samedi 28 juillet 2007

L'écologie...

Lorsque l’on rencontre de nouvelles personnes, la question de notre profession vient assurément sur le tapis. C’est l’une des nombreuses questions peu engagentes qui permettent de combler la conversation. Je ne sais pas pour les autres, mais dans mon cas, la question m’embête toujours un peu. Je suis écologiste de formation…mais j’hésite toujours à le dire ainsi parce que dans l’imaginaire populaire, écologiste = greenpeace, ou encore tout mouvement environnementaliste, plus ou moins extrême (mais souvent êxtrême), ou une personne très verte prête à décapiter quiconque s’attaquera à un animal ou une plante verte! Alors souvent, je vais tout simplement répondre que je suis biologiste. Pour la plupart des gens cela suffit. Ils n’ont pas d’image précise de ce qu’est un biologiste, mais ils peuvent imaginer que c’est en relation avec le monde du vivant! Mais dans le fond, ça veut rien dire. Parce que « biologie » est un terme qui englobe beaucoup trop..est biologiste l’écologiste, le mammalogiste, le zoologiste, le biologiste aquatique, forestier ou animal, l’entomologiste, le botaniste, le biologiste cellulaire ou moléculaire, le biologiste médicale, le toxicologiste ou écotoxicologiste, le biochimiste, l’anatomiste, le physiologiste (animal ou végétal), l’ornithologue, le taxonomiste, le généticien, le microbiologiste, le virologiste, l’immunologiste, le biologiste de l’évolution ou de la conservation, l’environnementaliste, le bioinformaticien…et j’en passe…Et entre l’écologiste qui travaille sur les écosystèmes et le biologiste cellulaire, qui travaille sur l’ADN, il y a un monde.

Cet hiver, un article écrit par deux chercheurs, dans le bulletin de l’association des biologistes du Québec m’a permis de constater que je n’étais pas la seule à trouver que le mot « écologie » était mal utilisé…Je vous en retranscris ici quelques passages.

« L’écologie est une science : ce n’est ni une philosophie, ni une façon d’être ou de penser et encore moins une panacée de ce qui est bien ou bon pour la planète. Ainsi, dire qu’une action est cologique n’a pas plus de sens que de dire qu’elle est mathématique, physique ou chimique!

[…]

Le terme écologie vient de deux mots grecs : oikos qui signifie « maison » et logos qui signifie « étude ». La science de l’écologie porte donc sur les interactions entre les êtres vivants et les environnement dans lesquels on les trouve.

[…]
En s’attardant aux relations entre les organismes et leurs environnements, l’écologie nous a permis de voir l’impact que l’humain peut avoir sur la Nature. Ellee nous a fait prendre conscience du fait que nous ne vivons pas en vase clos et qu’une action ponctuelle à nécessairement des répercussion à plusieurs échelles temporelles et spatiales.

[…]
L’écologie nous permet de comprendre que le fait de remplir un marais, de couper un bout de forêt plusieurs fois centenaire, d’introduire de nouvelles espèces […] sont autant de perturbations qui auront des répercussions. Il devient impossible d’évaluer l’impact d’un de ces projets en tenant compte uniquement de l’endroit où se situe le projet et en l’évaluant à court terme.

[…]
Ainsi, le fait de dire qu’ « il n’est pas écologique de faire de la coupe à blanc car cela détruit la forêt » et que « l’auto n’est pas écologique car elle détruit la planète » est complètement faux! Le discours écologiste serait plutôt que : « la coupe à blanc permet aux jeunes arbres de s’établir et de croître, libère les ressources eaux, nutriments et lumière et favorise certaines espèces végétales plutôt que d’autres » ou encore, que « l’utilisation de l’auto libère des gaz qui modifient le climat et donc, la distribution des organismes vivants sur la planète », En revanche, le véritable discours de environnementaliste serais plutôt que :la coupe à blanc détruit des vieilles forêts majestueuses, produits de jeunes forêts moins intéressantes et élimine des habitats pour des espèces que nous apprécions » ou encore « que l’auto pollue en libérant du CO2 qui contribuent aux changements climatiques, ce qui risque d’affecter nos habitudes de vie et d’éliminer des espèces que nous aimons observer ».

[…]
L’écologiste, en fournissant un cadre scientifique rigoureux et intégrateur, peut nous aider à expliquer les conséquences biologiques de nos décisions politiques ou économiques […]. Il faut cependant se garder d’en faire une référence morale car cela pourrait ouvrir la porte aux pires abus.


Extrait de : Messier, C. et Poulin, J. 2007. L’écologie, la science qui permet de décoder son environnement. In Vivo. 27(1) : 8-9

Note : malgré l’utilisation du terme par les auteurs, il ne se fait plus de coupe à blanc au Québec depuis 1987.

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