Certains crinqués, dont ceux de l’Outaouais, Simon et Charley-Boy, ainsi que Louise et Anne-Sophie partent rapidement vers les parois. Mais comme on avait eu une pluie assez forte pendant la nuit, certains, dont moi-même, avaient décider de ne pas se presser…question de laisser la roche sécher! Il faudra assurément mettre une croix sur le Gros bras aujourd’hui.
Tranquillement, les cordées se mettent en marche…Trumpet part avec Rouge-Mat pour le Mont de l'ours…Une première initiation au trad, par Dan. Bravo le grand! Ne t’inquiètes pas, tout ira bien. Chuck, Marie et Manu prennent la direction de la Voie d’évitement au Dôme. Jérôme tiendra compagnie à Bas, dans les blocs. Quant à Frank et moi, on récupère Christian, avant de s’enligner pour Snowmobile.
Au refuge, le temps est incertain…de petites gouttes de pluie nous tombent dessus de temps en temps. Nic, Val, Simon et Karine décident d’aller faire des voies où la retraite est facile et s’enlignent sur l’onglée.
Lorsqu’on arrive au départ de Snowmobile, on retrouve Louise et cie, en cordée de 5 dans la voie d’évitement! Pour le premier pitch, on emprunte la voie d’évitement jusqu’à l’arbre sanglé. Ne sachant pas si je serai en mesure de leader une autre longueur, je pars en tête, dans cette ligne bien connue. Frank et Christian, en flèche, me rejoignent sans problèmes. Le baptême du Dôme de Christian est fait! Bienvenue au relais! La vraie voie commence…mais encore faut-il la trouver. Frank, en tête, n’est pas certain de l’endroit où passer. Une traverse part vers la gauche, mais est-ce la bonne ligne à prendre…ça ne se protège pas trop… Cachée derrière l’arbre qui nous sert de relais, je ne peux malheureusement pas aider Frank sur ce coup. Finalement, nous décidons de rester dans la voie d’évitement. Frank s’enligne donc vers le deuxième relais de cette voie. Le tout prend plus de temps que prévu, et immobiles au relais, Christian et moi commençons à ressentir le froid. J’enfile mon softshell…mais les gants, que j’ai laissé au bas de la paroi me manquent.
Christian et Frank dans la première longueur de la voie d'évitement

Christian et moi pouvons finalement monter…la grimpe nous réchauffera. Pas de pertes de chaleur pour moi, cette fois puisque c’est moi qui repart en tête. Par contre, Christian, qui avait commencé à trembler un peu, devra encore attendre. Devrait-il manger un peu? Oui Oui! L’absorption d’énergie le réchauffera un peu, mais n’enlèvera pas tout le « stress » associé à la grimpe.
Au 3e relais, je ne prends pas de chance…Faute de ne pas avoir ma veste de duvet restée au même endroit que les gants, j’enfile le manteau de Frank…Après tout, c’est à cause de ce manteau que je n’ai pu transporter mon duvet! Je relève également mon capuchon, question de me garder au chaud le temps que mes deux seconds viennent me rejoindre. Par contre, les chaussons, humidifiés par la grimpe, commence à refroidir, et après quelques temps, j’ai les pieds qui commencent à geler.
La troisième longueur sera parsemée d’énigmes pour Christian…D’abord, quelques tricams placés ici et là, les deux premiers, faciles à enlever question de le mettre en confiance. Puis, un tricam brun, fermement ancré dans une fissure horizontale le fera travailler un peu, le temps de trouver comment je l’avais entré. À le voir s’acharner sur le tricam je commence à regretter de l’avoir poser…pas trop gentil…mais bon, faut les former à la dure les seconds, non? ;)
Pis? est-ce que cette pro aurait tenue?

Le tricam enlevé, les deux gars reprennent l’ascension. La possibilité d’un pendule, due au fait que la voie est en diagonale et qu’une partie ne se protège pas, vient semer un peu d’incertitude dans le regard de Christian. Mais il sera rapidement sur la vire et la traverse du 3e pitch! Devant lui se pose l’énigme #2 : à court de dégaines longues, j’ai clippé deux dégaines, l’une dans l’autre, en prenant soin de passer le mousqueton de la première dégaine dans la sangle de la 2e…et non de clipper mousqueton dans mousqueton…Alors Christian? Pourquoi? Puis, Christian traverse…celle-ci est relativement facile, mais peu protégée, ce qui peut devenir stressant quand on est pas habitué. En fait, malgré la présence de fissures derrières les gros blocs, on ne peut la protéger sécuritairement. J’ai toutefois trouver une protection, un peu plus haut dans la paroi, pour éviter un trop gros pendule, dans l’éventualité d’une chute…Le pourquoi de l’absence de protection deviendra la 3e énigme à résoudre pour Christian! Maudit qu’on n’est pas fins, Frank et moi, à torturer un pauvre débutant! ;)
Hey relax Christian...la vie est belle et t'as presque fini!

Les rappels se feront sans problème considérant que la ligne de rappel est bien équipée. On retrouve le sol, nos lunchs (et mon duvet) avec joie! Un coup d’œil sur l’heure nous indique que le retour est pour bientôt. On s’arrêtera sur le balcon du refuge pour prendre une bouchée et regarder les cordées présentes sur le dôme…Des grimpeurs de Lanaudière sont dans la voie d’évitement…puis Chuck est maintenant dans la Granuleuse…mais pourquoi donc a-t-il passé tout droit le premier relais…me semble qu’il est facile à trouver?!?
En route vers St-Urbain, je remarque la voiture de Rouge-mat dans le stationnement du Mont de l’ours. Étrange…ils sont partis avant nous ce matin: ont-ils des problèmes? Chez Alain, j’attendais leur arrivée et je fus bien contente de voir arriver Dan!
De retour au Camping Chez Sequoia et Orion, certains sont déjà arrivés : Baschaos, Jérôme, Alain, Karine, Nic et Val. Les blés d’inde sont déjà prêts à être plongé dans l’eau! Question de s’occuper en attendant l’arrivée des autres, certains commencent à faire des châteaux de cartes avec les crashpads…on se bat presque pour savoir qui aura la chance de sauter défaire le tout et on ne compte plus le nombre d’appareils photo prêts à capter des images de ce moment! Baschaos, comme dans un rêve au milieu de tant de crashpad, a même essayer de voir comment on peut tous les transporter en même temps! Sa pyramide n’aura tenu le coup que le temps que les flashs se fassent voir! Trad pow wow vous dites?
Bas, croulant sous les crashpads.

On mange déjà lorsque que les autres cordées commencent à arriver…Tout le monde a les yeux pétillants…Dan est content de sa journée et son second aussi! Ils ont gelés sur le Mont de l’ours qui était largement exposé au vent. Bravo Dan! Louise et Charley-boy ont tous les deux leadé des pitchs dans l’Initiation. Cool!
Après le « speach » d’accueil (une journée en retard), les remerciements à Alain et Karine pour leur accueil, les desserts arrivent. La mère d’Alain ou de Séquoia (me souviens plus ☹ ), nous a préparé cinq gâteaux (carré au dattes, renversé aux bleuets, gâteaux aux bananes (2) et bagatelle aux petits fruits). De quoi régaler les grimpeurs affamés qui nous étions. Dans la soirée, Alain et Karine partent pour un spectacle auquel il participe dans le cadre du Festival des bucherons..Le feu débutera à 10h30 nous rappelle Alain avant de partir. Les grimpeurs s’installeront dans le tipi, bien au chaud, afin de se raconter leur journée et surtout de planifier la suivante. La fatigue de la journée aura eu raison de moi…je fini par m’endormir, bien installée dans le tipi…et sur Frank…Mais l’honneur est sauf : Chuck s’est endormi avant moi ;)
Le bruit de voix provenant de l’extérieur du tipi me réveille. Endormie je comprends qu’il est temps de partir le feu…Je sors de ma torpeur. Rapidement, le feu s’embrase (embrase Arian…pas embrasse ;) ). Alain, Karine et Bas s’installent avec leurs tam-tam. Ce dernier est tout content car Karine lui a montré comme retendre la peau de son djambé. Celui-ci vibre maintenant bien mieux! ☺
Alors que le feu éclaire le terrain, je regarde Dan..il est aussi fatigué que moi. Je passe lui souhaiter une bonne nuit avant de filer dans ma tente...
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