mercredi 26 septembre 2007

Calculus crack

Question de pouvoir la faire avant l’arrivée de la fin de semaine et possiblement de plusieurs cordées, Yves et Fred se réenligne sur leur projet de la journée précédente : Exasperator! Ze fissure! Marc dont le lead de la première longueur était l’un de ses projets pour ce voyage est également partant. La marche d’approche, au travers des blocs, nous mène au pied de cette fissure reconnaissable parmi tant d’autres.

Ze fissure ;)



Comme il ne veut faire que le premier pitch, Marc part en premier, ce qui permettra de laisser le champ libre à Fred et Yves pour la suite. C’est sans problème apparent qu’il se rend au relais. Yves discute avec Fred de la suite des événements. Mais ce dernier n’est pas trop motivé. Les six semaines de road trip semble lui rentrer dans le corps. Yves part donc en premier. Tout va bien jusqu’à quelques mètres du relais…le pied glisse…mais pas de chute. Puis il vérifie avec Fred : t’es sûr que tu veux pas la leader…en fait, il ne veut même pas la grimper…Ben si tu veux faire le deuxième pitch, je peux aller te rejoindre. Après avoir observé la deuxième longueur, Yves décide de redescendre.



On laisse les gars, toujours indécis, sur ce qu’ils veulent faire. Marc et moi retournons sur The Apron pour la dernière fois. La voie : Calculus crack. Forte des derniers jours, je me sens maintenant à l’aise d’entreprendre ces six longueurs de fissures.

Retour à la case départ, donc, devant cette première longueur un peu particulière. Elle est parsemée d’arbre, au point où l’on peut se demander si c’est la marche d’approche ou réellement la première longueur. Je pars en second, pour une deuxième fois, dans cette longueur. Lorsqu’au deuxième ressaut, je me retrouve à nouveau devant la fissure verticale, je décide de ne pas m’évertuer à passer à côté : j’affronte la difficulté. Et finalement, c’était pas mal moins compliqué ainsi..2-3 coincements permettent de passer le crux.

La deuxième longueur est tout aussi bizarre. Heureusement on arrive rapidement au deuxième relais, d’où la vraie voie commence. Devant nous, une grosse fissure s’étend à perte de vue…enfin..pas tout à fait, mais sur une bonne longueur au complet ;). La pente est faiblement inclinée. Bref, le tout se fait bien, au point où je me surprends à chantonner des chansons de Brassens… « Il avait nom corne d'Aurochs, au gué, au gué Tout l'mond' peut pas s'app'ler Durand, au gué, au gué… »


Au troisième relais, on se retrouve devant un ressaut un peu plus vertical et une fissure à doigt que le guide décrit comme étant « tricky ». Marc demande de le suivre…Tout passe bien et il est rapidement au relais suivant. À mon tour! Je pars, les pieds sur la dalle. La fissure à doigts se fait bien, même si les pieds sont délicats. Mais encore là, tout va bien.

Troisième longueur, en 5.6.


Pour la quatrième longueur, une fissure dans le fond d’un dièdre/groove assez refermé, Marc me donne le conseil suivant : là, il faut que tu gardes les pieds le plus écartés possible. Si tu entres dans le fond, c’est là que les problèmes commencent. Tu vas avoir l’impression que c’est beaucoup plus vertical que ce ne l’est ». Je le suis…En arrivant à la difficulté, je me concentre sur ce que Marc a dit…mais rien à faire : le fond du dièdre est trop attirant et je me retrouve pratiquement coincée dans le fond! Quelques efforts et me revoilà ressorti, un pied sur l’arête et l’autre dans le fond du dièdre…un compromis! Sur les airs de Marinette…à tenter de me souvenir à cause de quoi le gars de la chanson a l’air d’un idiot, je rejoins Marc.

Le groove, au fond duquel il ne faut pas aller...


La dernière longueur est devant nous. Et c’est moi qui va la leader! Je prends quelques cams (un .5, un .75 et un 1), 4-5 dégaines et je pars. Passage sur la dalle, debout, question d’imiter Marc! puis un ressaut que je protège…S’ensuit une longue dalle, avec une fissure large à suivre, que je n’utiliserai pratiquement pas…et que je ne protégerai pas! Au sommet, un arbre sanglé puis go, vers le relais…Relais vaché! Marc arrive bientôt en courant…faut dire que le pitch est en 5.0 ;) Puis je lui demande : comment as-tu trouvé mon imitation de toi : marcher debout sur la dalle, protéger peu, sangler un arbre, utilisation de la corde et du cabestan pour ma longe…? ;)

C’est finalement bien contente que je me retrouve pour une autre fois en haut du Apron. Reporter l’ascension de cette voie a sans doute été la meilleure décision que j’ai prise du voyage. L‘expérience accumulée dans les fissures, avant de retourner dans Calculus crack m’a permis de prendre ça relax et d’apprécier la voie…Au point que j’aurai chanté du Brassens tout le long! C’est la seule fois du voyage où c’est arrivé! En fait, j'étais tellement contente que le gully qui menait au Broadway ledge m'apparut ridiculement facile!

Au fait, de quoi il a honte le gars?
Quand j'ai couru tout chose au rendez-vous de Marinette La bell' disait: "J't'adore" à un sal' typ' qui l'embrassait Avec mon bouquet d'fleurs, j'avais l'air d'un con, ma mère Avec mon bouquet d'fleurs, j'avais l'air d'un con

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