de quoi stresser un grimpeur !

Au bout de la journée, tout le monde avait grimpé ce qu’il voulait, en glace ou en mixte. Chacun a fait quelques niaiseries : Luc a joué au Karaté Kid, et d’autres se sont amusés sur la traverse à « figure 4 ». Jasmin B. a enseigné à Cindy les habitudes locales, c’est-à-dire, comment utiliser les arbres morts et Fred, a fait des câlins à tous les arbres, une façon « plus verte » d’utiliser les arbres morts !



À trois heures, quand il fut le temps de partir pour trois d’entre nous, le moment fut un peu triste. On serait ben resté plus longtemps, pour profiter du soleil et de la glace ! On a fini par laissé Fred et Jasmin, les chanceux, qui restaient encore sur place pour quelques heures et on est reparti. La tête remplie de beaux moments, heureux d’avoir revu des amis, ou d’avoir fait la connaissance de nouveaux amis, avec la certitude que cette fin de semaine à Chicoutimi ne serait pas la dernière. Certains se demandaient même pourquoi nous n'étions pas venu plus tôt. Après tout, Chicoutimi, c'est pas si loin que ça!
Après avoir jaser avec des locaux, curieux de ce qu’on avait fait, on finit par reprendre la route vers 16h…contents et surtout...brulés!














